Un cinglé doit-il être pénalement considéré comme irresponsable ? (Ami Artsi עמי ארצי)

 

L’irresponsabilité pénale d’un meurtrier est souvent évoqué pour réduire les peines et éviter l’incarcération mais le principe est-il bien éthique ?

Le choix des mots par les journalistes n’est jamais anodin.

Entre nous, quand nous parlons, nous disons tous d’un type comme Guy George, comme Kobili Traoré ou comme Youssouf Fofana, entre autres, qu’ils sont cinglés, que ce sont des psychopathes, des tarés, des malades, etc.

Mais quand des médias qualifient ce genre d’individus de « déséquilibrés », le sens est tout-à-fait différent et renvoie à une notion juridique qui, si elle ne disculpe pas, considère qu’ils avaient des circonstances atténuantes…

Evidemment : Quelqu’un qui assassine, comment pourrait-il être considéré comme quelqu’un de sain d’esprit ? C’est par essence contradictoire ! Quelqu’un de sain d’esprit ne commet pas de meurtre !

Pour autant, doit-on considérer que sous prétexte qu’il est cinglé, la peine qu’il encoure doit être réduite et qu’il doit être considéré pénalement comme irresponsable ?

Les films et la réalité regorgent d’exemples tout à fait scandaleux où des avocats osent plaider la démence, l’absence de discernement du bien et du mal, pour défendre leur client et alléger au possible leur peine.

Il s’agit là d’une véritable question de fond, et je n’ai, personnellement, aucun souvenir qu’un véritable débat public ait eu lieu, un jour, sur le sujet.

Pourtant il me semble crucial.

Qui imaginerait ne serait-ce qu’un instant que des tortionnaires et des génocidaires comme, entre autres, les Nazis sont des gens sains d’esprit ? Evidemment qu’ils ne le sont pas. Quelqu’un de sain d’esprit ne commet pas des atrocités.

Pourtant ces gens, il faut bien les juger et il serait inacceptable de leur accorder des circonstances atténuantes à cause de leur folie.

Là encore la question revient donc : Si on sait que l’on ne doit pas le faire pour les Nazis, pourquoi devrait-on le faire pour d’autres ? En d’autres termes, est-il bien légitime, est-il éthique de considérer les gens comme pénalement irresponsables lorsqu’ils commettent des atrocités et de considérer que la folie justifie un allègement de la peine et une absence d’incarcération ou d’exécution, selon les législations ?

Même une personne véritablement mentalement déficiente et incapable de réaliser la gravité et la portée de son acte lorsqu’elle a tué quelqu’un a pourtant bien tué cette personne… L’acte ne peut être moins grave en fonction de la personne qui le commet. L’acte doit avoir une gravité établie et objective en dehors de toute subjectivité concernant les conditions dans lesquelles il a été commis (personne sous psychotropes, un islamiste, un membre d’une organisation d’extrême-droite, un individu manipulé et instrumentalisé par un régime ou une propagande de haine, un mineur, etc.)

Les faits, rien que les faits. Aucun élément subjectif ne doit altérer le jugement. Tous les meurtriers ont des circonstances particulières (l’un est fanatisé, l’autre est sous drogue ou en manque, encore un autre veut venger un proche, etc…). Le fait existe, et sa gravité ne peut et ne doit se mesurer en fonction des circonstances psychologiques qui ont amené son auteur à passer à l’acte.

Les faits, rien que les faits. Une personne en état de légitime défense seule peut remettre en cause la peine qui doit infligée à la personne qui prend une vie. Pourquoi ? Parce que dans les fait, c’est cette seconde personne qui vient tuer la première. Et la première n’a d’autre choix que de faire tout ce qui est en son pouvoir pour l’en empêcher.

Il est incroyable de voir aujourd’hui que des personnes en état de légitimes défenses ont droit à la sentence la plus lourde quand des meurtriers bénéficient souvent d’allègements de peine !

La justice, par essence, se doit d’être juste, d’être une référence en matière d’éthique et d’exemplarité.

La volonté d’invoquer l’âge avancé (pour les rares Nazis retrouvés, après les avoir laissé longtemps gambader) ou la démence (pour des terroristes islamistes) contrevient clairement à cet objectif indispensable à la qualité d’une société, en utilisant le prétexte de justice et d’éthique contre lui-même.

Les faits, rien que les faits… et tous les faits. Un assassinat est grave dans tous les cas, qu’il soit perpétré en France, en Israël ou n’importe où dans le monde. Qu’il frappe des Français, des Allemands, des Belges, des Israéliens, des Australiens, des Américains, des Espagnols, des Anglais, des Juifs, des Noirs, des Asiatiques, des homosexuels, des femmes, etc… ou qu’il  des athées, des laïcs, des chrétiens, des hindous, des musulmans, etc.

Ça peut paraître évident dit comme ça mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, il semble que ça ne le soit pas pour tout le monde…

Un meurtre est un meurtre et, hormis la légitime défense confirmée par des éléments factuels et l’homicide involontaire, c’est un crime. Et ce crime doit être considéré comme un crime, et avoir une sentence adéquate.

Nous devrions donc déjà commencer par lancer ce débat sur l’ « irresponsabilité pénale », car commis par qui que ce soit, l’acte reste gravissime et irréversible.

 

‘Ami Artsi עמי ארצי

 

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