Le raccourci trompe-l’œil (Rav Ya’acov Levi)


Depuis les années 70, nous assistons à un mouvement de plus en plus grand de personnes qui s’intéressent de près ou de loin au judaïsme.

Si, avant cette période, le corps rabbinique devait trouver de nouveaux arguments pour défendre la Torah contre l’athéisme, il a plutôt pour tâche aujourd’hui de guider ceux qui ont eu un coup de foudre pour le judaïsme.

Mais dans leur enthousiasme, parfois « qui trop embrasse, mal étreint » et dans leurs tâtonnements, ces derniers voudraient brûler les étapes.

Placez un verre sous un robinet et ouvrez-le au maximum et vous verrez que l’eau entrera dans le verre mais en sortira immédiatement. Placez un verre sous un robinet et ouvrez-le au goutte-à-goutte et vous verrez que le verre se remplira.

Toute chose demande du temps, il faut s’y consacrer autant que nécessaire et ce serait sous-estimer la tâche que d’essayer d’aller trop vite.

Souvenons-nous: toute métamorphose est lente, très lente.

Le judaïsme n’est pas seulement une suite d’émotions éphémères qui ne sont que des feux de paille mais surtout et avant tout, une étude lente et laborieuse.

Il ne s’agit pas non plus de s’identifier avec telle ou telle personnalité au risque de ne plus être soi-même et d’être en porte-à-faux avec parents ou amis.

Non plus le désir de laver plus blanc que blanc en pratiquant un judaïsme trop rigoureux sans avoir construit auparavant un édifice stable et équilibré.

Le judaïsme, en plus d’être une règle de vie, est un art et comme tout art, il doit être travaillé et retravaillé.

Ce qu’est l’art?

Ce sont des centaines d’heures d’exercices qu’un musicien a jouées avant de monter pour la première fois sur scène, ce sont toutes les toiles qu’un artiste-peintre a déchirées avant sa première exposition, ce sont les efforts intenses qu’un sportif a fournis des mois durant, avant de se présenter dans un concours olympique.

L’art est dans la préparation et non dans la première représentation publique qui n’est en fait que la répétition du dernier exercice.

Le judaïsme est loin d’être limité à des on-dit ou à des « Il parait que … » dont l’origine et l’authenticité sont incertaines. Il est au contraire étude, effort et compréhension. Sans cela, il sera toujours de l’à-peu-près, contraire à l’esprit de la Torah qui lui, est précis et animé d’une logique interne que l’on découvre graduellement.

Le Talmud rapporte qu’un jeune garçon répondit à Rabbi Yehoshu’a Ben ‘Hanania qui lui demandait quel était le chemin qui mène à la ville. Il lui répondit qu’il y en avait deux: le premier est long mais sans obstacle et de fait, court. Le second est un raccourci mais devient long parce que des vergers rendent son accès difficile (Talm. ‘Erouvin 53 b).

Alors que faire? Tout simplement commencer par un début. Rechercher un maître, ce qui relève quelque peu du Mazal, qui enseigne la Loi Écrite et Orale et la façon de les appliquer. Il s’agit également de suivre son instinct car ce n’est pas toujours que l’on adhère à telle ou telle pensée, telle ou telle pratique, bien que le fond soit toujours le même.

Le Talmud cite l’exemple des disciples de Rabbi Eli’azar Ben Shemoua’ qui lui ont demandé de leur livrer le secret de sa longévité, ce à quoi il leur répondit qu’il n’avait jamais raccourci son chemin en passant par une synagogue, bien qu’il eut été tracé (Talm. Meguila 27b). En préférant un chemin plus long, Dieu le récompensa d’une vieillesse honorable, selon le principe talmudique « Mesure pour mesure », le fil conducteur de toute la Bible.

Shabbat Shalom,

Ya’akov Levi

Rav de la communauté A.T.R.I.D. (Arnona Hatse’ira, Jérusalem)


Note : Je trouve ces propos magnifiques et pleins de sagesse… sauf pour le goutte à goutte. Rav Ya’acov Lévi a fait la contraction de deux exemples différents. Il n’est pas besoin de remplir un verre au goutte à goutte pour que l’eau reste dans le verre, il suffit d’ouvrir le robinet à un degré raisonnable. Imaginez-vous quelqu’un qui vous demande un verre d’eau et que vous remplissiez le verre au goutte à goutte ? Le temps que vous le remplissiez et que vous vous retourniez, votre invité sera déjà parti.

En revanche, l’exemple du goutte à goutte est valable pour l’irrigation des terres arides car de l’eau, même à un débit normal ne permettrait pas de nourrir les plantes, elle les noierait. 

En fait, comme je l’ai écrit, j’ai l’impression que Rav Ya’acov Levi a pris un… raccourci 😉 en faisant une synthèse de deux exemples distincts.

Une nouvelle preuve que les raccourcis ne sont pas bons à prendre et qu’il vaut mieux prendre son temps pour bien faire les choses. 

‘Ami Artsi עמי ארצי

16 thoughts on “Le raccourci trompe-l’œil (Rav Ya’acov Levi)

  1. Un texte magnifique. Merci Ami. C’est aussi grâce Internet (et toi « internétisé ») que j’ai pu avoir connaissance de cet écrit 😉 Internet, c’est aussi (pour qui le veut) des millions de fois la bibliothèque d’Alexandrie… 😉

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    1. Je t’en prie, Olivier 😉

      C’est vrai que ce texte est superbe.

      Sur ton autre propos, non, rien n’est plus faux que de prétendre qu’Internet est des millions de fois la bibliothèque d’Alexandrie. D’ailleurs rien que de cette bibliothèque gigantesque, bien peu de passages de ses livres a pu être numérisé et/ou publié, grâce à ceux qui ont pu les copier manuellement et les citer dans leurs livres.

      Si la Bibliothèque d’Alexandrie a complètement été brûlée alors que c’était un lieu gigantesque de connaissances, avec des ouvrages à perte de vue, crois bien qu’il est bien plus rapide de cramer un serveur web…

      Si nous n’avions pas Internet (nous ne l’avons pas toujours eu, je le rappelle), nous aurions quand même pu prendre connaissance de ce genre de texte, et sans doute même beaucoup BEAUCOUP plus encore.

      PS : Je sais bien ce que tu voulais dire, mais je précise quand même que je ne suis pas « internetisé »… J’utilise Internet… Ce qui n’est pas tout à fait pareil 😉

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  2. Internet est extraordinairement fragile, j’en conviens. Et cette fragilité constitue peut-être une part de sa beauté. Je dois te faire une confidence : je suis un « fétichiste » du livre, du papier ; et pourtant, je ne suis pas hostile à Internet que je vois aussi comme un prolongement des bibliothèques, du papier. Il y a une fluidité entre Internet et les bibliothèques. Digitalisation (j’ai trouvé des merveilles) mais aussi commandes (des livres que je cherchais désespérément et que j’ai pu débusquer sur un autre continent, grâce à Internet). C’est un outil atroce et merveilleux. A nous d’en faire bon usage. Et tu es de ceux qui en font bon usage. So, be happy !

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    1. Je ne suis pas hostile à Internet. Je constate seulement que, contrairement à ce que je pensais d’Internet au début, on y perd plus qu’on y gagne.

      Je fais partie de ceux qui ont poussé leurs parents, grands-parents et amis à avoir Internet, parce qu’il me semblait que c’était génial, mais quand on se pose un instant et que l’on y réfléchit, on se dit que tous les atouts de cette technologie n’en sont pas réellement, que ce sont surtout des trompe-l’oeil…

      Je suis né en 1973… Je sais, je ne suis pas le seul et d’autres peuvent même être nés avant moi… Mais je vais quand même expliquer mon point de vue par rapport à mon expérience personnelle de ce qu’il m’a été donné de vivre jusqu’à présent…

      Je suis donc né en 1973, j’ai connu les années 70, 80 et 90 sans avoir Internet (je l’ai depuis 2002, il y a 15 ans).

      Dans les années 70 et 80 les gens n’avaient pas Internet, nous n’en connaissions même pas l’existence, nous n’en imaginions même pas le principe.

      Le contact entre les gens était plus humain. Nous nous trouvions en présence de personnes réelles et pas en présence de mots. Alors bien sûr, des personnes sont derrière ces mots mais on ne les voit pas, sur Internet… On ne sait rien d’elles, rien d’autre de ce qu’elles montrent, aucune information visuelle. Elles se montrent souvent hideuses, haineuses, violentes, et l’on ne sait jamais si elles profitent de cet anonymat pour montrer leurs vrais « visages » ou juste qu’elles utilisent Internet comme un endroit où, justement, avec cet anonymat, elles peuvent s’amuser à être quelqu’un d’autre, quelqu’un qu’elles ne sont pas, en fait.

      Avant Internet, les gens sortaient plus, avaient plus de temps pour eux, pour créer, pour s’amuser, pour se cultiver, et les rapports sociaux étaient plus directs entre les gens. Internet n’a pas rapproché les gens, il les a éloigné. Les gens s’isolent, se sédentarisent derrière leurs écrans qui, pour certains, devient toute leur vie, et je trouve cela dramatique.

      Avant Internet, quand on aimait un groupe ou un chanteur, il y avait toute une attente, tout un mystère, et lorsque les journaux commençaient à parler d’un nouvel album ou d’une tournée, ça devenait un évènement ! On achetait le journal qui devenait du même coup un collector, pour nous ! Avec Internet on sait tellement tout à chaque seconde qu’il n’y a plus cette attente, ce mystère, ce côté événementiel, qui disparaît complètement. Cette époque où l’on attendait, cette époque où l’on voyait les news commencer à arriver petit à petit puis de plus en plus fort, cette époque où le mystère entourait tel chanteur ou tel acteur, était une époque riche en émotions et en ressentis. Et lire un nouvel article, voire une nouvelle photo de notre chanteur ou acteur préféré, lire une interview de lui, était un moment très particulier… Nous n’avons plus cela aujourd’hui avec Internet, nous avons en permanence toutes les photos possibles et imaginables de chaque acteur et de chaque chanteur, toutes les news défilent chaque jour, vraies ou fausses, pèle-mêle, plus rien n’est événementiel…

      Avec Internet, les mots et les phrases peuvent être mal compris et mal interprétés, ce qui débouche souvent sur des disputes, voire des lynchages virtuels… C’est d’ailleurs pour remédier à cela que les smilies ont été inventés… Mais ça n’a pas suffit. Les quiproquos étaient moins fréquents avant Internet, et puis le réflexe du lynchage n’était pas courant non plus. C’est un travers qui s’est répandu surtout avec Internet.

      Avant Internet, nous discutions entre amis, et même si l’on n’était pas d’accord, chacun pouvait exprimer son opinion et la défendre. Avec Internet, et on retrouve cela sur la plupart des forums, des blogs, etc. les modérateurs et les admins jouent du revolver en permanence et se prennent pour je ne sais qui, en censurant ou en bannissant à tour de bras… Et souvent de manière complètement infondée et injuste.

      Les relations humaines ont été bouleversées depuis Internet, et pas en bien, pour ce que je constate. Les rapports sont souvent beaucoup plus tendus et plus durs entre les gens, je trouve.

      D’un point de vue culturel aussi, Internet est néfaste.

      Tu me parles de livres que tu cherchais désespérément et que tu as pu retrouver sur d’autres continents grâce à Internet… C’est un argument qui revient souvent… Pareil pour des albums de groupes ou de chanteurs… Sauf que ce que l’on oublie c’est qu’avant Internet, les boutiques avaient beaucoup plus de stock qu’aujourd’hui, et le contact étant plus direct et plus chaleureux avec les libraires ou les disquaires, ils pouvaient très bien nous avoir un livre ou un disque qui n’est plus commercialisé dans notre pays.

      Internet a juste permis de faire la même chose que ce que faisaient les libraires et les disquaires mais avec le rapport humain en moins.

      Internet a considérablement réduit les stocks des magasins (même très gros magasins), a accentué la menace pesant sur les petites boutiques, notamment à cause de la démat’ (la digitalisation dont tu parles, justement), que ce soit au niveau des disques, des livres, des revues, etc…

      La dématérialisation fait partie de l’énorme erreur de ces dernières années et Internet en est grandement responsable ! Que l’on parle des e-books, des mp3, de la V.O.D, etc… c’est une catastrophe.

      Les ebooks, comme par exemple les formats Kindle d’Amazon, sont souvent édités et censurés par le propriétaire de ce format (concernant Amazon, il a censuré des images et des passages érotiques à l’intérieur d’un ebook Kindle qu’il vendait. Cependant, il tolère parfaitement le référencement et la vente d’ouvrages antisémites sur ses pages ! L’érotisme plus grave que l’antisémitisme ?). Des œuvres ont été ainsi commercialisées tronquées par Amazon, une censure volontaire, car en tant que propriétaire de format virtuel, il est en droit d’y appliquer sa censure (photos ou dessins qu’il trouve trop dénudé, etc)

      Les éditeurs d’e-books comme Google peuvent coller leurs logos publicitaires sur toutes les pages d’un e-book, et ils ne se gênent d’ailleurs souvent pas pour le faire.

      Un e-book ne fournit pas d’information tactile ou olfactive, et le format virtuel n’est pas ce qu’il y a de mieux pour les yeux, à la longue. Le format « digital », comme tu l’appelles, pose aussi un problème d’ordre écologique (les composants électroniques d’un lecteur d’e-book comme ceux d’un ordinateur sont des polluants longue durée. Un composant électronique met entre plusieurs siècles et mille ans à se décomposer et lorsqu’il y parvient, il intègre ses propriétés polluantes dans le sol. Ce même sol où poussent les plantes qui nourrissent les animaux que l’on mange ensuite…

      Un e-book est commercialisé en se reposant sur un seul argument de vente, le même que celui e tous les autres objets dématérialisés : l’économie de place. Si les fabricants de démat’ n’en avancent pas d’autres, ce n’est pas par flemme, c’est simplement parce qu’il n’y en a pas.

      Mais cet argument pose un sérieux problème, quand on y pense : imagine un appartement sans livre, sans journal, sans revue, sans disque, sans DVD, sans téléviseur et sans lecteur DVD/Blu-ray de salon… Qu’est-ce qu’il reste ? Un appartement vide, sans caractère, sans personnalité, avec juste le minimum, tout ça au nom de quoi ? D’un gain de place.

      Concernant la musique dématérialisée, elle aussi initiée par Internet, les formats utilisés sont les formats compressés car ils sont plus légers et permettent d’en télécharger rapidement et d’en stocker une quantité importante. Les formats compressés sont ce que l’on appelle des formats lossy (avec perte). Parmi les formats lossy les plus utilisés, il y a le mp3.

      Pour compresser les fichiers musicaux, les formats lossy perdent des données (d’où le nom « lossy », que l’on peut traduire par « avec perte »).

      Les défenseurs des formats lossy avancent que les données perdues ne sont pas audibles par l’oreille humaine mais ce propos n’est pas exact techniquement parlant. La différence existe et l’oreille l’entend et tous les techniciens professionnels le confirment.

      Tous les formats ne sont pas lossy. Les autres sont lossless (sans pertes) mais ils sont plus lourds et figurent déjà sur les CDs, donc pas besoin de les commercialiser.

      La musique démat’ lossy, c’est donc s’habituer à une mauvaise qualité audio, qui, en plus d’être moins bonne auditivement est mauvaise pour l’oreille interne.

      Les gens s’habituent donc à des sons de mauvaise qualité, en faisant courir des risques pour leurs oreilles, et en plus se passent de tout l’aspect créatif et tactile de la pochette de l’album (en plus de se passer de tout l’aspect créatif et tactile du disque lui-même!) !

      La V.O.D., même chose : format compressé, images de qualité inférieure, etc.

      La démat’ frappe aussi les jeux vidéos avec ceux sans disque, uniquement téléchargeables, voire uniquement disponible sur un serveur.

      En plus de tout cela, le point commun de tous ces objets dématérialisés, c’est qu’on n’achète plus l’objet mais seulement la licence, donc le droit d’utiliser  son contenu (et encore, pour ce qu’il en reste!)! Ce qui n’a rien à voir !

      Si le serveur décide de supprimer les fichiers mis en ligne et téléchargeables, nous aurons payé, mais nous n’aurons plus rien !

      Avec ce concept de démat’ on est en train de se faire berner de manière magistrale et l’on ne s’en rend même pas compte !

      Pour en revenir à Internet : les gens ne sortent plus et, le plus souvent, font leurs achats sur Internet (j’en fais partie, je sais que c’est bien commode mais ça a des conséquences désastreuses) : Ce principe d’achats en ligne et non plus en magasin (qui se répand dangereusement) débouchera sur une multiplication des sociétés à la Amazon (ce ne seront plus des magasins mais des entrepôts fermés au public, où les articles seront stockés sur des palettes) et une disparition des magasins physiques. Ceux qui en feront les frais, ce sont d’abord les petits commerces, car ils devront s’y mettre aussi pour faire face à la concurrence déjà très dure des gros magasins, mais même là, ils auront des difficultés énormes car il leur faudra acheter un nom de domaine, être référencés, etc et ça coûte de l’argent. Meilleurs sont le nom de domaine et le référencement et meilleure sera la visibilité or un bon nom de domaine et un bon référencement, ça a un coût ! Un coût auquel il est facile de faire face quand on est une grande boîte, mais pas quand on est un petit commerce !

      Enfin imagine un peu une ville sans magasin, sans librairie, sans disquaire mais avec beaucoup d’entrepôts… Ça va être morbide.

      Le seul point positif d’Internet (et encore!) c’est de rencontrer et pouvoir communiquer instantanément avec quelqu’un à l’autre bout du monde. Je dis « et encore parce que pour la rencontre, Internet nous prive du voyage lui-même avec une vraie rencontre physique, dans la vraie vie et pour l’instantanéité, je ne pense pas que ce soit une très bonne idée :

      On s’habitue à avoir tout trop rapidement, on n’attend plus de recevoir une lettre et l’on n’en ressent plus la dimension événementielle (comme évoqué plus haut).

      Maintenant, je suis assez curieux de connaître un point vraiment positif qu’a pu apporter Internet dans la vie des gens.

      Voilà, je ne veux pas faire trop long non plus mais je voulais expliquer mon point de vue sur Internet et la démat’

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  3. Tu as élargi le champ de vison. Et de ce point de vue, je ne puis qu’aller dans ton sens. En Espagne, moins au Portugal (mais pour combien de temps ?), des fantômes, jeunes et moins jeunes, avancent dans les rues des villages les plus reculés (dans des paysages dignes du Sinaï ou de l’Iran) en faisant glisser leurs pouces sur de minuscules écrans et sans jamais contempler la splendeur qui les invite. A pleurer ! C’est ainsi ! Mais Internet est aussi un élément de l’arme dont nous nous sommes saisis pour combattre – et en ce sens nous sommes « internétisés », néologisme qui ne contient aucune réprobation. Donc, poursuivons. Le combat pour Israël passe par l’utilisation d’Internet 😉

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    1. Les fantômes dont tu parles devraient, je pense aussi, davantage visiter des pays, découvrir leurs paysages, leurs cultures, leur univers culinaires, aller à la rencontre des personnes, que de trouver des plaquettes de l’office du tourisme sur Internet.

      Ô comme tu as raison quand tu parles de ces fantômes ! Ils devraient aussi lever les yeux et regarder le monde qui les entoure, les splendeurs de la nature !

      Tu parles d’Israël, quand on cherche des images d’Israël sur Internet on peut très difficilement se faire une idée exacte du pays.

      La plupart sont des images du conflit, on voit des militaires et des religieux un peu partout sur ces images et l’on ne sait rien du pays en question ni de ses habitants !

      Si les gens ne sortent pas pour aller à la rencontre d’autres personnes et du monde, c’est parce qu’ils pensent qu’Internet leur offre déjà cette connaissance, et ils s’en content.

      Ils pensent cela parce qu’ils s’imaginent qu’Internet est « une fenêtre sur le monde », alors qu’il n’est, en réalité, qu’une fenêtre sur son propre monde.

      Concernant Israël, le mieux est encore d’aller sur place pour découvrir que l’Israël d’Internet et des médias n’a rien à voir avec le véritable Israël.

      Nous devons défendre Israël sur Internet, pas parce qu’Internet c’est génial, mais parce que nos ennemis y sont déjà et que nous ne devons pas leur laisser le champs libre. Nous devons griller publiquement leurs mensonges. C’est pour cela que l’on se doit d’être sur Internet !

      Je ne me considère certainement pas comme « internetisé » parce qu’on ne peut pas l’être quand on utilise Internet. On ne l’est que lorsqu’Internet nous utilise.

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  4. C’est vrai. Nous devons utiliser Internet mais aussi partager la vie des soldats de Tsahal, soit nettoyer des armes dans la chaleur du Néguev ou repeindre des casques de tankistes près de la frontière libanaise 😉 Internet est une arme supplémentaire ; elle ne doit pas être la seule mais une arme de plus n’est pas à négliger…

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    1. C’est une arme que nous sommes contraints d’utiliser, parce que les autres l’utilisent contre nous et qu’il nous faut être où ils sont, sinon, ils ont gagné.

      Mais je préfère m’éloigner de cet aspect d’Internet car Internet, ce n’est pas que la guerre médiatique contre Israël à laquelle nous nous devons de répondre.

      Si l’on veut savoir quels atouts a Internet il faut le considérer de manière plus large, et quand nous le faisons (et même si nous ne le faisons pas), nous réalisons qu’il n’apporte rien d’intrinsèquement positif.

      Israël ce n’est pas, non plus, seulement l’armée et les religieux. Le voir uniquement sous cet angle est terriblement réducteur.

      Nous n’aimons pas la guerre, nous ne l’avons jamais aimée. Nous la détestons, nous ne sommes pas des militaires dans l’âme, mais nous sommes bien obligés de nous protéger.

      Golda Meir (z »l) disait aux Arabes « Nous pourrons peut-être un jour vous pardonner d’avoir tué nos enfants, mais nous ne pourrons jamais vous pardonner de nous avoir poussé à tuer les vôtres »

      Nous n’aimons pas la guerre. Nous ne l’avons jamais fait et nous l’avons en horreur.

      Mais nous sommes mis en situation de devoir nous défendre…

      Nous n’avons jamais voulu faire parler les fusils et les tanks, nous avons été poussés à le faire.

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  5. Rien à redire à ce que tu écris. Sauf que la pensée juive est une pensée de combat, comme toute authentique pensée : combat pour l’homme, combat pour un mieux, combat sous toutes ses formes (la recherche scientifique et la création artistique sont des combats). Par ailleurs la Bible qui fonde Israël est aussi un livre de combat, combat spirituel, intellectuel, combat contre soi-même mais aussi combat glaive à la main. Et si Israël peut aujourd’hui combattre, par exemple, les maladies par la recherche scientifique, c’est aussi parce qu’Israël a repoussé des pays qui voulaient le rayer de la carte et qu’il veille le doigt sur la gâchette. Je vais te sembler bien agressif mais c’est ainsi. Et j’apprécie ton combat…

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    1. Je te remercie, Olivier, de m’apprendre ce qu’être Juif veut dire… En effet, en tant que Juif, je n’en avais aucune idée.

      Le 1er de nos combats, c’est déjà notre survie et notre liberté.

      Nous n’avons jamais tendu l’autre joue, cela ne veut (et ne peut vouloir) en aucun cas dire que nous prenons plaisir à la guerre.

      Tu nous veux guerriers ? Tu t’es trompé de peuple. Nous nous défendons, et notre défense peut impliquer des attaques préventives.

      Mais je peux te certifier, Olivier, que nous ne sommes pas un peuple guerrier mais pacifique. Nous sommes mis en situation de faire parler les armes. C’est notre dégoût de la guerre qui guide toutes nos actions et qui fait de notre armée, une armée très soucieuse de l’éthique, c’est ce qui fait que nous ne jouons pas les Rambo en balançant une méga bombe ou que l’on ne débarque pas dans la Bande de Gaza pour y commettre un génocide, c’est ce qui fait que nous soignons même les blessés ennemis dans nos hôpitaux de campagne et nos hôpitaux de ville (Syriens, quels qu’ils soient), « Palestiniens », c’est ce qui fait que nous envoyons des tracts et des sms en arabe avec un plan où se trouve une zone sécurisée où Tsahal ne frappera pas avant toutes nos interventions à Gaza.

      Si nous aimions la guerre, nous en ferions à la moindre occasion, partout dans le monde, que la raison soit bonne ou mauvaise n’aurait aucune importance.

      Par ailleurs la Bible ne fonde pas Israël, tu te trompes là-dessus. Notre Histoire fonde Israël, et la Bible retrace notre Histoire dans les époques les plus anciennes.

      Tu confonds complètement un caractère combatif et un caractère guerrier.

      Tu assimiles l’un à l’autre et tu fais erreur en faisant cela…

      Tu ne sembles pas faire la différence entre un peuple guerrier et un peuple qui est contraint de se défendre et repousser ses agresseurs.

      Nous ne sommes pas arrivés soldats, mais fermiers. Nous avons dû apprendre à nous défendre, apprendre le maniement des armes, mais nous n’avons jamais pris notre pied en tuant.

      Nous ne sommes pas des Vikings, nous ne sommes pas des Huns…

      Saisis-tu maintenant la différence entre « combatif » et « guerrier » ?

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    2. Si nous aimions la guerre, et donc si nous étions un peuple guerrier, alors pourquoi soigner nos ennemis ?

      Si nous étions un peuple guerrier, toutes les armées du monde s’arracheraient les Juifs en disant « Avec eux, on va tuer tous nos ennemis ! Les Juifs ont la guerre dans le sang ! »

      Si nous étions un peuple guerrier, nous éduquerions nos enfants dans la haine et les formerions à la guerre dès leur jeune âge.

      Si nous étions un peuple guerrier, nous ferions des fêtes et nous distribuerions des friandises à chaque Arabe « palestinien » tué.

      Si nous étions un peuple guerrier, nous n’aurions pas autant de prix Nobel de la paix.

      Si nous étions un peuple guerrier, nous aurions été du côté de Malcolm X et des Black Panthers et non pas du côté de Martin Luther King Jr, aux Etats-Unis.

      Si nous étions un peuple guerrier, comment se fait-il que nous ne déboulons pas directement chez les Musulmans en France et ailleurs pour les tabasser au nom de la libération d’Israël comme souvent ils aiment le faire avec nous sous le prétexte infondé de la « libération de la Palestine » ?

      Comment un peuple guerrier aurait-il pu, au nom de la paix, accepter la résolution 181 de l’O.N.U proposant l’existence d’un Etat arabe et un Etat juif vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ?

      Comment un peuple guerrier aurait-il pu faire la déclaration d’indépendance pacifique que nous avons ?

      Comment un peuple guerrier aurait-il pu avoir un hymne national pacifique et non pas haineux et sanguinaire ?

      Comment un peuple guerrier aurait-il pu signer la paix avec l’Egypte ?

      Comment un peuple guerrier aurait-il pu rechercher une solution diplomatique depuis tant d’années constamment voué à l’échec ?

      Tu parles de la Bible, de notre Torah, mais tu oublies que Dieu nous y ordonne de ne pas nous réjouir quand un ennemi meurt de notre main ! Il y a plus guerrier comme principe !

      Nous ne nous laissons pas faire, nous ne tendons pas l’autre joue, cela ne veut pas dire que nous agressons l’autre. Il y a une différence. Ne fais pas de raccourcis en trompe l’oeil.

      Mais… merci de tes explications sur la pensée juive… (sic !).

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  6. Je n’ai à aucun moment fait usage de « guerrier » mais de « combat », le mot combat ayant une signification autrement plus ample, multiples : la recherche scientifique est un combat, la création artistique en est un, l’écriture en est un , etc., ce que j’ai écrit. Où ai-je écris que vous aimiez la guerre ? Que vous étiez des Rambo ? Israël n’attaque pas ses voisins mais « veille (à ne pas être rayé de la carte), le doigt sur la gâchette », et c’est bien ainsi. Shalom.

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    1. Non, tu n’as pas utilisé le mot « guerrier » mais ton propos, apparemment, voulait entrer en opposition avec le mien. Le mien était que nous sommes un peuple pacifique, que nous avons la guerre en horreur. Et quel est le contraire de « pacifique » si ce n’est « guerrier » ? D’où la discussion sur le sujet.

      Choisir l’expression « rien à redire sauf » ne veut pas dire la même chose que « rien à ajouter sauf ». « Ajouter » implique d’être d’aller dans le sens du propos auquel on répond.

      « Redire » veut dire « reformuler », « corriger » ce qui a été dit… (alors le « sauf que » impliquait de facto que le reste de ton propos contrait le mien, ce qui n’est pas un problème en général sauf quand on pense m’apprendre comment est un Juif, car il s’agit de mon peuple, pas d’un peuple étranger à moi. Donc je pense que ma parole a tout de même ne serait-ce qu’un petit peu de valeur sur ce sujet).

      Ta conclusion « Je vais te sembler bien agressif mais c’est ainsi. » résonne plutôt comme une situation d’affrontement plutôt qu’une confirmation de ce à quoi tu répondais.

      D’où ma compréhension selon laquelle tu essayais de prétendre que nous sommes un peuple guerrier.

      Les mots ont un sens. Et lorsqu’on ne les utilise pas précisément, on risque d’être mal compris. Si ce n’est pas ce que tu voulais dire, je te présente alors mes excuses pour ma mauvaise compréhension de tes propos ainsi que pour la discussion qui s’en est suivie, mais dans ce cas, j’aimerais comprendre pourquoi tu as choisi des propos aussi négatifs plutôt que des propos positifs si tu voulais confirmer ce que je disais ?

      Mon propos était que nous sommes un peuple pacifique, que nous avons la guerre en horreur et tu me réponds « La rien à redire sauf que la pensée juive dit que [vous êtes combatifs] et avec le glaive s’il le faut. » Tu as même appelé la « Bible », notre Torah, pour appuyer ton propos qui se voulait opposé au mien.

      Tu n’as à aucun moment validé mes propos (et je pense pourtant savoir un petit peu de quoi je parle), mais toutes les formules que tu as employées indiquaient que tu entrais en contradiction.

      Ton propos était peut-être maladroit, Olivier, mais il ne pouvait pas être compris autrement.

      Avant d’y répondre, j’ai demandé l’avis de ma femme qui est une personne posée et avec le sang froid, qui a souvent plus de sagesse que moi, afin d’être certain de ne pas mal comprendre tes propos. Elles les a compris exactement comme je les avais compris. Elle en était même choquée.

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  7. J’ai relu attentivement cet échange de courriers, et plutôt que de m’offusquer de certains reproches qui m’ont semblé injustes (comme si j’avais en tête de donner des leçons de judéité aux Juifs ou d’accuser les Juifs d’être un peuple guerrier), j’ai réfléchi à un possible défaut de formulation de ma part, étant entendu que j’écris parfois des commentaires dans un élan enthousiaste qui devrait être retenu, reconsidéré, avant envoi. De fait, tu as raison, mon : « Je n’ai rien à redire sauf que » aurait gagné à être formulé ainsi « Je n’ai rien à ajouter sauf que », ce qui m’aurait évité de vouloir adoucir mon propos (en « Je vais te sembler bien agressif, etc.) et, ce faisant, de provoquer l’effet inverse. Donc, merci.

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    1. Je te remercie, Olivier.

      Oublions donc ce qu’il s’est passé, ce n’était qu’un malentendu.

      Je suis soulagé que les choses prennent cette tournure et je te présente mes excuses pour avoir pu te blesser et te sembler injuste.

      Ce n’était pas du tout l’objectif.

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