Quelques mises au point importantes – Se défaire du sectarisme et du judaïsme islamo-christianisé (‘Ami Artsi עמי ארצי)


Des siècles et des siècles de galout (de diaspora) ont laissé sur nous de profondes cicatrices et des séquelles. L’une des plus problématiques est notre propre perception du judaïsme, altérée par des interprétations étrangères. C’est problématique parce que notre judaïsme est donc dévoyé par des principes qui nous sont étrangers, au départ.

L’influence chrétienne est prépondérante sur le caractère erroné de notre perception du judaïsme. C’est ce que nos textes appellent la ‘avoda zara (עבודה זרה). Les chrétiens traduisent  » ‘avoda zara » (עבודה זרה) par « idolâtrie »… Mais ce n’est pas cela, la ‘avoda zara (עבודה זרה)…

Enfin, pas seulement !

La ‘avoda zara (עבודה זרה), c’est, mot-à-mot, « le travail étranger ».

Le mot « travail » est à comprendre dans le sens « influence »dans le contexte du culte.

Le « travail étranger » implique donc l’introduction dans le judaïsme de notions qui lui sont étrangères, qui ne viennent pas de lui au départ, mais d’autres cultes.

A l’époque biblique, ces autres cultes étaient tous idolâtres.

C’est la raison pour laquelle différents traducteurs dont Louis Second ont tous pris un raccourci et directement traduit « עבודה זרה » par « idolâtrie ».

Mais ce n’est pas la traduction exacte de la עבודה זרה.

Et justement, cette influence non-juive, nous l’avons intégrée à notre judaïsme et en faisant cela, nous faisons donc de la עבודה זרה

C’est l’une des raisons de cet article : rappeler certains repères desquels nous nous sommes beaucoup éloignés.

לא תספו על-הדבר אשר אנכי מצוה אתכם ולא תגרעו ממנו לשמר את-מצות יהוה אלהיכם אשר אנכי מצוה אתכם

N’ajoutez rien à la parole que Je vous ai ordonnée et n’en diminuez rien, afin de garder les commandements de YHWH votre Dieu, que Je vous ordonne.

(Devarim 4:2)

Or les religieux ont ajouté plein de barrières pour être certains de ne pas enfreindre les commandements divins et ont intégré dans le judaïsme des notions qui lui sont étrangères, qui proviennent, en réalité, de notre culture de galout (de diaspora), qui émanent donc d’une influence étrangère… עבודה זרה

 

La Tsniout (la pudeur)

La Tsniout vestimentaire est une invention des religieux, jamais la Torah, ni même le Tanakh / ‘Houmash n’a mentionné à quelque moment que ce soit l’obligation de cacher son corps derrière des habits et jamais il n’a été évoqué le fait que les femmes doivent porter des jupes longues jusque sous les genoux, des hauts dont les manches descendent jusque sous les coudes, un kisouï rosh (un foulard), ou une perruque ! Jamais ! C’est une interprétation littérale du mot pudeur (tsniout) alors que celui-ci désigne un trait de caractère. A chaque fois qu’il est fait mention de la tsniout dans le Tanakh c’est pour parler d’une qualité morale (la pudeur morale c’est la modestie, l’humilité… Ce sont d’ailleurs des qualités qui s’appliquent aussi bien aux femmes qu’aux hommes, pas uniquement aux femmes !!), jamais pour évoquer la pudeur vestimentaire. C’est une invention des rabbanim qui ont pensé que la pudeur morale ne devait concerner que les femmes et qu’elle devait s’accompagner d’un reflet physique (vestimentaire), ceci afin de ne pas susciter l’envie chez les hommes qui ont, eux, l’obligation de ne pas convoiter la femme de leur prochain… C’est un aspect qui nous vient de nos séjours en société sous islam, qui se traduit chez les Musulmans par le port du ‘hijab pour les femmes mariées… mais il n’existe aucune obligation en matière de tenue vestimentaire dans le Tanakh.

Les gens pensent à tort que si dans Béreshit (la Genèse) Dieu a donné des habits à Adam’ et ‘Hava (Eve), c’est bien qu’il doit y avoir une raison ! Jamais Dieu n’a donné des vêtements à Adam’ ou à ‘Hava ! Dieu leur a donné un vêtement de peau. Le Midrash nous apprend que notre corps était fait de lumière, jusqu’à la faute originelle. Dieu nous a donné des vêtements de peau, ces vêtements, c’est la peau que nous portons actuellement.

C’est l’être humain (Adam’ et ‘Hava) qui, spontanément, a confectionné un pagne fait de feuilles de figuier…  Le Midrash nous raconte que le fruit défendu était la figue. Adam’ et ‘Hava utilisèrent les feuilles de l’arbre qui produisait le fruit avec lequel ils avaient fauté pour cacher leur nudité, mais leur nudité ce n’était pas la nôtre, c’était leur corps de lumière. Ce n’est qu’après que Dieu leur confectionna des habits de peau… Notre peau… Pour les aider à cacher cette lumière qu’ils ne méritaient plus et qui était celle de leur corps.

Nous avons désormais une peau, qui recouvre de la chair, des muscles, des os, etc… Mais nous n’avons plus cette lumière.

 

Les femmes

Traditionnellement, les religieux octroient aux femmes une invisibilité sur la place publique. Elles sont, à leurs yeux, les gardiennes de la maison, du foyer, elles doivent être effacées et en retrait : Les femmes du Kotel sont une bonne illustration du problème d’invisibilité que subissent les femmes dans le judaïsme et qu’elles aimeraient bien exploser. Une femme rabbine fait flipper les orthodoxes, une femme qui met les téfilines, qui porte le talit et un sefer Torah les rend fous de colère ! J’ai déjà entendu un ancien ami religieux me dire tout de go « Les femmes du Kotel veulent détruire le judaïsme ! »… Rien n’est plus faux mais cela illustre bien la bêtise de certains religieux machistes, voire carrément miso, qui veulent conserver le fief exclusivement masculin du judaïsme. Pourtant nous avons connu des changements importants dans le judaïsme… La Bat Mitsva est le pendant féminin de la Bar Mitsva qui a existé bien avant. Lorsque les femmes ont voulu introduire la Bat Mitsva, ça a fait hurlé les sclérosés du judaïsme qui ont cru que les mitsvot, c’était pour les hommes, pas pour les femmes ! Aujourd’hui, dire « Je vais faire ma Bat Mitsva » ne choque plus personne, mais ça n’a pas toujours été le cas. Aujourd’hui, le nouveau scandale pour ces religieux figés dans le calcaire, ce sont ces femmes qui veulent porter un sefer Torah, lire la Torah, devenir rabbines, mettre les tefs et le talit… Dans quelques années tout cela sera évident et, comme pour la Bat Mitsva, plus personne ne s’en offusquera.

Un des célèbres parachutistes (Yits’hak  Yifat) qui ont libéré Jérusalem en 1967 posant à côté des Femmes du Kotel

 

S’il est vrai que ces mitsvot sont adressées aux hommes, il n’est écrit nulle part dans le Tanakh qu’il est interdit aux femmes de les faire elles aussi si elles le souhaitent. Et c’est une excellente chose que des femmes veulent clamer leur amour de Dieu !

Les hommes religieux se pensent traditionnellement plus important que les femmes… Cela se retrouve dans la place qu’ils leur laisse dans le judaïsme (la maison et la famille) et dans les Birkhot Hasha’har (les bénédictions du matin) qu’ils lisent le matin avant Cha’hrit, la prière du matin

Dans le sidour (le livre des prières), les hommes lisent lors des Birkhot Hasha’har ברכות השחר les bénédictions suivantes :

ברוך אתא,יהוה,אלהנו מלך העולם,שלא עשני גוי

Loué sois-Tu, YHWH, notre Dieu, Roi du monde, qui ne m’a pas fait non-Juif

ברוך אתא,יהוה,אלהנו מלך העולם,שלא עשני עבד

Loué sois-Tu, YHWH, notre Dieu, Roi du monde, qui ne m’a pas fait esclave

ברוך אתא,יהוה,אלהנו מלך העולם,שלא עשני אשה

Loué sois-Tu, YHWH, notre Dieu, Roi du monde, qui ne m’a pas fait femme

De leur côté,  les femmes lisent

ברוך אתא,יהוה,אלהנו מלך העולם,שלא עשני גויה

Loué sois-Tu, YHWH, notre Dieu, Roi du monde, qui ne m’a pas faite non-Juive

ברוך אתא,יהוה,אלהנו מלך העולם,שלא עשני שפחה

Loué sois-Tu, YHWH, notre Dieu, Roi du monde, qui ne m’a pas faite esclave

ברוך שעשני כרצונו

Loué soit Celui qui m’a faite selon Sa volonté

 

« Loué sois-Tu, YHWH, notre Dieu, Roi du monde, qui ne m’a pas fait femme » / « Loué soit Celui qui m’a faite selon Sa volonté »…   Pourtant rien dans le Tanakh ne justifie cela ! C’est une invention des hommes religieux.

Ma grand-mère (z »l) tentait de justifier ces bénédictions « Le judaïsme veut que l’on soit fier de ce que l’on est ! »

Pourtant, que dira un transgenre qui a le corps d’un homme mais qui s’identifie aux femmes ?

Pourquoi les hommes doivent-ils être contents de ne pas être des femmes et pourquoi la réciprocité n’est-elle pas de mise ? Pourquoi les femmes doivent lire

ברוך שעשני כרצונו (Loué soit Celui qui m’a faite selon Sa volonté) et non pas ברוך אתא,יהוה,אלהנו מלך העולם,שלא עשני איש (Loué sois-Tu, YHWH, notre Dieu, Roi du monde, qui ne m’a pas faite homme)

La réalité est qu’il s’agit là d’une sacrée dose de misogynie! Ça aussi, ça doit changer ! Et ça ne pourra changer que lorsque les hommes reconnaîtront leur responsabilité dans cette discrimination que subissent les femmes dans le judaïsme tel qu’il est pratiqué par les plus conservateurs des religieux !

Il y a aussi la crainte de la nida. La nida est la femme qui a ses règles. Elle est impure pendant ses périodes de menstruations et quiconque la touche devient impur à son tour… Le mot « impur » a souvent été mal compris, tout comme toute cette histoire de nida… Les religieux ont traditionnellement peur qu’elles rendent impur un sefer Torah si elles le touchent alors qu’elles sont nida.

« Impure » , cela ne veut pas dire « sale » ou quoi que ce soit. Le judaïsme a un gros gros problème avec le sang… Il considère comme impur tout ce qui n’est pas porteur de vie. C’est pour cela que le sang nous est complètement interdit.

Dans l’alimentation, on doit cachériser la viande que l’on consomme et pour cela en extraire tout le sang. Nous sommes particulièrement attentifs aux tâches brunes dans les oeufs que l’on considère comme des tâches de sang.

Le sang permet à l’organisme de fonctionner, il permet donc à un corps de vivre, mais quand il sort du corps, il n’apporte pas la vie. Il est donc impur à cause de cela.

Une femme est considérée comme « impure » quand elle a ses règles parce qu’elle perd du sang. Ce sang qui la quitte est considéré par le judaïsme comme « mort », parce qu’il n’apporte pas la vie.  La femme étant en contact avec ce sang, devient impure à son tour par son contact et les personnes qui touchent cette femme, en lui serrant la main, par exemple, deviennent impures à leur tour, à cause de ce sang. Les personnes touchant les objets qu’elle a touché et qu’elle a rendu impurs à cause de ce sang, deviennent impures à leur tour…

C’est cela qui fait que certains religieux refusent de serrer la main à toutes les femmes (car il n’est pas aisé de demander si elles ont leurs règles avant de décider si oui ou non ils leur serrent la main !)… Sur ce point, ils ressemblent à certains Musulmans, même si je ne suis pas persuadés que les Musulmans qui refusent de serrer la main à une femme le fasse pour les mêmes raisons que les Juis ultra-orthodoxes…

Mais vouloir éviter tout contact avec une femme nida est idiot, car il est de toutes façons impossible de ne pas toucher quelque chose qu’une femme nida a déjà touché… Ne serait-ce que le sol ! Une porte de métro, de magasin, un siège, une pièce de monnaie, un billet de banque, etc… etc… etc… Donc si l’on devait prêter attention à cela, nous serions tous impurs et en permanence! Et puis le fait de devenir impur veut seulement dire que l’on doit aller au mikvé pour nous purifier avant d’entamer le service divin (la prière ou les sacrifices à l’époque du Temple). Rien de plus.

Maintenant, tous les fluides qui s’échappent du corps et n’apportent, par conséquent, plus la vie sont impurs. Il en va de même pour le sperme, par exemple. Mais les religieux n’en parlent pas trop du sperme…

Le mikvé est la preuve que l’impureté n’a rien à voir avec la saleté. L’impureté est un état qui n’a rien de matériel, qui est totalement spirituel. Lorsqu’on se trempe au mikvé pour se purifier, on ne se lave pas, on s’immerge. On ne prend pas de savon, pas de gant de toilette, on immerge juste notre corps et, spirituellement, quelque chose s’opère qui nous purifie.

Toute personne qui a déjà été dans un mikvé a ressenti cela très fortement.

Pour en revenir avec la peur qu’une femme nida ne rende impur un sefer Torah, des tefilines, etc… aucun risque : une femme sait très bien quand elle a ses règles et donc quand elle ne doit pas toucher le sefer Torah ou des tefilines.

 

 

Les homosexuels

 

 

Il n’existe aucun passage dans le Tanakh qui interdise l’homosexualité. Beaucoup pensent que si à cause de deux versets de Vayikra :

ואת-זכר לא תשכב משכבי אשה תועבה הוא

Vé èt zakhar lo tishkav mishkevei isha to’eva hi

(Vayikra -A’haré Mot’ 18:22-23)

Mauvaises traductions :

« Ne cohabite point avec un mâle d’une cohabitation sexuelle : c’est une abomination »

« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination »

Traduction correcte :

« Avec un masculin, ne couche pas depuis une coucherie avec une femme, c’est une obscénité »

Comprendre : « Avec un [élément de sexe] masculin, ne couche pas depuis une coucherie avec une femme, c’est une obscénité »

ואיש אשר ישכב את-זכר משכבי אשה תועבה עשו שניהם מות יומתו דמיהם בם

Vé ish asher yishkav èt-zakhar mishkevei isha to’eva ‘assou shneihèm mot youmatou demeihem bam

(Vayikra – Kédoshim’ 20:12-13)

Mauvaises traductions :

« Si un homme cohabite avec un mâle, d’une cohabitation sexuelle, c’est une abomination qu’ils ont commise tous les deux ; qu’ils soient punis de mort, leur supplice est mérité »

Traduction correcte :

« Et un homme qui couchera avec un masculin depuis une coucherie avec une femme, une obscénité, ils ont fait, la mort pour les deux, ils mourront, leur sang en eux »

Comprendre : « Et l’homme qui couchera avec un [élément de sexe] masculin depuis une coucherie avec une femme, ils ont fait une obscénité. La mort pour les deux, il mourront leur sang en eux »

Ce passage ne parle pas d’homosexualité mais de triolisme avec une femme et deux hommes, et plus généralement d’orgies sexuelles impliquant plusieurs hommes qui auraient des relations sexuelles avec des femmes et des hommes en même temps.

Notez bien : Notre obligation est de ne rien retirer des paroles divines et de ne rien diminuer, c’est ce pourquoi ce commandement est encore présent. Cela ne veut pas dire qu’il faille faire des cartons dans les boîtes d’échangistes !

S’il s’était agit d’une relation sexuelle entre deux hommes, le deux versets auraient été plus simples :

ואת-איש אחר לא תשכב תועבה הוא

Vé èt ish a’her lo tishkav, c’est une obscénité

« Et avec un autre homme, ne couche pas, c’est une obscénité »

Toutes les interdictions sexuelles de Vayikra sont très précises… La zoophilie, par exemple, Dieu en parle très précisément :

ובכל-בהמה לא-תתן שכבתך לטמאה-בה

oubekhol béhéma lo titèn’ shekhavtekha létaméa bah

(Vayikra – A’haré Mot’ 18:23)

Et avec aucune bête ne couche car l’impureté est en cela

 

Non seulement le propos de la Torah parle très clairement de coucher avec « un [élément de sexe] masculin à partir d’une coucherie avec une femme« , « MIshkevei isha », mais en plus le texte utilise 2 fois rigoureusement la même formule pour appuyer que tous ces mots ont un sens très précis qu’il ne faut pas interpréter autrement que de la manière dont ils sont écrits.

Il peut être éventuellement possible (et encore, par extension, mais ce n’est pas du tout ce qui est précisément dit !) de comprendre ces versets comme visant la bisexualité masculine, mais pas l’homosexualité masculine. Cela ne fait aucun sens compte tenu de la traduction littérale du texte.

Un autre aspect de ce passage, c’est que les gens s’imaginent que c’est globalement l’homosexualité que la Torah condamne. Comme expliqué plus haut, ce n’est pas du tout ce qu’elle dit, c’est une interprétation homophobe de ce passage, mais je rappelle, en plus, que ce verset s’adresse clairement à un homme, pas à une femme.

Il n’y a aucune référence à l’homosexualité féminine ni à l’homosexualité masculine dans la Torah. Les autres interdictions sexuelles de Vayikra sont très directes, si Dieu avait voulu condamner l’homosexualité masculine, Il aurait parlé sans détour et très clairement sur ce point.

Ça va peut-être en choquer certains mais ce que l’on peut comprendre de ces versets, c’est ce qu’ils n’interdisent pas : une relation sexuelle à plusieurs impliquant 1 homme et plusieurs femmes, une relation sexuelle impliquant plusieurs hommes et aucune femme, une relation sexuelle impliquant plusieurs femmes et aucun homme ne sont pas interdites.

J’ai déjà entendu certains rappeler que Sodome et Gomorrhe sont deux villes qui ont été détruites par Dieu parce qu’il y avait plein d’homos ! C’est empiriquement faux ! Il n’a JAMAIS été écrit nulle part dans la Torah que ces villes ont été détruites pour cette raison ! Les gens ont fait le lien parce qu’ils entendent « Sodome » et ils pensent « sodomie »/ »sodomites » (comme on appelait les gays autrefois) mais les noms, « sodomie », « sodomite » et le verbe « sodomiser » ont été donnés aux gays et à la pénétration anale bien plus tard que l’époque biblique et ce lien a été établi justement dans un objectif homophobe pour culpabiliser les homosexuels et déchaîner la haine des hétéros qui penseraient alors que Dieu va détruire leur civilisation à cause des gays !

Sodome et Gomorrhe  ont été détruites parce que leurs habitants y étaient mauvais, violents, haineux. Aucun rapport avec l’homosexualité.

 

 

 

Les transgenres

 

Beaucoup de gens mélangent beaucoup de choses…

Pour beaucoup, des transgenres sont des mecs homosexuels qui ont fait de la chirurgie pour avoir un corps se rapprochant d’un corps féminin.

Pour d’autres, ce sont des hommes qui portent des vêtements féminins.

D’autres encore s’imaginent que les transgenres sont les mecs pailletés et exubérants avec d’immenses bottes pailletées elles aussi avec des semelles de 30cm minimum et des looks pas possibles que l’on aperçoit souvent dans les Gay Prides.

Être transgenre, ce n’est pas ça.

Les gens qui sont passés sur le billard pour faire de la chirurgie et prennent des hormones pour transformer leur corps et le rapprocher du corps d’une personne de l’autre sexe, ce sont des transexuels. On peut les voir comme des « transgenres qui sont passés à l’acte », même si un certain nombre d’entre eux ne s’identifient pas réellement aux femmes mais à une idée toute masculine de ce que sont les femmes (cela comporte tout un lot de préjugés sexistes).

Les hommes qui portent des vêtements féminins (ou prétendus comme tels) sont des travestis. Certains d’entre eux ne se sont jamais identifiés aux femmes et font juste ça pour s’amuser.

Les grandes perches pailletées et exubérantes que l’on aperçoit parfois dans les Gay Prides sont des Drag Queens. Eux non plus ne sont pas transgenres et ne sont pas non plus transexuels. Dans un style assez particulier, ils pourraient se rapprocher des travestis, d’une certaine façon, mais avec un look hautement improbable.

Ce n’est pas parce que les Drag Queens participent aux Gay Prides que ce sont des L.G.B.T. (Lesbiennes, Gays, Bis, Transgenres et transexuels). Les Drag Queens participent aux Gay Prides en solidarité avec la cause L.G.B.T. Certaines Drag Queens peuvent être aussi lesbiennes, gays, bis ou trans, mais toutes ne le sont pas. Les Gays Prides ne mobilisent pas que des homos, des bis et des trans, rappelons-le. Des hétéros y participent aussi en soutien à la défense des droits des L.G.B.T.

En général, les L.G.B.T défilent sous leurs propres bannières et ne se transforment pas en Drag Queens, certains d’entre eux trouvent même le principe Drag Queen grotesque, très laid, mais ils considèrent que la Marche des Fiertés (la Pride), est un lieu ouvert où chacun peut être comme il veut être sans aucune limite le contraignant.

Être transgenre c’est quoi, finalement ?

Être transgenre, c’est, indépendamment de toute orientation sexuelle, s’identifier aux personnes de l’autre sexe, se sentir appartenir à l’autre gente que celle qui, en principe, est lié à son sexe biologique, c’est penser, parler, agir en femme pour une personne née de sexe biologique masculin et l’inverse pour une personne née de sexe biologique féminin.

C’est être une personne de l’autre sexe à chaque instant de sa vie, dans chaque chose que l’on fait, dans chaque instant que l’on vit.

Des hommes aussi bien que des femmes peuvent être transgenres. Certains transgenres sont hétérosexuels, d’autres sont bisexuels, et d’autres encore sont homosexuels. Le transgenderisme n’est pas lié à l’orientation sexuelle.

Tous les transgenres ne veulent pas forcément se faire opérer. Pour différentes raisons qui peuvent être très diverses (raisons médicales, choix personnel, etc). Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les transgenres ont souvent un lien plus profond que les transexuels avec leur identité de genre (en tous cas, c’est ce que j’ai pu constater personnellement sur les forums transexuels sur lesquels j’ai pu aller).

Être transgenre n’est pas une maladie mentale (ça peut surprendre de devoir le préciser mais il arrive que des gens se posent encore la question).

Les transgenres ne sont pas forcément physiquement androgynes et ne se maquillent pas forcément. Ce ne sont pas non plus ce qu’on appelle des « folles ». Ce qui ne les rend pas forcément reconnaissable immédiatement… Si ça se trouve, vous en avez dans votre entourage.

Comment expliquer le transgenderisme ? D’un point de vue scientifique, c’est difficilement explicable. D’un point de vue religieux, par contre, c’est beaucoup plus facile :

Contrairement à l’idée répandue liée à une mauvaise compréhension de la Torah, la femme n’a pas été créée à partir de la côte d’Adam’ mais à partir de son flanc, de son côté !

Lorsque Dieu a créé Adam’ et ‘Hava, « C’est à l’image de Dieu qu’Il le créa, Il les créa masculin et féminin » (Béréshit 1:27). Le midrash explique qu’ils étaient dos à dos et s’appelaient Adam’. Puis Dieu a dit « Il n’est pas bon qu’ Adam’ soit seul » (Béréshit 2:18) avant qu’Il ne les sépare (Béréshit 2:21-23).

Le fait que nous ayons été une seule et même créature au départ peut expliquer cela. Tout comme le principe des gilgoulim (la réincarnation). En principe on ne se souvient pas de qui nous étions dans notre vie antérieure si nous en avons eu une. Nos Sages nous apprennent que juste avant que l’on ne vienne au monde, on a la connaissance universelle et que quand on naît, tout nous est effacé, on ne se souvient plus de rien… Peut-être est-ce enregistré quelque part dans les 90% de notre cerveau que l’on ne sait pas utiliser… Peut-être que certains ont accès à des bribes de ces 90% qui leur permettent de se souvenir de qui ils étaient avant cette vie-là.

 

‘Ami Artsi עמי ארצי

2 thoughts on “Quelques mises au point importantes – Se défaire du sectarisme et du judaïsme islamo-christianisé (‘Ami Artsi עמי ארצי)

  1. Pour l’athée très ignorant de la vie religieuse — et des textes — que je suis, ton article apporte des notions intéressantes. En particulier sur les femmes et l’ostracisme dont elles sont victimes de la part des  » sclérosés du judaïsme « .
    Il est malheureux que ces fossilisés aient encore des places (et des avis) prépondérants dans nos société, que ce soit en France ou en Eretz.

    J'aime

    1. Non, en ce qui me concerne, je ne regrette pas que les religieux aient des places et soient consultés en Israël.

      Je ne suis pas un anti-religieux acharné, je trouve seulement dommage que les religieux puissent parfois être aussi sclérosés.

      Un peu plus de souplesse, d’écoute et de compréhension, ne seraient pas de trop.

      Le judaïsme n’est pas censé être dogmatique. Cette inflexibilité ne vient pas de chez nous mais du christianisme et de l’islam.

      En ce qui concerne Israël, je pense qu’il est indispensable que les religieux aient l’importance qu’ils ont, mais ils doivent savoir où ils doivent s’arrêter.

      Je ne veux pas d’un Israël qui fasse complètement l’impasse sur le caractère religieux. En ce qui me concerne, je sais que le judaïsme (que l’on soit ou non pratiquant) fait partie intrinsèque de notre identité juive. Le nier, ce serait s’amputer de la moitié de notre corps : on n’y survivrait pas. Mais les rabbins doivent changer leur approche des choses et rétablir la vérité. Ils ne peuvent pas continuer de s’opposer à des nouvelles pratiques si elles ne sont pas interdites par la Torah ! S’opposer au port des téfilines et du talith, s’opposer à ce que des femmes soient rabbines, s’opposer à ce que des femmes portent le sefer Torah, par exemple est une absurdité car la Torah n’a jamais interdit aux femmes de faire cela !

      J’estime simplement que le judaïsme a subit des influences extérieures et intérieures qui l’ont modifié par rapport à ce qu’il était au départ.

      Alors en certains aspects, heureusement (je trouve inacceptable et intolérable d’avoir à tuer qui que ce soit, fut-ce même sur ordre de Dieu ! S’Il a un problème avec eux, qu’Il agisse Lui-même pour le régler d’une façon ou d’une autre, mais qu’Il ne nous implique pas là-dedans ! Notre Dieu ne peut pas nous demander d’un côté de protéger la vie et de l’autre de tuer des gens qui ne nous ont rien fait ! Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas cohérent ! Et c’est inacceptable ! Heureusement que dans le judaïsme le libre arbitre et la clause de conscience sont possibles. C’est ce qui fait que nous ne cautionnons pas ce genre de comportement, nous nous en écartons et nous le condamnons, quel qu’en soit l’auteur, fût-il Dieu Lui-même !) mais ce que je déplore dans cet article, c’est une influence (en partie étrangère) qui nous éloigne du texte de départ et nous envoie dans de mauvaises directions sans même que nous nous en rendions compte.

      Je pense qu’il est toujours important de ne jamais perdre de vue d’où nous partons, et ensuite de savoir ce que l’on peut/veut faire ou non.

      La plupart des positionnements religieux ne viennent pas de la Torah mais des religieux eux-mêmes ainsi que de croyances populaires qui ne reflètent pas ce que dit la Torah.

      Les religieux ont ajouté ce qu’on appelle « des barrières » (afin d’éviter le risque de transgresser les mitsvot), et ont introduit des notions discriminatoires dans la pratique religieuse qui ne sont, à aucun moment, prônées dans le Tanakh. Ils avancent avec des oeillères.

      Ils font certaines choses sans chercher à en comprendre le sens… Je sais qu’ils prônent le נעשה ונישמע Na’assé vé nishma’ (nous faisons d’abord et nous comprendrons ensuite) mais le problème c’est que le « vé nishma’  » n’est plus du tout recherché ensuite… Le נעשה ונישמע Na’assé vé nishma’ est une manière de démontrer notre confiance aveugle à Dieu et aux commandements de la Torah. C’est très beau, mais beaucoup trop dangereux ! De manière générale, mieux vaut comprendre d’abord pour savoir si l’on peut faire ou non quelque chose ensuite !

      Toutes les discriminations des religieux à l’encontre des femmes et des homosexuels ne viennent pas de la Torah, elles proviennent de notions que les religieux se sont eux-mêmes inventées ou de perceptions qu’ils ont importées !

      Ce n’est donc pas la religion qu’il faut blâmer pour ces comportements, c’est l’attitude des hommes hétérosexuels et homophobes qui la pratiquent depuis longtemps et qui, comme l’ont fait la plupart des hommes dans l’Histoire et en tous lieux, se sont arrangés pour s’accaparer tout l’espace au nom d’une prétendue norme qu’ils incarneraient en tant qu’hommes et en tant qu’hétérosexuels.

      Le judaïsme a énormément apporté à l’humanité et donc à nous-mêmes aussi. Les tribunaux, le divorce, le repos hebdomadaire, l’interdiction du meurtre, le libre arbitre, etc… La quasi totalité de ce qu’a apporté le judaïsme est un apport positif phénoménal dont nous pouvons être fiers et énormément de choses sont tout à fait défendables et honorables dans le judaïsme. Il doit avoir une place importante dans la société israélienne mais les religieux doivent réfléchir et non être sur des positions de principe stupides et infondées.

      Un exemple que j’ai en tête : il n’y a pas longtemps, les députés orthodoxes israéliens se sont opposés à la demande des services de voirie et de chemins de fer de travailler le Chabbat.

      D’un point de vue religieux, le Chabbat peut et doit être transgressé pour sauver des vies.

      Les services de voirie et des chemins de fer avancent l’argument selon lequel ils ne peuvent pas refaire les routes en semaine et qu’il faut donc qu’ils puissent les refaire le Chabbat. Refaire une route est important car cela évite des accidents.

      Les orthodoxes s’y sont opposés, le gouvernement a donc rejeté cette demande des services de voirie en mettant en doute que ces travaux sauveraient des vies.

      Il est évident que ces travaux permettent de sauver des vies et que les effectuer un jour de la semaine ne serait pas impossible mais rendrait la situation très difficile pour tout le monde (car cela implique des routes barrées, des voies ferrées fermées, etc, et pour une durée assez longue) et mettrait des vies en danger (des ambulances retardées par un détour pour cause de travaux peut coûter la vie aux personnes transportées vers l’hôpital !)

      Je trouve donc cette décision des orthodoxes stupide, dangereuse, et gravissime. Ils sont restés campé sur des positions de principe sans en mesurer pleinement les conséquences graves. Si des gens meurent à cause du fait de n’avoir pas pu être hospitalisés à temps, leur sang sera sur les mains de ces orthodoxes !

      J'aime

Et vous, vous en pensez quoi ? (commentaire)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s