Martin Luther King Jr (RIP) (‘Ami Artsi עמי ארצי)


 

 

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Martin Luther King Junior. est né le 15 janvier 1929, à Atlanta en Géorgie. Son père était le Révérend Martin Luther King Senior (1899-1984) et sa mère Alberta Williams King (1904-1974).

Alberta Williams King et Martin Luther King Senior

Martin Luther King, Jr. at the age of six. Civil Rights Activist. Photo Credit: Christine King Farri (Special to the AJC)

Alberta Williams King, la mère de Martin Luther King Junior, est une organiste et une meneuse de choeur. Alors qu’il est encore enfant, elle l’emmené dans de nombreuses églises pour chanter, ce qui développe, en Martin Luther King Junior un goût prononcé pour le chant et la musique. Il devient d’ailleurs plus tard membre du choeur junior de son église. 

Martin Luther King Senior, son père, est très dur avec lui. Violent, même. Il le fouette et dit qu’il ferait quelque chose de lui même s’il doit le battre jusqu’à la mort pour ça.

Dans son enfance, Martin Luther King Junior se lie d’amitié avec un garçon blanc dont le père tient un commerce près du domicile de ses parents. Quand ils ont six ans, ils entrent à l’école. Martin Luther King Junior entre dans une école pour Noirs tandis que son ami rejoint une école pour Blancs (les écoles publiques sont soumises à la loi d’Etat ségrégationniste). Martin Luther King Junior perd son amitié parce que le père de cet ami ne veut plus que son fils joue avec un Noir. 

Dans son adolescence, il a du ressentiment à l’encontre des Blancs à cause de l’humiliation raciste que lui, sa famille et ses voisins ont subit dans la Sud ségrégationniste.

A l’âge de 12 ans, sa grand-mère maternelle décède, il se le reproche et a tente de mettre fin à ses jours en se jetant d’une fenêtre du 2ème étage. Fort heureusement, il survit à la chute. 

Alors qu’il est sceptique sur beaucoup de principes chrétiens, il considère que la Bible contient, selon ses mots « beaucoup de vérités profondes auxquelles nul ne peut échapper ». Il décide alors d’entrer au séminaire. 

Il entre au lycée Booker T. Washington où il devient célèbre pour sa facilité à parler en public et à participer à des débats.

En 1942, Martin Luther King Junior devient le plus jeune adjoint à la direction de l’Atlanta Journal, alors âgé de 13 ans.

En Première, il gagne le premier prix dans un concours oratoire financé par le Negro Elks Club à Dublin, en Géorgie.  En revenant à Atlanta par le bus, le conducteur ordonne à Martin Luther King Junior et à son professeur de se lever afin que les passagers blancs puissent s’asseoir. Martin Luther King Junior d’abord refuse, puis accepte, à contre-coeur, après que son professeur lui ait dit qu’il transgresserait la loi s’il ne le faisait pas. Cette situation le rend furieux. Martin Luther King Junior est un excellent élève, un élève même précoce ! Il saute la classe de 3è et la classe de Terminale.

Pendant qu’il est en Première, le Morehouse College, une université noire respectée historiquement, annonce qu’il acceptera tout élève de Première qui réussirait l’examen d’entrée.  Âgé de 15 ans, Martin Luther passe l’examen entre à Morehouse.

L’été qui précède sa dernière année à Morehouse, en 1947, Martin Luther King Junior, alors âgé de 18 ans, choisit de devenir ministre. Il considère que l’église garantit la manière la plus sûre  de répondre « à une puissante envie de servir l’humanité ». Il se réconcilie avec l’église baptiste, veut être un ministre rationnel et considère que les sermons sont une force respectueuse pour les idées, et même pour les protestations sociales. »

En 1948, il est diplômé de Morehouse et obtient une licence en sociologie.

Martin Luther King Junior et sa soeur, Christine King-Farris diplomés de Morehouse College et Spelman College en 1948

En 1950, un certain Malcolm Little (connu plus tard sous le nom de Malcolm X), qui avait été éduqué dans le racisme envers les Blancs de sa propre mère métisse, suite à des faits de délinquance,  est en prison et s’intéresse à l’islam. Il correspond avec un certain Elijah Poole (qui devint plus tard Elijah Mu’hammad) qui dirige une petite organisation islamique naissante, et se lie de sympathie pour lui. L’organisation que dirige Elijah Poole prône le racisme, la violence et le terrorisme… Cette organisation porte le nom de Nation of Islam. Enthousiasmé par la haine raciste, la violence et la division prônées ouvertement par Nation of Islam, Malcolm Little ne tarde pas à rejoindre ses rangs.

De son côté, Martin Luther King Junior s’inscrit au Séminaire Théologique Crozer à Chester, en Pennsylvanie, où il obtient un diplôme de Docteur en théologie en 1951.

 

Martin Luther King Junior et Coretta Scott se marient le 18 juin 1953, il a 24 ans et elle 26.

Mariage de Martin Luther King Junior et Coretta Scott-King

Coretta Scott-King embrassant amoureusement son mari qui est aux anges

En 1954, à l’âge de 25 ans, Martin Luther King Jr est nommé pasteur de l’église baptiste de la Dexter Avenue, à Montgomery, en Alabama.

Montgomery, la lutte pour les Droits Civiques

Le 2 mars 1955, une jeune fille noire de 16 ans, Claudette Colvin est arrêtée pour avoir refusé de laisser sa place à un Blanc dans un bus de Montgomery. Elle est membre de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) , elle étudie activement le mouvement des Droits Civiques à l’école. Claudette Colvin est un précédent à Rosa Park dont on parle peu. A tort, beaucoup de gens s’imaginent que tout est parti de Rosa Parks… C’est faux. Avant elle, il y avait Claudette Colvin. Mais elle était une adolescente et le Mouvement pour les Droits Civiques pensait qu’il valait mieux prendre une adulte comme point de départ officiel.

Claudette Colvin

Ensemble, Martin Luther King Jr et Coretta Scott-King ont une fille le 17 novembre 1955 : Yolanda King.

 

Dr. Martin Luther King, Coretta Scott King et Yolanda King

Le 1er décembre 1955, Rosa Parks est, à son tour, arrêtée pour ne pas avoir voulu laisser sa place à un Blanc dans un bus de Montgomery

Rosa Park, 1er décembre 1955

Arrestation de Rosa Parks

Rosa Parks arrêtée

Boycott des bus de Montgomery

 

Martin Luther King Jr, avec l’aide du pasteur Ralph Abernathy et d’Edgar Daniel Nixon, directeur local du National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), mène le boycott des bus de Montgomery .

Le mouvement a trois revendications pour ce boycott :

  1. La fin de la ségrégation à l’intérieur des bus.
  2. Que les passagers, quelque soit la couleur de leur peau, soient traités avec respect par les conducteurs de bus.
  3. Que des conducteurs de bus noirs puissent être engagés.

La population Afro-américaine soutient l’initiative et s’organise : la plupart marche, le reste a recours à un système de covoiturage. 

La campagne dure 385 jours (1 an et 20 jours !), jours au cours desquels Martin Luther King Jr est arrêté.

La Marche rencontre beaucoup de violences car les ségrégationnistes blancs ont recours au terrorisme : la maison de Martin Luther King est attaquée à la bombe incendiaire le matin du 30 janvier 1956, celle de Ralph Abernathy et quatre églises subissent le même sort, et Martin Luther King Jr est, lui-même, victime de violences physiques. 

Attentat à la bombe sur le domicile de Martin Luther King Jr, Coretta Scott-King et leurs enfants (1956)

 

Malgré les attaques fréquentes initiées par les ségrégationnistes blancs contre les Noirs, les 40 000 Noirs de Montgomery continuent de marcher pour rejoindre leur lieu de travail se trouvant parfois à 30 km. 

Marche pour le boycott des bus de Montgomery

 

American Civil Rights leader Dr. Martin Luther King Jr. (1929 – 1968) and his wife Coretta Scott King (1927 – 2006) (center, arm in arm) lead others during on the Selma to Montgomery marches held in support of voter rights, Alabama, late March, 1965. Among those with them are Reverend Ralph Abernathy (1926 – 1990) (at left, facing camera), and Pulitzer-Prize winning political scientist and diplomat Ralph Bunche (1904 – 1971) (front row, third left with glasses) whose his wife, Ruth (nee Harris, 1906 – 1988), holds his arm. (Photo by Robert Abbott Sengstacke/Getty Images)

 

 

Les Juifs : très impliqués dans le combat contre la ségrégation et composante importante de celui-ci

De très nombreux Juifs s’impliqueront dans la lutte contre la ségrégation visant les Afro-Américains. Statistiquement, les Juifs sont le groupe non-Noir le plus activement impliqué dans le mouvement. Beaucoup de Juifs travailleront de concert avec le Congress of Racial Equality (CORE), la Southern Christian Leadership Conference (SCLC), et le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) en tant qu’organisateurs à temps plein et en tant que volontaires estivaux pendant la période des Droits Civiques. Ils composeront la moitié des volontaires non-Noirs du Mississippi Freedom Summer en 1964 et la moitié des défenseurs des Droits Civiques dans le Sud pendant les années 60.

Des dirigeants juifs seront arrêtés pour avoir répondu à l’appel de Martin Luther King Jr à St Augustine, en Floride, en juin 1964, dont la plus grosse vague d’arrestation de rabbins de l’Histoire des Etats-Unis a eu lieu à la Monson Motor Lodge, un lieu très important dans l’Histoire de la lutte pour les Droits Civiques. Abraham Joshua Heschel, écrivain, rabbin et professeur de théologie au Jewish Theological Seminary of America à New York, se prononcera avec éloquence en faveur de la lutte pour les Droits Civiques. Il défilera main dans la main avec Martin Luther King Jr en 1965 dans le cadre de la Marche de Selma à Montgomery. Dans le Mississippi, les deux militants pour les Droits Civiques qui seront assassinés en 1964,  Andrew Goodman et  Michael Schwerner, sont tous deux Juifs. The American Jewish Committee, The American Jewish Congress et The Anti-Defamation League défendront activement la lutte pour les Droits Civiques.

Des tensions très fortes existeront entre les Juifs et les groupes afro-américains racistes, antisémites et suprématistes (Malcolm X, Black Panthers, Fruit of Islam, Nation of Islam) qui tenteront de détourner, de manipuler et de saboter l’authentique lutte des Afro-Américains contre la ségrégation menée par Martin Luther King Jr (entre autres).

Le Ku Klux Klan attaquera souvent les Juifs. Déjà parce qu’ils sont Juifs, mais en plus en raison de leur soutien aux Afro-Américains. Par exemple, en un an seulement, de novembre 1957 à octobre 1958, des synagogues et autres lieux de rassemblement juifs subiront des attentats à la bombe et des profanations à Atlanta, Nashville, Jacksonville et Miami, de la dynamite sera trouvée sous les synagogues de Birmingham, de Charlotte et de Gastonia, en Caroline du Nord. Certains rabbins recevront des menaces de mort.

En février 1956, Autherine Lucy, première étudiante noire à être admise à l’Université d’Alabama, est contrainte d’abandonner ses études après plusieurs jours d’émeutes anti-Noirs initiées par des étudiants.

Le boycott des bus dure 385 jours (1 an et 20 jours !) et débouche, le 21 décembre 1956, sur une décision de la Cour Suprême des États-Unis déclarant illégale la ségrégation dans les autobus, restaurants, écoles et autres lieux publics.

Martin Luther King Jr joue un rôle prépondérant dans la fondation de la Southern Christian Leadership Conference (SCLC). Il y est d’ailleurs élu président et, jusqu’à sa mort, le restera. 

En 1958 Martin Luther King Jr déclare, dans son livre Stride toward freedom; the Montgomery story, au sujet de la ségrégation raciale et la spirale de l’inégalité et de la haine qu’elle génère inlassablement :

« Souvent, les hommes se haïssent les uns les autres parce qu’ils ont peur les uns des autres ; ils ont peur parce qu’ils ne se connaissent pas ; ils ne se connaissent pas parce qu’ils ne peuvent pas communiquer ; ils ne peuvent pas communiquer parce qu’ils sont séparés. »

MONTGOMERY, AL – MAY 1956: Civil rights leader Reverend Martin Luther King, Jr. relaxes at home with his wife Coretta and first child Yolanda in May 1956 in Montgomery, Alabama. (Photo by Michael Ochs Archives/Getty Images)

En 1957, Martin Luther King Jr, Ralph Abernathy, Fred Shuttlesworth, Joseph Lowery, et d’autres militants des Droits Civiques fondent la Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.).

Le groupe est créé pour utiliser l’autorité morale et  le pouvoir fédérateur des églises noires afin conduire des protestations non violentes pour servir la réforme des Droits Civiques.

De son côté, un certain Malcolm Little (qui a changé son nom en Malcolm X) décide de soutenir et de s’impliquer dans une organisation terroriste appelée Fruit of Islam. 

Elizabeth Eckford entrant au lycée Little Rock Central, le 4 septembre 1957, accueillie par des cris de haine

Dr. Martin Luther King Jr. serre la main du Vice Président Richard Nixon après leurs échanges sur les problèmes entre Blancs et Noirs dans le Sud. 13 Jun 1957

Le 23 octobre 1957, Martin Luther King Jr et Coretta Scott-King ont un deuxième enfant : Martin Luther King III

Martin Luther King III

 

Martin Luther King Sr., King Jr. et Martin Luther King III

Le 3 septembre 1958, Martin Luther King Jr est arrêté sous les yeux de Coretta Scott-King pour ses activités subversives.

3 sep 1958 – Martin Luther King Jr arrêté devant sa femme

Martin Luther King Jr arrêté le 11 juin 1964

Le 20 septembre 1958, alors qu’il dédicace des exemplaires de son livre Stride Toward Freedom dans le magasin d’Harlem  Blumstein, Martin Luther King Jr échappe de justesse à la mort quand Izola Curry, une femme Afro-Américaine mentalement instable, s’imagine qu’il conspire contre elle avec les communistes et le poignarde à la poitrine avec un coupe-papier.

Tentative d’assassinat. Martin Luther King Jr, un coupe papier planté dans sa poitrine et blessé à la main.

Izola Curry arrêtée après sa tentative de meurtre sur Martin Luther King Jr (Photo By: Pat Candido/NY Daily News via Getty Images)

Après une opération d’urgence réalisée sur place par Aubre de Lambert Maynard, Emil Naclerio et John W. V. Cordice, Martin Luther King Jr est hospitalisé pendant plusieurs semaines.

Martin Luther King Jr hospitalisé après la tentative de meurtre dont il a été la cible

Izola Curry n’est pas jugée inapte à subir un procès, elle sera donc présente au tribunal lors de son jugement.

Martin Luther King Jr déclarera plus tard au sujet de cette tentative de meurtre dont il a été l’objet :

« L’aspect pathétique de cette expérience n’est pas la blessure d’un individu. Il démontre qu’un climat de haine et d’amertume imprègne tellement notre nation que des accès d’extrême violence doivent surgir inévitablement. Aujourd’hui c’est moi. Demain cela pourrait être un autre dirigeant ou n’importe quel homme, femme ou enfant qui sera victime de l’anarchie et de la brutalité. J’espère que cette expérience se révélera socialement constructive en démontrant le besoin urgent de la non-violence pour gouverner les affaires des hommes. »

La famille King s’agrandit. Le 30 janvier 1961, Martin Luther King Jr et Coretta Scott-King ont un 3ème enfant : Dexter Scott King

Yolanda King, Martin Luther King III, et Dexter Scott King

Le 4 mai 1961, un groupe de 13 Afro-américains et des militants pour les Droits Civiques non-Noirs lancent les Freedom Rides, une série de voyages en bus traversant le Sud des Etats-Unis pour protester contre la ségrégation dans les terminaux de bus inter-Etats. Les Freedom Riders, qui font partie du COngress of Racial Equality (CORE), un groupe défendant les Droits Civiques, partent de Washington D.C. et tentent d’intégrer les terminaux de bus en direction du Sud profond. Ils tentent d’utiliser les comptoirs et les toilettes réservés aux Blancs et se heurtent à la violence de manifestants blancs tout au long de leur trajet, mais en même temps, attire le regard international à leur cause.  En quelques mois, plusieurs centaines de Freedom Riders sengagent dans des actions similaires.

De 1962 à sa mort, Martin Luther King Jr est la cible d’une intense campagne menée par le FBI pour le « neutraliser » en tant que leader des Droits Civiques.

Le Bureau reçoit, à l’automne 1963, l’autorisation du Procureur général Robert F. Kennedy, de mettre Martin Luther King Jr sur écoute téléphonique, et en informe John Fitzgerald Kennedy, les deux hommes ayant tenté, en vain, de l’écarter de Stanley Levison qui était impliqué dans le parti communiste des Etats-Unis. Bien que le Procureur autorise par écrit une mise sur écoute limitée de Martin Luther King Jr, et sur une durée d’essai de 3 mois seulement, J. Edgar Hoover (responsable du Bureau Fédéral d’Investigation, à l’époque) étend cette autorisation et donne carte blanche à ses hommes pour trouver dans tous les aspects de la vie de Martin Luther King Jr des preuves de son prétendu communisme. Le bureau place ses écoutes au domicile de Levison et de Martin Luther King Jr, met des micros dans les chambres d’hôtel que Martin Luther King Jr occupe lorsqu’il voyage à travers le pays. En 1967, Hoover classe la Southern Christian Leadership Conference (SCLC) comme « groupe de haine noir nationaliste ». Il ajoute les instructions suivantes : « Aucune occasion ne doit être ratée pour exploiter, par des techniques de contre-espionnage, les conflits organisationnels et personnels des directions des groupes … pour s’assurer que le groupe ciblé soit perturbé, ridiculisé, discrédité ».

Le FBI s’imagine que Levison serait l’agent d’influence sur Martin Luther King, malgré des propres rapports du Bureau qui affirment en 1963 que Levison avait quitté le parti communiste et n’avait plus aucun rapport avec ses membres.

Le FBI reconnaîtra, en 1976, que toute cette intense enquête et cette surveillance effrénée n’avait pas permis de trouver la moindre preuve, le moindre indice, permettant de lier Martin Luther King Jr ou la Southern Christian Leadership Conference (SCLC) avec quelque organisation communiste que ce soit.

Martin Luther King Jr déclare, au cours de son interview, dans le magazine Playboy « Il y a autant de communistes dans le mouvement de la liberté qu’il y a d’Eskimos en Floride ».

After martial law was declared in Montgomery, the National Guard keeps watch over the white waiting room outside the Montgomery bus station on May 22, 1961. (AP PHOTO)

Civil rights leaders hold a news conference in Montgomery, Ala. and announce that the Freedom Rides will continue, May 23, 1961. In the foreground is John Lewis, one of the riders who was beaten. Others, left to right: James Farmer, Rev. Ralph Abernathy and Rev. Martin Luther King. Lewis wears bandage on head. (AP Photo)

The Rev. Martin Luther King Jr., center, African American integration leader, announces that Freedom Riders still plan a bus trip to New Orleans via Mississippi, Tuesday, May 24, 1961, Montgomery, Ala. Left is the Rev. Ralph Abernathy in whose Montgomery home they are shown during the announcement. More riders were reported to be arriving to replace some whose trip ended in a Montgomery bus station race clash a few days before. (AP Photo)

Malcolm X s’intéresse au mouvement des Afro-Américains, même s’il n’en partage pas l’ambition pacifique, qu’il s’oppose à une intégration des Noirs à la société américaine et qu’il prône leur retour en Afrique. Il y voit la naissance d’un mouvement historique qu’il espère pouvoir détourner afin qu’il serve sa cause et l’islamiser.

L’Albany Movement

 

Le 17 novembre 1961, un mouvement anti-ségrégationniste est créé par des  militants d’Albanie, en Géorgie, le Student Nonviolent Coordinating Committee (S.N.C.C.) et la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.). Il s’agit de l’Albany Movement. Il est dirigé par William G. Anderson, un docteur ostéopathe noir local.

 

Martin Luther King Jr, William G. Anderson et rev Ralph Abernathy

William G. Anderson

Martin Luther King intervient afin de faire avancer la situation parce que le Student Nonviolent Coordinating Committee (S.N.C.C.), malgré des actions non-violentes efficaces (occupation de bibliothèques, stations de bus, restaurants réservés aux Blancs, boycotts et manifestations), ne parvient pas à faire bouger les choses parce qu’ils ont, face à eux, un shérif local habile, le shérif Pritchett, qui a recours à des arrestations massives mais sans violence et qu’il réparti les prisonniers à travers tout le comté.

Les manifestations pacifiques de l’Albany Movement contre la ségrégation s’enchaînent… Et les arrestations aussi.

 

A policeman searches a Freedom Rider in the white waiting room of the bus station, May 28, 1961, Jackson, Miss. Eight more Riders were arrested when they failed to heed orders to move on. Seated at right are two more of the group, including one white man. (AP Photo/Ferd Kaufman)

Freedom Riders, who were arrested at a bus station walk to the patrol wagon after their arrest, May 28, 1961, Jackson, Miss. A total of nine were taken to city jail. The group is unidentified. (AP Photo/Ferd Kaufman)

This is a June 8, 1961 Jackson Police Department file booking photograph of Freedom Rider Joan Trumpauer provided by the Mississippi Department of Archives and History from their « Mississippi State Sovereignty Commission Records » Collection. (AP Photo/Mississippi Department of Archives and History, City of Jackson, File)

Arrested for a « breach of the peace, » newly arrived Freedom Riders are loaded into the paddy wagon at the bus station in Jackson, MS, June 29, 1961. Unlike Alabama during the first Freedom Rides, Mississippi adopted a policy of preventing attacks on the riders but arresting them. (AP Photo)

Martin Luther King Jr ne compte rester que quelques jours et se cantonner au rôle de conseiller, mais il est interpellé pendant une manifestation du Student Nonviolent Coordinating Committee.

Martin Luther King Jr refuse de payer la caution tant que la ville ne fait pas de concessions. Le maire de la ville fait semblant d’accepter, mais les accords passés sont violés dès son départ.

En septembre 1961, l’Interstate Commerce Commission (I.C.C.) publie un règlement interdisant la ségrégation dans les stations de bus et de trains dans tout le pays.

En décembre 1961, Martin Luther King Jr et la Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.) participent à l’Abany Movement en manifestant contre les ségrégations raciales.

Martin Luther King Jr est arrêté en juin 1962 et doit passer 45 jours en prisons ou payer 178 $ de caution. Il choisit la prison. 3 jours plus tard, le commissaire de police Laurie Pritchett s’arrange discrètement pour que la caution soit payée et le libère. Martin Luther King Jr déclarera, plus tard, avec humour à son propre sujet « Nous avons vu des gens être virés des cafés … éjectés des églises … et jetés en prison … Mais pour la première fois, nous voyons quelqu’un être viré d’une prison ».

Le King Center révélera des années après, que la personne qui a payé la caution pour libérer Martin Luther King Jr était, en réalité, un chrétien évangéliste répondant au nom de Billy Graham.

Au bout de près d’un an, et peu de résultats tangibles, le mouvement s’essouffle. C’est alors que les groupes violents, racistes et suprématistes noirs, initiés par des Black muslim, « muslim » avant d’être « black » (Malcolm X, Nation of Islam, Fruit of Islam, Black Panthers Party, etc…) faisant passer l’islam avant la cause noire tout en prétendant défendre celle-ci de manière « radicale » parce que violente et exclusive, attirent des Noirs, gagnés par la colère, détournée et instrumentalisée par ces groupes de haine pour qu’elle se change en violence qu’ils légitiment parallèlement. Ces groupes critiquent le pacifisme du Mouvement des Droits Civiques et sa recherche de coexistence, et prônent, à la place, la rupture, la violence et la haine.

Lors d’une manifestation, des jeunes Noirs embarqués dans ces groupes  jettent des pierres sur les policiers : Martin Luther King demande une suspension de toutes les manifestations et un jour de pénitence pour promouvoir la non-violence.

Martin Luther King Jr est, un peu plus tard, à nouveau arrêté. Il est incarcéré pendant deux semaines.

Si la mobilisation de l’Albany movement ne parvient pas encore, dans l’immédiat, à obtenir des résultats, Martin Luther King Jr en tire les enseignements stratégiques :

« L’erreur que je fis était de protester contre la ségrégation en général plutôt que contre une seule de ses facettes distinctes. […] Une victoire de ce type aurait été symbolique et aurait galvanisé notre soutien et notre moral… Quand on planifia notre stratégie pour Birmingham des mois après, nous avons passé de nombreuses heures à évaluer Albany et à essayer d’apprendre de nos erreurs. Notre examen ne nous aida pas seulement à rendre nos futures tactiques plus efficaces, mais révéla aussi qu’Albany était loin d’être un échec total. »

La mobilisation ne cessera pas pour autant et, le printemps suivant, la ville d’Albany annule toutes ses lois ségrégationnistes.

Le 28 mars 1963, Martin Luther King Jr et Coretta Scott-King ont un quatrième enfant : Bernice King.

Bernice King

Dr. Martin Luther King Jr. et Coretta Scott-King, entourés de trois de leurs quatre enfants le 17 mars 1963. De gauche à droite : Martin Luther King III, Dexter Scott, and Yolanda Denise.

 

Martin Luther King Jr, Coretta Scott, et leurs enfants

La Campagne de Birmingham

Dans les années 60, la population de Birmingham est composée en tout de 350 000 personnes (210 000 Blancs (65%) et 123 000 Noirs (35%)), elle maintient par les autorités la plus importante ségrégation raciale de l’ensemble des Etats-Unis, et l’applique dans tous les aspects de la vie aussi bien dans le public que dans le privé. Le niveau de vie moyen des Noirs est inférieur de moitié à celui des Blancs, à poste égal, les salaires des Noirs en comparaison est très inférieur à celui des Blancs. Birmingham n’a aucun policier, pompier, employé de banque, vendeur en magasin ou conducteur, qui soit Noir. Les Afro-Américains sont uniquement employés dans les travaux manuels des aciéries. Le chômage des Noirs est deux fois et demi plus élevé chez les Noirs que chez les Blancs, et seulement 10% des Afro-américains sont inscrits sur les listes électorales. 50 attentats racistes visant les Noirs et non élucidés entre 1945 et 1962 vaut à la ville le surnom de Bombingham. La ville est particulièrement violente envers les Freedom Riders et Les églises noires où les Droits Civiques sont discutés sont les cibles du terrorisme blanc.

Le pasteur Shuttlesworth tente de combattre légalement la ségrégation dans les parcs de la ville mais, comme subterfuge, la ville les ferme complètement. Le domicile et l’église du pasteur sont, dès lors, la cible de nombreux attentats à la bombe. Après une pétition qui a finit à la poubelle d’après le maire lui-même, et après son arrestation en 1962 pour avoir violé les lois ségrégationnistes, le pasteur Shuttlesworth appelle Martin Luther King à la rescousse, en soulignant la place cruciale de Birmingham dans la lutte nationale contre la ségrégation raciale.

En avril 1963 la Southern Christian Leadership Conference (SCLC) entame une campagne contre la ségrégation et l’injustice économique en Alabama, à Birmingham. Cette campagne non-violente, comme toutes celles de la SCLC, consiste, pour les Afro Americains, à occuper les lieux public en faisant des sittings et des marches, transgressant ouvertement les lois racistes qui régnent alors.

Pendant les manifestations, le Département de Police de Birmingham, dirigé par Eugene « Bull » Connor, utilise des jets d’eau à haute pression d’une telle force qu’ils pouvaient déchirer les vêtements ou projeter une jeune femme par-dessus une voiture, et des chiens contre les manifestants, y compris contre les enfants ! Les images du comportement policier ont été diffusées au journal télévisé et ont marqué les esprits, choqué beaucoup de Blancs américains et renforcé les Afro-Américains dans le soutien à la campagne.


Birmingham March

Martin Luther King Jr  est lui-même arrêté le 12 avril 1963. Directement soutenu par John Fitzgerald Kennedy (alors président), par Jacqueline Kennedy et, bien sûr, par sa propre femme Coretta Scott-King, il sort de prison une semaine plus tard

 

Au cour de son incarcération, il écrit, le 16 avril 1963, la Lettre de Birmingham, aujourd’hui devenue célèbre, dans laquelle exprime sa déception face au manque de mobilisation du clergé concernant la lutte contre la ségrégation et il appelle le mouvement à se poursuivre  et se renforcer.

Le 13 mai 1963, Robert Kennedy envoie la Garde nationale pour contenir tout débordement: Deux attentats à la bombe contre un hôtel où avait résidé Martin Luther King Jr et contre la maison de son frère.

Dégâts causés par l’explosion d’une bombe au Gaston Motel le 11 mai 1963, qui servait de lieu de résidence pour Martin Luther King, Jr.

La Marche Vers La Liberté

En juin 1963, Martin Luther King Jr lance la campagne de Détroit « March to Freedom »

Detroit
Discours de Martin Luther King Jr à Détroit, le 23 juin 1963 (AP Photo)

Berry Gordy Jr (directeur de Motown Records, le label de musique noire), Martin Luther King Jr, et sa femme, Coretta Scott-King, réunis pour sortir sur disque vinyle le discours prononcé par Martin Luther King Jr quelques jours plus tôt, à Detroit.

Le 11 juin 1963, le président Kennedy déclare « Cent ans se sont écoulés depuis que le président Lincoln a libéré les esclaves et pourtant leurs héritiers ne sont pas encore libérés des chaînes de l’injustice » . Il promet alors une profonde modification de la législation destinée à mettre un terme à la ségrégation.

Rencontre de Martin Luther King Jr avec Malcolm X (1963). Les deux physiques illustrent parfaitement la différence des deux personnalités.

La Marche de Washington

 

Le 28 août 1963, Martin Luther King Jr organise la Marche de Washington. Cette marche se fait autour de 5 revendications :

  1. La fin de la ségrégation raciale dans les écoles publiques
  2. Une législation significative sur les Droits Civiques (incluant une loi interdisant la discrimination raciale dans le monde du travail)
  3. Une protection des militants des Droits Civiques contre la violence policière
  4. Un salaire minimum de 2 $ de l’heure, pour tous les travailleurs sans distinction
  5. Un gouvernement indépendant pour Washington, D.C., qui dépend alors d’un comité du congrès.

La Marche est phénoménale et mobilise 250 000 personnes. John Fitzgerald Kennedy s’oppose dans un premier temps à la Marche en pensant qu’elle impactera négativement l’adoption de la législation pour les Droits Civiques.

Washington march, août 1963

Les avancées obtenues par la méthode de Martin Luther King Jr prouvent son efficacité, ce qui enrage les suprématistes choisissant la violence et s’opposant toute mixité, comme par exemple Malcolm X qui appelle la Marche de Washington, la « Farce de Washington ».

Malcolm X est quelqu’un qui a été éduqué dans la haine des Blancs. Lui, violent et raciste, ne supporte pas le symbole de coexistence pacifique et amicale entre Blancs et Noirs,  d’intégration des Noirs à la société blanche, etc… qu’incarne Martin Luther King Jr. Il aurait voulu pouvoir lui voler son public, le détourner du mouvement des Droits Civiques pour les orienter dans une autre direction légitimant la tradition ségrégationniste. Métisse, Malcolm X dira à propos de son métissage qu’il « hait chaque goutte de ce sang de violeur » qui coule en lui. D’ailleurs, durant la 2nde guerre mondiale, alors examiné pour son enrôlement dans l’armée, il déclarera, afin de se faire réformer être « impatient de s’organiser avec les autres soldats noirs et mettre la main sur une arme afin de « tuer quelques crackers » « … « Cracker » est le terme raciste américain pour désigner les Blancs.

D’autres Afro-américains racistes critiquent la démarche de Martin Luther King Jr (qu’on se le dise, il dérange !)

Stokely Carmichael représentant le Black Panther Party, critique la revendication de l’intégration sociale de Martin Luther King Jr, la considérant comme une insulte à une culture uniquement afro-américaine.

Omali Yeshitela, du mouvement Uhuru, appelle les Africains à se souvenir l’Histoire de la violente colonisation et à réaliser combien le pouvoir atteignable par l’intégration, mais plutôt par la violence et la force.

Subject: Martin Luther King and on his right is Rabbi Joachim Prinz. March on Washington for Jobs and Freedom. Washington DC August 28, 1963 photographer- 1202322

Washington march
Washington March – (R-L) Rabbi Joachim Prinz, unident., Eugene Carson Blake, Martin Luther King, Floyd McKissick, Matthew Ahmann & John Lewis. (Photo by Robert W. Kelley/Time Life Pictures/Getty Images)

Washington March – August 28, 1963 – Photographer- Francis Miller Time Inc Owned Merlin- 1202292

The Washington March – Photo by Francis Miller/Time & Life Pictures/Getty Images)

28th August 1963: American minister and civil rights leader Dr Martin Luther King Jr (1929 – 1968) waves to the crowd of more than 200,000 people gathered on the Mall during the March on Washington after delivering his ‘I Have a Dream’ speech, Washington, DC. (Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Washington March – August 28, 1963 Photographer- Francis Miller – Time Inc Owned Merlin

Actor Sidney Poitier and Singer Harry Belafonte at Washington March for Jobs and Freedom – Washington DC. August 28, 1963 – Photographer- Francis Miller – Time Inc Owned Merlin

Document audio :

Document vidéo :

Dr. Martin Luther King Jr.
28 août 1963. Lincoln Memorial , à Washington D.C.

« I am happy to join with you today in what will go down in history as the greatest demonstration for freedom in the history of our nation.

Five score years ago, a great American, in whose symbolic shadow we stand today, signed the Emancipation Proclamation.

This momentous decree came as a great beacon light of hope to millions of Negro slaves who had been seared in the flames of withering injustice.

It came as a joyous daybreak to end the long night of their captivity.

But one hundred years later, the Negro still is not free.

One hundred years later, the life of the Negro is still sadly crippled by the manacles of segregation and the chains of discrimination.

One hundred years later, the Negro lives on a lonely island of poverty in the midst of a vast ocean of material prosperity.

One hundred years later, the Negro is still languished in the corners of American society and finds himself an exile in his own land. And so we’ve come here today to dramatize a shameful condition.

In a sense we’ve come to our nation’s capital to cash a check. When the architects of our republic wrote the magnificent words of the Constitution and the Declaration of Independence, they were signing a promissory note to which every American was to fall heir.

This note was a promise that all men, yes, black men as well as white men, would be guaranteed the « unalienable Rights » of « Life, Liberty and the pursuit of Happiness. »

It is obvious today that America has defaulted on this promissory note, insofar as her citizens of color are concerned.

Instead of honoring this sacred obligation, America has given the Negro people a bad check, a check which has come back marked « insufficient funds. »

But we refuse to believe that the bank of justice is bankrupt.

We refuse to believe that there are insufficient funds in the great vaults of opportunity of this nation. And so, we’ve come to cash this check, a check that will give us upon demand the riches of freedom and the security of justice.

We have also come to this hallowed spot to remind America of the fierce urgency of Now.

This is no time to engage in the luxury of cooling off or to take the tranquilizing drug of gradualism.

Now is the time to make real the promises of democracy.

Now is the time to rise from the dark and desolate valley of segregation to the sunlit path of racial justice.

Now is the time to lift our nation from the quicksands of racial injustice to the solid rock of brotherhood.

Now is the time to make justice a reality for all of God’s children.

It would be fatal for the nation to overlook the urgency of the moment. This sweltering summer of the Negro’s legitimate discontent will not pass until there is an invigorating autumn of freedom and equality.

Nineteen sixty-three is not an end, but a beginning. And those who hope that the Negro needed to blow off steam and will now be content will have a rude awakening if the nation returns to business as usual.

And there will be neither rest nor tranquility in America until the Negro is granted his citizenship rights. The whirlwinds of revolt will continue to shake the foundations of our nation until the bright day of justice emerges.

But that is something that I must say to my people, who stand on the warm threshold which leads into the palace of justice: In the process of gaining our rightful place, we must not be guilty of wrongful deeds. Let us not seek to satisfy our thirst for freedom by drinking from the cup of bitterness and hatred.

We must forever conduct our struggle on the high plane of dignity and discipline. We must not allow our creative protest to degenerate into physical violence.

Again and again, we must rise to the majestic heights of meeting physical force with soul force.

The marvelous new militancy which has engulfed the Negro community must not lead us to a distrust of all white people, for many of our white brothers, as evidenced by their presence here today, have come to realize that their destiny is tied up with our destiny.

And they have come to realize that their freedom is inextricably bound to our freedom.

We cannot walk alone.

And as we walk, we must make the pledge that we shall always march ahead.

We cannot turn back.

There are those who are asking the devotees of civil rights, « When will you be satisfied ? »

We can never be satisfied as long as the Negro is the victim of the unspeakable horrors of police brutality.

We can never be satisfied as long as our bodies, heavy with the fatigue of travel, cannot gain lodging in the motels of the highways and the hotels of the cities.

We cannot be satisfied as long as the Negro’s basic mobility is from a smaller ghetto to a larger one.

We can never be satisfied as long as our children are stripped of their self-hood and robbed of their dignity by signs stating: « For Whites Only. »

We cannot be satisfied as long as a Negro in Mississippi cannot vote and a Negro in New York believes he has nothing for which to vote.

No, no, we are not satisfied, and we will not be satisfied until « justice rolls down like waters, and righteousness like a mighty stream. »

I am not unmindful that some of you have come here out of great trials and tribulations.

Some of you have come fresh from narrow jail cells.

And some of you have come from areas where your quest — quest for freedom left you battered by the storms of persecution and staggered by the winds of police brutality.

You have been the veterans of creative suffering. Continue to work with the faith that unearned suffering is redemptive.

Go back to Mississippi, go back to Alabama, go back to South Carolina, go back to Georgia, go back to Louisiana, go back to the slums and ghettos of our northern cities, knowing that somehow this situation can and will be changed.

Let us not wallow in the valley of despair, I say to you today, my friends.

And so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream.

It is a dream deeply rooted in the American dream.

I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: « We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal. »

I have a dream that one day on the red hills of Georgia, the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood.

I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.

I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.

I have a dream today !

I have a dream that one day, down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of « interposition » and « nullification » — one day right there in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.

I have a dream today!

I have a dream that one day every valley shall be exalted, and every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight; « and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together. »

This is our hope, and this is the faith that I go back to the South with.

With this faith, we will be able to hew out of the mountain of despair a stone of hope.

With this faith, we will be able to transform the jangling discords of our nation into a beautiful symphony of brotherhood.

With this faith, we will be able to work together, to pray together, to struggle together, to go to jail together, to stand up for freedom together, knowing that we will be free one day.

And this will be the day — this will be the day when all of God’s children will be able to sing with new meaning:

My country ’tis of thee, sweet land of liberty, of thee I sing.

Land where my fathers died, land of the Pilgrim’s pride,

From every mountainside, let freedom ring !

And if America is to be a great nation, this must become true.

And so let freedom ring from the prodigious hilltops of New Hampshire.

Let freedom ring from the mighty mountains of New York.

Let freedom ring from the heightening Alleghenies of Pennsylvania.

Let freedom ring from the snow-capped Rockies of Colorado.

Let freedom ring from the curvaceous slopes of California.

But not only that:

Let freedom ring from Stone Mountain of Georgia.

Let freedom ring from Lookout Mountain of Tennessee.

Let freedom ring from every hill and molehill of Mississippi.

From every mountainside, let freedom ring. And when this happens, and when we allow freedom ring, when we let it ring from every village and every hamlet, from every state and every city, we will be able to speed up that day when all of God’s children, black men and white men, Jews and Gentiles, Protestants and Catholics, will be able to join hands and sing in the words of the old Negro spiritual:

Free at last! Free at last!

Thank God Almighty, we are free at last!« 

Peu après le discours de Martin Luther King Jr « I Have A Dream », John Edgar Hoover, responsable du F.B.I, déclare, en parlant Martin Luther King Jr, qu’ « il est le leader noir le plus dangereux du pays » et qu’il coopère « sciemment, volontairement et régulièrement et prend conseil auprès des communistes » et pour tenter de démontrer que Martin Luther King Jr est un communiste, il affirme que les Noirs dans le Sud étaient très heureux de leurs conditions mais qu’ils ont été manipulés par des communistes  ou des agitateurs extérieurs.

Le dimanche 15 septembre 1963, Ku Klux Klan commet un attentat à la bombe contre l’église baptiste de la 16ème rue, au moment de la prière. Il tue quatre jeunes filles noires et blesse 22 enfants.

L’attaque soulève l’indignation nationale et renforce le mouvement des Droits Civiques.

En novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy est assassiné.

Malcolm X déclare que la violence que Kennedy n’a pas pu arrêter se retournait, maintenant, contre lui, ajoutant « les poulets qui reviennent au perchoir ne me rendent jamais triste, ils me rendent seulement heureux » (une façon grossière et maladroite de faire une métaphore signifiant en gros, « C’est un juste retour des choses ! Bien fait pour lui ! »).

Il dira au sujet des élections « Nous allons être forcés d’employer le vote ou la balle. Je ne me considère même pas comme un Américain. Je ne suis pas un Américain. Je suis l’une de vingt-deux millions de personnes noires qui sont les victimes de l’américanisme. Il y aura des cocktails Molotov ce mois-ci, des grenades à main le mois prochain, et autre chose le mois suivant. Ce sera la liberté, ou ce sera la mort ».

 

St. Augustine, Civil Rights Act et prix Nobel de la paix

18 jan 1964 – Martin Luther King Jr., Pres. Lyndon B. Johnson, Whitney Young, et James Farmer discutant des Droits Civiques dans le bureau oval de la Maison Blanche (Washington, D.C)

Le F.B.I. envoie à Martin Luther King Jr des lettres de menaces anonymes dont une lettre suicide le menaçant de « tout dévoiler » s’il ne fait pas ce qu’elle dit.  

« Le public américain, les organisations religieuses qui t’ont aidé (protestantes, catholiques et juives), ainsi que tous ceux qui t’ont soutenu, te découvriront tel que tu es : une créature maléfique.   Tu es foutu, King. Il ne te reste qu’une chose à faire. Tu sais ce que c’est. Tu as seulement 34 jours pour le faire. Tu es foutu. Il n’y a qu’une issue pour toi. Tu ferais mieux de la prendre avant que ton toi crasseux et frauduleux ne soit montré à la nation ».

En dépit de l’arrêt de la Cour Suprême prononcé en 1954, dans l’affaire Brown v. Board of Education et qui déclare la ségrégation raciale inconstitutionnelle dans les écoles publiques, seuls 6 enfants noirs sont admis dans les écoles blanches de Saint Augustine, en Floride.

Les ségrégationnistes blancs brûlent les maisons de deux familles de ces enfants et d’autres familles sont contraintes de quitter la région parce que les parents sont licenciés de leur emploi et qu’aucun autre emploi ne leur est offert.

De son côté, le 12 mars 1964, il crée sa propre organisation « The Muslim Mosque Incorportated » (comme s’il pouvait exister des mosquées juives, des mosquées chrétiennes ou des mosquées bouddhistes ! C’est fou ce qu’il est malin, ce type !)

 Le lendemain, il s’envole pour la Mecque où change son nom, celui de sa femme et de ses enfants. Il prend le nom musulman de El-Hajj Malek El-Shabazz (الحاجّ مالك الشباز) et sa femme et ses enfants porteront dorénavant le nom d’El-Shabazz.

En mai et juin 1964, Martin Luther King Jr et d’autres dirigeants du mouvement pour les Droits Civiques organisent une Marche de nuit à proximité de l’ancien marché aux esclaves en réaction aux maisons brûlées des deux familles et des conséquences de cet attentat sur les deux familles qui y vivaient.

Les marcheurs sont attaqués par des ségrégationnistes blancs, ce qui débouche sur l’arrestation… des marcheurs !

Les prisons étant trop petites, c’est en plein soleil que sont parqués pendant des jours entiers les marcheurs arrêtés. Certains d’entre eux sont jetés à la mer par les policiers et les ségrégationnistes. Ils essaient de rejoindre la côte mais les plages d’Anastasia Island sont réservées aux Blancs. Épuises, ils  manquent de se noyer.

Un groupe de manifestants noirs et blancs se jettent dans la piscine interdite aux Noirs du motel Monson. Des photos d’un policier plongeant pour arrêter un Noir et du propriétaire du motel versant des bouteilles d’acide dans la piscine sur les baigneurs font le tour du monde et sont même utilisées par les Etats communistes pour discréditer le discours libéral des Etats-Unis.



La situation révoltante déclenche une vague de sympathie nationale qui favorise l’adoption du Civil Rights Act, le 2 juillet 1964.

Le 10 décembre 1964, Martin Luther King Jr reçoit le prix Nobel

In this Dec. 10, 1964, file photo, U.S. civil rights leader Rev. Dr. Martin Luther King receives the Nobel Peace Prize from Gunnar Jahn, chairman of the Nobel Committee, in Oslo, Norway. (AP Photo, File)

Hotel Albert à Selma, en Alabama, le 18 janvier 1965

Un suprématiste blanc attaque Martin Luther King Jr

Le 27 janvier 1965, Dr. Martin Luther King Jr., reçoit, des main du Rabbi Jacob Rothschild de la Synagogue du Temple, à Atlanta, un bol de verre avec une inscription « Dr Matin Luther King Jr, Citizen of Atlanta. With Respect and Admiration »

Répondant à l’appel de James Bevel pour une Marche de Selma à Montgomery pour le droit de vote en Alabama. Martin Luther King Jr, James Bevel et la Southern Christian Leadership Conference, avec une participation partielle du Student Nonviolent Coordinating Committee, tentent d’organiser la Marche jusqu’à la capitale de l’Etat. La première tentative, qui a lieu le 7 mars 1965, est avortée à cause d’une contre-manifestation et de la violence policière contre les manifestants. Ce jour est connu sous le nom de Bloody Sunday

Martin Luther King Jr est une nouvelle fois arrêté. A sa libération, c’est un accueil chaleureux qui l’attend.

Dr. Martin Luther King Jr. reçoit un chaleureux accueil à Marion, en Alabama, le 5 février 1965 pendant une visite après avoir été libéré de prison près de Selma

La Marche de Selma à Montgomery

Le 25 mars 1965 a lieu la grande Marche de Selma à Montgomery à la tête de laquelle se trouve Martin Luther King Jr et qui dénonce notamment le Bloody Sunday et exige le droit de vote pour les Noirs dans tous les Etats.

Martin Luther King Jr et d’autres Freedom Riders, priant

Selma march
Selma Montgomery march

Selma march
Selma to Montgomery march 1965


Selma Montgomery march

A la fin de la Marche de Selma à Montgomery, Martin Luther King Jr fait un discours qui est connu sous le nom de « How long, not long » devant 25 000 personnes.

MONTGOMERY, AL – MARCH 25: Dr. Martin Luther King, Jr. speaking before crowd of 25,000 Selma To Montgomery, Alabama civil rights marchers, in front of Montgomery, Alabama state capital building. On March 25, 1965 in Montgomery, Alabama. (Photo by Stephen F. Somerstein/Getty Images)

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Contre la guerre au Vietnam

En 1965, Martin Luther King Jr prend position contre la guerre au Vietnam. Il condamne l’intervention militaire U.S. au Vietnam et dit que le pays a besoin d’un changement moral.

« Une vraie révolution des valeurs regarderait bientôt d’une manière honteuse les contrastes frappants entre la pauvreté et la richesse. Avec une indignation justifiée, elle regarderait au-delà des mers et verrait les capitalistes individualistes de l’Ouest investissant d’énormes sommes d’argent en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, juste pour faire des profits et sans aucune préoccupation pour les améliorations sociales dans ces pays, elle dirait : « Ce n’est pas juste » ».

Il considère incompatible la guerre lancée par les Etats-Unis au Vietnam et les objectifs de « guerre contre la pauvreté » promise par Lyndon Baines Johnson lors de son discours de 1964 sur l’état de l’Union. Suite à ces propos, de nombreux médias se dressent contre Martin Luther King Jr. . Le Time, par exemple, dénonce « une calomnie démagogique qui ressemblait à un script de Radio Hanoi ».

Le discours s’accorde avec la toute récente évolution de la vision politique de Martin Luther King Jr. Ce changement est la conséquence de son affiliation au Highlander Research and Education Center, un centre progressiste sur les questions sociales qui revendique la participation démocratique, la justice économique, avec une attention toute particulière sur la jeunesse, les immigrants d’Amérique latine aux Etats-Unis, les Afro-Américains, les L.G.B.T. et les populations pauvres.

Malgré le fait que Martin Luther King Jr commence à évoquer la nécessité absolue de changements fondamentaux dans la vie politique et économique du pays, ses allocutions publiques restent discrètes sur le sujet afin d’éviter d’être étiqueté « communiste » par ses détracteurs. Car ce n’est pas du tout ce qu’il est. Il se réclame du socialisme démocratique et rejette le communisme à cause « de son totalitarisme politique, son relativisme ethnique et son interprétation matérialiste de l’Histoire qui interdit la religion ».

La Campagne de Chicago 

Après le succès de la lutte constaté dans le Sud, Martin Luther King Jr et des organisations de défense des Droits Civiques décident de l’étendre au Nord en 1966. La ville de Chicago devient la première étape. Tous déménagent dans les bidonvilles de Chicago en solidarité avec les populations très pauvres.

Badge de la campagne de Martin Luther King Jr contre la pauvreté, en français « Nous nous mobilisons pour mettre fin aux bidonvilles »

La Southern Christian Leadership Conférence (S.C.L.C.) conclut une alliance avec le Coordinating Council of Community Organizations (C.C.C.O.) et le Chicago Freedom Movement (C.F.M.)

Des tests sont effectués dans les agences immobilières dévoilant que la sélection des couples postulant pour un logement ne se base absolument pas sur leurs revenus, le parcours, le nombre d’enfants et autres caractéristiques socio-économiques mais sont bien discriminatoires sur la couleur de la peau des candidats.

De nombreuses marches sont organisées à Chicago où l’accueil sera « pire que dans le Sud », d’après ce qu’écrira plus tard Abernathy. Les marcheurs sont accueillis par des jets de bouteilles et des cris de haine. Martin Luther King Jr. et Abernathy craignent de déclencher une émeute. Les Marches sont tellement menacées que Martin Luther King d »cidera de faire une toute nouvelle marche qu’il appellera La Marche Contre La Peur (March Against Fear)

Tentative d’assassinat de Martin Luther King Jr. Le coup de feu le rate.


March Against Fear (La Marche Contre La Peur)

 

Le 6 juin 1966, Martin Luther King Jr entame une marche dans le Mississippi qu’il appelle March Against Fear.

June 1966, Philadelphia, Mississippi, USA — Martin Luther King Jr. and Stokely Carmichael walk together as the March Against Fear walks through the town of Philadelphia. The march went to Philadelphia to protest the unsolved murders of three civil rights workers in 1964. — Image by © Flip Schulke/CORBIS

L’autre soucis que rencontre le mouvement, c’est la duplicité des autorités de la ville. Pour répondre aux revendications de Martin Luther King Jr sur l’intégration des Noirs dans certains quartiers comme celui de Chicago Lawn, le Maire de Chicago, Richard Daley, organise une « conférence au sommet ». Au cours de cette conférence, il signe un accord avec Martin Luther King Jr et Ralph Abernathy pour mettre un terme aux discriminations sur le logement. Seulement, problème : il s’avère que l’accord n’a aucune portée légale et est, par la suite, complètement ignoré par la mairie.

Ralph Abernathy ne tient plus. Les conditions de vie dans le bidonville où ils se sont installés sont trop dures. Il choisit alors de déménager discrètement, mais Martin Luther King Jr, lui, reste, ainsi que Coretta Scott-King et leurs enfants, dans le bidonville. Il décide d’écrire sur les très dures conditions qui caractérisent la vie dans ces bidonvilles.

A la fin de leur séjour, Martin Luther King Jr et ses compagnons de lutte retournent chez eux. Tous sauf Jesse Jackson qui décide, lui, de rester. Il organise les premiers boycotts réussis pour le droit à l’accès aux mêmes emplois que les Blancs. Son action sera couronnée de succès et débouchera, dans les années 70, sur le « programme d’opportunités égales ».

Poor People’s Campaign  (la Campagne des Pauvres)

L’équipe de la Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.) se réunit en novembre 1967 pour parler de la nouvelle législation, des émeutes raciales et de l’apparition du Black Power. Ensemble, ils décident alors d’organiser la Poor People’s Campaign (la Campagne des Pauvres) afin de revendiquer la justice sociale. Martin Luther King Jr la définit comme étant la « seconde phase dans le Mouvement des Droits Civiques ». Cette campagne a pour objectif de combattre la pauvreté où qu’elle soit, et élargit son champ d’action au-delà de la population noire.

Martin Luther King Jr le précise d’emblée « Ce ne doit pas être seulement les gens noirs, mais tous les pauvres. Nous devons inclure les Amérindiens, les Porto ricains, les Mexicains, et même les Blancs pauvres. »

Cet élargissement ne plaît pas à tout le monde, parmi les dirigeants du Mouvement des Droits Civiques. Bayard Rustin, par exemple, et d’autres, lui reprochent des objectifs trop larges, des revendications irréalisables, voire irréalistes, et affirment que cela risquera d’accentuer la répression contre les pauvres, et les Noirs. 

Martin Luther King Jr parcourt le pays en long, en large et en travers pour lever une « armée multiraciale des pauvres » et les conduirait jusqu’au capitole (Washington) afin d’engager une désobéissance civile pacifique jusqu’à ce que le congrès accepte de signer une Déclaration des Droits de l’Homme du Pauvre.

Cette « déclaration des pauvres » exige un programme d’emplois gouvernementaux afin de reconstruire les villes américaines. Martin Luther King Jr considère qu’il est impératif d’aller à la rencontre du congrès, celui-ci ayant fait preuve d’ « hostilité envers les pauvres » en « distribuant généreusement des fonds à l’armée » mais en traitant les « pauvres avec avarice ».

**FILE – FOR USE AS DESIRED** The Rev. Dr. Martin Luther King Jr. gestures and shouts to his congregation in Ebenezer Baptist Church in Atlanta, Ga. in this April 30, 1967 file photo. (AP Photo) NY210 ( / The Associated Press)

Martin Luther King Jr se rend fin mars à Memphis, dans le Tennessee afin de soutenir les éboueurs noirs qui sont en grève depuis le 12 mars, réclamant un meilleur salaire et un traitement égal à celui des Blancs. En effet, un travailleur noir est payé 1,70 $ de l’heure et n’est pas payé du tout quand il ne peut pas aller travailler pour des raisons climatiques alors qu’un travailleur blanc est mieux payé et continue d’être payé quand il ne peut pas aller travailler pour des raisons climatiques. Comme à chaque fois, des violences éclatent autour des marches pacifiques et un jeune noir est assassiné.

Le 3 avril 1968, Martin Luther King Jr se rend au Mason Temple pour y prononcer un discours qui sera connu sous le nom de  « I’ve Been to the Mountaintop » (« J’ai été au sommet de la montagne ») (une référence directe à Moshé rabbénou (Moïse) qui guidait les enfants d’Israël et qui est monté au Har Sinaï (le Mont Sinaï))… Mais en même temps son discours a quelque chose de plus métaphorique et presque prophétique concernant son avenir proche, puisqu’il y fait un récapitulatif de chacune de ses campagnes de 1960 à 1968 et conclut son discours par :

« Well, I don’t know what will happen now;
we’ve got some difficult days ahead.
But it really doesn’t matter to with me now, because I’ve been to the mountaintop.
And I don’t mind. Like anybody, I would like to live a long life–longevity has its place. But I’m not concerned about that now.
I just want to do God’s will.
And He’s allowed me to go up to the mountain.
And I’ve looked over, and I’ve seen the Promised Land.
I may not get there with you. But I want you to know tonight, that we, as a people, will get to the Promised Land.
And so I’m happy tonight;
I’m not worried about anything; I’m not fearing any man.
Mine eyes have seen the glory of the coming of the Lord. »

Traduction :

« Et bien, je ne sais pas ce qu’il va se passer maintenant;
Nous avons des temps difficiles devant nous.
Mais ça n’a plus beaucoup d’importance pour moi maintenant, parce que j’ai été au sommet de la montagne.
Et cela m’est égal. Comme tout le monde, j’aimerais vivre une longue vie, la longévité a sa place. Mais je ne me préoccupe pas de cela maintenant.
Je veux juste faire la volonté de Dieu.
Et Il m’a autorisé à monter au sommet de la montagne.
Et j’ai regardé, et j’ai vu la Terre Promise.
Je ne serai peut-être pas là-bas avec vous. Mais je veux que vous sachiez ce soir que nous, en tant que peuple, nous irons en Terre Promise.
Et je suis si heureux ce soir;
Je ne m’inquiète de rien; je n’ai peur de personne.
Mes propres yeux ont vu la gloire de la venue de Dieu ».

Le sommet de la montagne dont Martin Luther King Jr parle peut évoquer le sommet de sa gloire et de sa notoriété (ce qui cadre plutôt bien avec son récapitulatif des différentes campagnes qu’il a menées depuis 1956 (Montgomery, celle qui a suivit l’arrestation de Rosa Parks) jusqu’à 1968 et son soutien aux pauvres) et la terre promise, l’objectif à atteindre de liberté et d’égalité.

Dr. Martin Luther King Jr.
3 avril 1968. Mason Temple, à Memphis, Tennessee

« Thank you very kindly, my friends.

As I listened to Ralph Abernathy and his eloquent and generous introduction and then thought about myself, I wondered who he was talking about.

It’s always good to have your closest friend and associate to say something good about you.

And Ralph Abernathy is the best friend that I have in the world.

I’m delighted to see each of you here tonight in spite of a storm warning.

You reveal that you are determined to go on anyhow.

Something is happening in Memphis; something is happening in our world.

And you know, if I were standing at the beginning of time, with the possibility of taking a kind of general and panoramic view of the whole of human history up to now, and the Almighty said to me, « Martin Luther King, which age would you like to live in? »

I would take my mental flight by Egypt and I would watch God’s children in their magnificent trek from the dark dungeons of Egypt through, or rather across the Red Sea, through the wilderness on toward the promised land.

And in spite of its magnificence, I wouldn’t stop there.

I would move on by Greece and take my mind to Mount Olympus.

And I would see Plato, Aristotle, Socrates, Euripides and Aristophanes assembled around the Parthenon.

And I would watch them around the Parthenon as they discussed the great and eternal issues of reality. But I wouldn’t stop there.

I would go on, even to the great heyday of the Roman Empire.

And I would see developments around there, through various emperors and leaders. But I wouldn’t stop there.

I would even come up to the day of the Renaissance, and get a quick picture of all that the Renaissance did for the cultural and aesthetic life of man. But I wouldn’t stop there !

I would even go by the way that the man for whom I am named had his habitat.

And I would watch Martin Luther as he tacked his ninety-five theses on the door at the church of Wittenberg. But I wouldn’t stop there.

I would come on up even to 1863, and watch a vacillating President by the name of Abraham Lincoln finally come to the conclusion that he had to sign the Emancipation Proclamation. But I wouldn’t stop there.

I would even come up to the early thirties, and see a man grappling with the problems of the bankruptcy of his nation.

And come with an eloquent cry that we have nothing to fear but « fear itself. » But I wouldn’t stop there.

Strangely enough, I would turn to the Almighty, and say, « If you allow me to live just a few years in the second half of the 20th century, I will be happy. »

Now that’s a strange statement to make, because the world is all messed up.

The nation is sick.

Trouble is in the land; confusion all around. That’s a strange statement.

But I know, somehow, that only when it is dark enough can you see the stars.

And I see God working in this period of the twentieth century in a way that men, in some strange way, are responding.

Something is happening in our world. The masses of people are rising up.

And wherever they are assembled today, whether they are in Johannesburg, South Africa, Nairobi, Kenya; Accra, Ghana, New York City; Atlanta, Georgia; Jackson, Mississippi; or Memphis, Tennessee — the cry is always the same: « We want to be free. »

And another reason that I’m happy to live in this period is that we have been forced to a point where we are going to have to grapple with the problems that men have been trying to grapple with through history, but the demands didn’t force them to do it.

Survival demands that we grapple with them.

Men, for years now, have been talking about war and peace. But now, no longer can they just talk about it. It is no longer a choice between violence and nonviolence in this world; it’s nonviolence or nonexistence. That is where we are today.

And also in the human rights revolution, if something isn’t done, and done in a hurry, to bring the colored peoples of the world out of their long years of poverty, their long years of hurt and neglect, the whole world is doomed. Now, I’m just happy that God has allowed me to live in this period to see what is unfolding. And I’m happy that He’s allowed me to be in Memphis.

I can remember — I can remember when Negroes were just going around as Ralph has said, so often, scratching where they didn’t itch, and laughing when they were not tickled. But that day is all over.

We mean business now, and we are determined to gain our rightful place in God’s world.

And that’s all this whole thing is about. We aren’t engaged in any negative protest and in any negative arguments with anybody. We are saying that we are determined to be men. We are determined to be people.

We are saying — We are saying that we are God’s children. And that we are God’s children, we don’t have to live like we are forced to live.

Now, what does all of this mean in this great period of history? It means that we’ve got to stay together.

We’ve got to stay together and maintain unity. You know, whenever Pharaoh wanted to prolong the period of slavery in Egypt, he had a favorite, favorite formula for doing it. What was that? He kept the slaves fighting among themselves.

But whenever the slaves get together, something happens in Pharaoh’s court, and he cannot hold the slaves in slavery. When the slaves get together, that’s the beginning of getting out of slavery.

Now let us maintain unity.

Secondly, let us keep the issues where they are.

The issue is injustice.

The issue is the refusal of Memphis to be fair and honest in its dealings with its public servants, who happen to be sanitation workers.

Now, we’ve got to keep attention on that. That’s always the problem with a little violence.

You know what happened the other day, and the press dealt only with the window-breaking.

I read the articles. They very seldom got around to mentioning the fact that one thousand, three hundred sanitation workers are on strike, and that Memphis is not being fair to them, and that Mayor Loeb is in dire need of a doctor. They didn’t get around to that.

Now we’re going to march again, and we’ve got to march again, in order to put the issue where it is supposed to be

and force everybody to see that there are thirteen hundred of God’s children here suffering, sometimes going hungry, going through dark and dreary nights wondering how this thing is going to come out. That’s the issue.

And we’ve got to say to the nation: We know how it’s coming out.

For when people get caught up with that which is right and they are willing to sacrifice for it, there is no stopping point short of victory.

We aren’t going to let any mace stop us.

We are masters in our nonviolent movement in disarming police forces; they don’t know what to do. I’ve seen them so often. I remember in Birmingham, Alabama, when we were in that majestic struggle there, we would move out of the 16th Street Baptist Church day after day; by the hundreds we would move out. And Bull Connor would tell them to send the dogs forth, and they did come; but we just went before the dogs singing, « Ain’t gonna let nobody turn me around. »

Bull Connor next would say, « Turn the fire hoses on. » And as I said to you the other night, Bull Connor didn’t know history. He knew a kind of physics that somehow didn’t relate to the transphysics that we knew about. And that was the fact that there was a certain kind of fire that no water could put out.

And we went before the fire hoses; we had known water. If we were Baptist or some other denominations, we had been immersed. If we were Methodist, and some others, we had been sprinkled, but we knew water. That couldn’t stop us.

And we just went on before the dogs and we would look at them; and we’d go on before the water hoses and we would look at it, and we’d just go on singing « Over my head I see freedom in the air. »

And then we would be thrown in the paddy wagons, and sometimes we were stacked in there like sardines in a can.

And they would throw us in, and old Bull would say, « Take ’em off, » and they did; and we would just go in the paddy wagon singing, « We Shall Overcome. »

And every now and then we’d get in jail, and we’d see the jailers looking through the windows being moved by our prayers, and being moved by our words and our songs.

And there was a power there which Bull Connor couldn’t adjust to; and so we ended up transforming Bull into a steer, and we won our struggle in Birmingham.

Now we’ve got to go on in Memphis just like that. I call upon you to be with us when we go out Monday.

Now about injunctions: We have an injunction and we’re going into court tomorrow morning to fight this illegal, unconstitutional injunction.

All we say to America is, « Be true to what you said on paper. »

If I lived in China or even Russia, or any totalitarian country, maybe I could understand some of these illegal injunctions.

Maybe I could understand the denial of certain basic First Amendment privileges, because they hadn’t committed themselves to that over there.

But somewhere I read of the freedom of assembly.

Somewhere I read of the freedom of speech.

Somewhere I read of the freedom of press.

Somewhere I read that the greatness of America is the right to protest for right.

And so just as I say, we aren’t going to let dogs or water hoses turn us around, we aren’t going to let any injunction turn us around.

We are going on.

We need all of you.

And you know what’s beautiful to me is to see all of these ministers of the Gospel.

It’s a marvelous picture.

Who is it that is supposed to articulate the longings and aspirations of the people more than the preacher?

Somehow the preacher must have a kind of fire shut up in his bones. And whenever injustice is around he must tell it.

Somehow the preacher must be an Amos, and saith, « When God speaks who can but prophesy? » Again with Amos, « Let justice roll down like waters and righteousness like a mighty stream. »

Somehow the preacher must say with Jesus, « The Spirit of the Lord is upon me, because he hath anointed me, » and he’s anointed me to deal with the problems of the poor. »

And I want to commend the preachers, under the leadership of these noble men: James Lawson, one who has been in this struggle for many years; he’s been to jail for struggling; he’s been kicked out of Vanderbilt University for this struggle, but he’s still going on, fighting for the rights of his people.

Reverend Ralph Jackson, Billy Kiles; I could just go right on down the list, but time will not permit. But I want to thank all of them.

And I want you to thank, because so often, preachers aren’t concerned about anything but themselves.

And I’m always happy to see a relevant ministry.

It’s all right to talk about « long white robes over yonder, » in all of its symbolism.

But ultimately people want some suits and dresses and shoes to wear down here!

It’s all right to talk about « streets flowing with milk and honey, » but God has commanded us to be concerned about the slums down here, and his children who can’t eat three square meals a day.

It’s all right to talk about the new Jerusalem, but one day, God’s preacher must talk about the new New York, the new Atlanta, the new Philadelphia, the new Los Angeles, the new Memphis, Tennessee.

This is what we have to do.

Now the other thing we’ll have to do is this: Always anchor our external direct action with the power of economic withdrawal.

Now, we are poor people.

Individually, we are poor when you compare us with white society in America.

We are poor.

Never stop and forget that collectively, that means all of us together, collectively we are richer than all the nations in the world, with the exception of nine.

Did you ever think about that?

After you leave the United States, Soviet Russia, Great Britain, West Germany, France, and I could name the others, the American Negro collectively is richer than most nations of the world.

We have an annual income of more than thirty billion dollars a year, which is more than all of the exports of the United States, and more than the national budget of Canada. Did you know that? That’s power right there, if we know how to pool it.

We don’t have to argue with anybody. We don’t have to curse and go around acting bad with our words.

We don’t need any bricks and bottles. We don’t need any Molotov cocktails. We just need to go around to these stores, and to these massive industries in our country, and say, « God sent us by here, to say to you that you’re not treating his children right.

And we’ve come by here to ask you to make the first item on your agenda fair treatment, where God’s children are concerned.

Now, if you are not prepared to do that, we do have an agenda that we must follow.

And our agenda calls for withdrawing economic support from you. »

And so, as a result of this, we are asking you tonight, to go out and tell your neighbors not to buy Coca-Cola in Memphis.

Go by and tell them not to buy Sealtest milk.

Tell them not to buy — what is the other bread? — Wonder Bread.

And what is the other bread company, Jesse?

Tell them not to buy Hart’s bread.

As Jesse Jackson has said, up to now, only the garbage men have been feeling pain; now we must kind of redistribute the pain.

We are choosing these companies because they haven’t been fair in their hiring policies; and we are choosing them because they can begin the process of saying they are going to support the needs and the rights of these men who are on strike. And then they can move on town — downtown and tell Mayor Loeb to do what is right.

But not only that, we’ve got to strengthen black institutions.

I call upon you to take your money out of the banks downtown and deposit your money in Tri-State Bank.

We want a « bank-in » movement in Memphis.

Go by the savings and loan association. I’m not asking you something that we don’t do ourselves at SCLC.

Judge Hooks and others will tell you that we have an account here in the savings and loan association from the Southern Christian Leadership Conference.

We are telling you to follow what we are doing. Put your money there.

You have six or seven black insurance companies here in the city of Memphis. Take out your insurance there. We want to have an « insurance-in. »

Now these are some practical things that we can do. We begin the process of building a greater economic base. And at the same time, we are putting pressure where it really hurts. I ask you to follow through here.

Now, let me say as I move to my conclusion that we’ve got to give ourselves to this struggle until the end.

Nothing would be more tragic than to stop at this point in Memphis.

We’ve got to see it through.

And when we have our march, you need to be there. If it means leaving work, if it means leaving school — be there.

Be concerned about your brother. You may not be on strike.

But either we go up together, or we go down together.

Let us develop a kind of dangerous unselfishness.

One day a man came to Jesus, and he wanted to raise some questions about some vital matters of life.

At points he wanted to trick Jesus, and show him that he knew a little more than Jesus knew and throw him off base….

Now that question could have easily ended up in a philosophical and theological debate.

But Jesus immediately pulled that question from mid-air, and placed it on a dangerous curve between Jerusalem and Jericho.

And he talked about a certain man, who fell among thieves.

You remember that a Levite and a priest passed by on the other side. They didn’t stop to help him.

And finally a man of another race came by. He got down from his beast, decided not to be compassionate by proxy.

But he got down with him, administered first aid, and helped the man in need. Jesus ended up saying, this was the good man, this was the great man, because he had the capacity to project the « I » into the « thou, » and to be concerned about his brother.

Now you know, we use our imagination a great deal to try to determine why the priest and the Levite didn’t stop.

At times we say they were busy going to a church meeting, an ecclesiastical gathering, and they had to get on down to Jerusalem so they wouldn’t be late for their meeting.

At other times we would speculate that there was a religious law that « One who was engaged in religious ceremonials was not to touch a human body twenty-four hours before the ceremony. »

And every now and then we begin to wonder whether maybe they were not going down to Jerusalem — or down to Jericho, rather to organize a « Jericho Road Improvement Association. »

That’s a possibility. Maybe they felt that it was better to deal with the problem from the causal root, rather than to get bogged down with an individual effect.

But I’m going to tell you what my imagination tells me.

It’s possible that those men were afraid.

You see, the Jericho road is a dangerous road. I remember when Mrs. King and I were first in Jerusalem.

We rented a car and drove from Jerusalem down to Jericho.

And as soon as we got on that road, I said to my wife, « I can see why Jesus used this as the setting for his parable. »

It’s a winding, meandering road.

It’s really conducive for ambushing. You start out in Jerusalem, which is about 1200 miles — or rather 1200 feet above sea level.

And by the time you get down to Jericho, fifteen or twenty minutes later, you’re about 2200 feet below sea level. That’s a dangerous road.

In the days of Jesus it came to be known as the « Bloody Pass. » And you know, it’s possible that the priest and the Levite looked over that man on the ground and wondered if the robbers were still around.

Or it’s possible that they felt that the man on the ground was merely faking.

And he was acting like he had been robbed and hurt, in order to seize them over there, lure them there for quick and easy seizure.

And so the first question that the priest asked — the first question that the Levite asked was, « If I stop to help this man, what will happen to me? » But then the Good Samaritan came by. And he reversed the question: « If I do not stop to help this man, what will happen to him? »

That’s the question before you tonight.

Not, « If I stop to help the sanitation workers, what will happen to my job.

Not, « If I stop to help the sanitation workers what will happen to all of the hours that I usually spend in my office every day and every week as a pastor? »

The question is not, « If I stop to help this man in need, what will happen to me? »

The question is, « If I do not stop to help the sanitation workers, what will happen to them? »

That’s the question.

Let us rise up tonight with a greater readiness.

Let us stand with a greater determination.

And let us move on in these powerful days, these days of challenge to make America what it ought to be.

We have an opportunity to make America a better nation.

And I want to thank God, once more, for allowing me to be here with you.

You know, several years ago, I was in New York City autographing the first book that I had written.

And while sitting there autographing books, a demented black woman came up.

The only question I heard from her was, « Are you Martin Luther King? » And I was looking down writing, and I said, « Yes. »

And the next minute I felt something beating on my chest.

Before I knew it I had been stabbed by this demented woman, I was rushed to Harlem Hospital.

It was a dark Saturday afternoon.

And that blade had gone through, and the X-rays revealed that the tip of the blade was on the edge of my aorta, the main artery.

And once that’s punctured, your drowned in your own blood — that’s the end of you.

It came out in the New York Times the next morning, that if I had merely sneezed, I would have died.

Well, about four days later, they allowed me, after the operation, after my chest had been opened, and the blade had been taken out, to move around in the wheel chair in the hospital.

They allowed me to read some of the mail that came in, and from all over the states and the world, kind letters came in.

I read a few, but one of them I will never forget.

I had received one from the President and the Vice-President. I’ve forgotten what those telegrams said.

I’d received a visit and a letter from the Governor of New York, but I’ve forgotten what that letter said.

But there was another letter that came from a little girl, a young girl who was a student at the White Plains High School.

And I looked at that letter, and I’ll never forget it.

It said simply,

« Dear Dr. King,

I am a ninth-grade student at the White Plains High School. »

And she said,

« While it should not matter, I would like to mention that I’m a white girl.

I read in the paper of your misfortune, and of your suffering.

And I read that if you had sneezed, you would have died.

And I’m simply writing you to say that I’m so happy that you didn’t sneeze. »

And I want to say tonight — I want to say tonight that I too am happy that I didn’t sneeze.

Because if I had sneezed, I wouldn’t have been around here in 1960, when students all over the South started sitting-in at lunch counters.

And I knew that as they were sitting in, they were really standing up for the best in the American dream, and taking the whole nation back to those great wells of democracy which were dug deep by the Founding Fathers in the Declaration of Independence and the Constitution.

If I had sneezed, I wouldn’t have been around here in 1961, when we decided to take a ride for freedom and ended segregation in inter-state travel.

If I had sneezed, I wouldn’t have been around here in 1962, when Negroes in Albany, Georgia, decided to straighten their backs up. And whenever men and women straighten their backs up, they are going somewhere, because a man can’t ride your back unless it is bent.

If I had sneezed — If I had sneezed I wouldn’t have been here in 1963, when the black people of Birmingham, Alabama, aroused the conscience of this nation, and brought into being the Civil Rights Bill.

If I had sneezed, I wouldn’t have had a chance later that year, in August, to try to tell America about a dream that I had had.

If I had sneezed, I wouldn’t have been down in Selma, Alabama, to see the great Movement there.

If I had sneezed, I wouldn’t have been in Memphis to see a community rally around those brothers and sisters who are suffering.

I’m so happy that I didn’t sneeze.

And they were telling me –. Now, it don’t matter, now. It really doesn’t matter what happens now.

I left Atlanta this morning, and as we got started on the plane, there were six of us. The pilot said over the public address system, « We are sorry for the delay, but we have Dr. Martin Luther King on the plane. And to be sure that all of the bags were checked, and to be sure that nothing would be wrong with on the plane, we had to check out everything carefully. And we’ve had the plane protected and guarded all night. »

And then I got into Memphis. And some began to say the threats, or talk about the threats that were out. What would happen to me from some of our sick white brothers?

Well, I don’t know what will happen now. We’ve got some difficult days ahead.

But it really doesn’t matter with me now, because I’ve been to the mountaintop.

And I don’t mind.

Like anybody, I would like to live a long life. Longevity has its place.

But I’m not concerned about that now.

I just want to do God’s will.

And He’s allowed me to go up to the mountain.

And I’ve looked over.

And I’ve seen the Promised Land.

I may not get there with you. But I want you to know tonight, that we, as a people, will get to the promised land!

And so I’m happy, tonight. I’m not worried about anything. I’m not fearing any man! Mine eyes have seen the glory of the coming of the Lord!! »

Le 4 avril 1968 à 18h01, Martin Luther King Jr, alors qu’il se tenait sur le balcon de sa chambre de motel (le Lorraine Motel à Memphis, dans le Tennessee), est abattu d’une balle dans la gorge tirée depuis un fusil. Il est déclaré mort au St. Joseph’s Hospital à 19 h 05.


Assassinat de Martin Luther King Jr révélé par les journaux, 5 avril 1968

De violentes émeutes secouent le pays à la suite de l’annonce de la mort de Martin Luther King Jr.

L’assassinat de Martin Luther King Jr donne l’occasion aux groupes noirs s’accordant à la violence et au racisme prônés par Malcolm X, Fruit Of Islam, Nation of Islam, Black Panthers Party, bref, de ce que l’on appelle à tort le « Black Power » (qui n’est rien d’autre qu’un moyen d’en priver totalement tous les Noirs, justement !) d’utiliser la mort de Martin Luther King Jr pour justifier et libérer toute leur violence, le jour même et les jours suivants, en détruisant et en brûlant tout, et en supprimant la vie de tous, y compris des Noirs (et c’est là que l’on se rend clairement compte que le sort des Noirs ne les intéresse, en réalité, absolument pas ! Ce sont les ennemis de la cause noire !), précisément tout ce qu’a toujours dénoncé et condamné avec la plus grande force Martin Luther King Jr et le Mouvement des Droits Civiques ! Ce sont pas moins de 125 émeutes qui frappent 60 villes des Etats-Unis au total.

On aperçoit ici des Noirs fuir leurs habitations en flammes

Il ne faut pas être un génie pour comprendre que c’était exactement l’opposé de tout ce que défendaient Martin Luther King Jr, le Mouvement des Droits Civiques, la Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.), la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), le Student Nonviolent Coordinating Committee (S.N.C.C.), le Congress of Racial Equality (CORE), le Coordinating Council of Community Organizations (C.C.C.O.) , le Chicago Freedom Movement (C.F.M.), l’American Jewish Committee (A.J.C.) , l’American Jewish Congress et l’Anti-Defamation League (A.D.L.), et de tous ceux qui soutenaient le mouvement, ont toujours défendu, et de tout ce pourquoi ils se sont si durement battus toutes ces années !

Pendant ce temps, le vrai mouvement de libération des Noirs est en deuil et marche pacifiquement et en masse dans les rues en accompagnant le cortège.

09 Apr 1968, Atlanta, Georgia, USA — Mule-drawn wagon carrying the casket of Dr. Martin Luther King, Jr., is followed by dignitaries and thousands of people as it moves en route to Morehouse College for memorial service. — Image by © Bettmann/CORBIS

Coretta Scott-King sur la tombe de Martin Luther King Jr

Aujourd’hui, la tombe de Martin Luther King Jr et de sa femme, Coretta Scott-King

Le président Johnson déclare, 5 jours plus tard, un jour de deuil national, le premier à avoir jamais été célébré pour un Afro Américain, en l’honneur de Martin Luther King Jr.

La ville de Memphis négocie la fin de la grève et répond favorablement aux revendications des éboueurs.

Le biographe Taylor Branch déclare que l’autopsie révèle que bien que Martin Luther King Jr ait eut 39 ans au moment de sa mort, son coeur était celui d’un homme de 60 ans, à cause du stress, de la fatigue, conséquents aux années de sa lutte pour la justice, aux multiples attaques et tentatives de meurtre qu’il a subies. En 11 ans de combat, il a traversé 9,6 millions de kilomètres, fait des discours passionnés en public plus de 2 500 fois, a été arrêté plus de 20 fois au total, et agressé physiquement 4 fois au minimum.

Deux mois après l’assassinat de Martin Luther King Jr, un ségrégationniste blanc répondant au nom de James Earl Ray ayant des antécédents de droits communs et qui est, d’ailleurs, en cavale, est arrêté à l’aéroport Heathrow, à Londres, alors qu’il s’apprête à quitter l’Angleterre.

On retrouve, sur lui, de faux papiers canadiens lui donnant le nom de Ramon George Sneyd.

Très rapidement, il est extradé vers le Tennessee.

Pour lui éviter la peine capitale, son avocat, William F. Pepper, lui conseille formellement, de plaider coupable.

Après être passé aux aveux le 10 mars 1969, James Earl Ray est  déclaré coupable du meurtre de Martin Luther King Jr. . Trois jours plus tard, il se rétracte. Mais il reste condamné à 99 ans de prison.

James Earl Ray renvoie son avocat, affirmant que les véritables coupables du meurtre sont un homme nommé « Raoul » et son frère Johnny, qu’il a rencontré à Montréal, au Canada. Ray affirme n’avoir « pas personnellement tiré sur King » mais qu’il pouvait, cependant, « être partiellement responsable, sans le savoir ». Ray dénonce une conspiration. Il passe le reste de son incarcération à tenter vainement de faire réexaminer son dossier.

Le 10 juin 1977, il plaide devant une commission du congrès n’avoir jamais tué Martin Luther King Jr. Puis il s’évade du centre pénitencier de Brushy Mountain, dans le Tennessee. Il est retrouvé et arrêté de nouveau le 13 juin et retourne en prison.

En décembre 1993, Loyd Jowers (propriétaire d’un restaurant proche du motel où s’était arrêté Martin Luther King Jr) apparaît dans le Prime Time Live d’ABC News et révèle des détails d’une conspiration impliquant la mafia, le gouvernement et lui-même pour assassiner Martin Luther Jr. La famille King porte plainte contre lui.

En 1997, Dexter Scott-King, l’un des enfants de Martin Luther King Jr, rencontre James Earl Ray et soutient publiquement ses efforts pour que son dossier soit réexaminé et qu’il bénéficie d’un nouveau jugement.

William F. Pepper, ancien avocat de James Earl Ray, représentant la famille King lors du procès de Loyd Jowers, fait comparaître 70 témoins. La famille de Martin Luther King Jr ne croit pas en la version avancée officiellement selon laquelle James Earl Ray est lié à cet assassinat.

James Earl Ray meurt incarcéré le 23 avril 1998, d’une hépatite C, sans que son dossier ait été réexaminé et sans avoir été rejugé.

Pendant son procès, Loyd Jowers explique avoir reçu la somme de 100 000 dollars pour permettre le meurtre de Martin Luther King Jr. Le jury composé de six Noirs et six Blancs, le juge coupable et déclare que des agences fédérales ont été associées dans la préparation de l’assassinat

En 1999, Coretta Scott King, femme de Martin Luther King Jr, et dirigeante, elle aussi, de la Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.), et le reste de la famille King gagnent le procès civil contre Loyd Jowers et d’autres co-responsables dans l’assassinat de Martin Luther King Jr.

En 2000, le Département de Justice des États-Unis conclut son enquête concernant Jowers, mais affirme ne trouver aucune preuve démontrant une conspiration. Le rapport d’enquête conclut qu’il ne doit y avoir aucune nouvelle recherche « avant que de nouveaux faits fiables » ne soient présentés. L’affaire est classée.

Pourtant un certain nombre d’éléments tendent sérieusement à mettre en doute la version officielle :

Martin Luther King Jr a été tué d’une balle dans la gorge, seul un tireur d’élite ou quelqu’un de particulièrement bien entraîné pouvait réussir ce coup.

La personne ne pouvait pas agir seule car il lui fallait savoir dans quel motel Martin Luther King Jr descendrait, où serait située sa chambre, et à quel moment il sortirait sur le balcon.

Il lui fallait aussi étudier le terrain, choisir le meilleur emplacement pour positionner son matériel et prévoir une trajectoire de fuite.

Le fait d’avoir utilisé un fusil implique nécessairement que l’assassin ne voulait pas tuer Martin Luther King à bout portant.

James Earl Ray a beau être ségrégationniste, il n’a jamais eu d’antécédents de meurtre, c’est quelqu’un dont le casier judiciaire ne fait état que d’arrestations pour vols et cambriolages. Jamais d’un crime violent avec détention d’arme.

Les aveux de James Earl Ray  ont été obtenu sous la pression. S’il n’avouait pas, il aurait été exécuté.

Les tests balistiques effectués sur l’arme du crime, une Remington Gamemaster, n’ont jamais pu démontrer le lien entre cette arme et James Earl Ray, ni d’ailleurs que cette arme aurait réellement servit au meurtre. Martin Luther King Jr était sous surveillance permanente du F.B.I. jusqu’à sa mort. Ses lignes téléphoniques étaient sur écoute, ses chambres de motel truffées de micros, le F.B.I. était le mieux placé pour savoir dans quel motel,  et dans quelle chambre Martin Luther King Jr allait descendre, où donnerait sa fenêtre, le F.B.I. (et peut-être d’autres agences encore) était le mieux placé pour faire appel à un tireur d’élite (un sniper), qui lui, était complètement formé pour placer le matériel au bon endroit et disparaître rapidement. On peut ajouter à cela les lettres de menaces anonymes (qui se sont avérées provenir du F.B.I.) dont une qui cherchait à le pousser au suicide, lui donnant même un ultimatum pour le faire, les multiples déclarations hostiles à Martin Luther King Jr faites par des responsables du F.B.I., etc…

Honneurs :

– Martin Luther King Jr a reçu au moins cinquante titres honorifiques d’universités

– En 1957, il lui est décerné la Spingarn Medal par la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP)

– En 1959, il remporte l’Anisfield-Wolf Book Award pour son livre « Stride Toward Freedom: The Montgomery Story »

– En 1963, il est nommé par Time, « Personne de l’Année »

– En 1964, Martin Luther King Jr devient la plus jeune personne à recevoir le Prix Nobel de la Paix. Il lui a été décerné pour son combat non-violent contre les préjugés racistes aux Etats-Unis

– En 1965, il reçoit l’American Liberties Medallion par l’American Jewish Committee pour son implication dans l’ « avancement exceptionnel des principes de liberté humaine »

– En 1966, la Planned Parenthood Federation of America lui décerne la Margaret Sanger Award pour « sa courageuse résistance au sectarisme et son dévouement continu à l’avancement de justice sociale et dignité humaine »

– En 1966, il est élu membre de l’American Academy of Arts and Sciences

– En 1967, il fait un voyage de 24 heures au Royaume-Uni pour recevoir un titre honorifique de l’Université de Newcastle et devient le premier Afro-Américain à être honoré par Newcastle.

– En 1971, il reçoit un Grammy Award posthume pour Meilleur Disque de Discours pour son « Why I Oppose the War in Vietnam »

En 1977, le Président Jimmy Carter lui remet, à titre posthume, la Presidential Medal of Freedom

– En 1980, le Département de l’Intérieur américain a nommé une Maison d’enfant du nom de King (en référence à Martin Luther King Jr) à Atlanta près du Martin Luther King Jr. National Historic Site

– En 1986, le King County, nommé d’après William Rufus DeVane King qui était le vice-président des États-Unis lors de la création du Territoire de Washington,change de référence, le nom King fait désormais référence à Martin Luther King Jr. et son visage devient le logo du comté et figure aussi sur le drapeau du comté

– En 1986, un buste de Martin Luther King Jr est placé dans le Capitol, à Washington D.C.

– En 1991, a été créé le National Civil Rights Museum, au Lorraine Motel, à Memphis, dans le Tennessee, motel où Martin Luther King Jr est mort

– En 1994, fut créé le Mémorial de la Paix (Landmark for Peace Memorial) à Indianapolis. Il s’agit d’une sculpture représentant Robert F. Kennedy et Martin Luther King Jr

– En 1998, une sculpture de 2,40 mètres de Martin Luther King Jr, The Dream, a été érigée à Portland, dans l’Oregon

– En 1999, il est second sur la liste Gallup des Gens les plus Largement Admirés du 20ème siècle

– En 2000, il est nommé 6ème « Personne du Siècle » par Time (online)

– En 2003, les mots du discours prononcé par Martin Luther King Jr, « I have a dream », sont gravés sur le sol du Mémorial d’Abraham Lincoln, à Washington D.C., devant lequel Martin Luther King Jr se tenait le 28 août 1963.

– En 2004, Martin Luther King Jr et Coretta Scott-King reçoivent du congrès la Congressional Gold Medal

– Une statue de Martin Luther King Jr.  est érigée (Martin Luther King, Jr. National Memorial). Martin Luther King Jr est le premier Noir honoré par un mémorial sur le National Mall et le troisième à ne pas être un président américain

– Plus de 730 villes aux Etats-Unis ont des noms de rue reprenant celui de Martin Luther King Jr

– Une sculpture métallique en hommage à Martin Luther King Jr a été posée à Atlanta, en Géorgie

– Le pont de Fort Wayne, dans l’Indiana, a été renommé dans les années 1990 « The Martin Luther King Jr. Memorial Bridge »

– Le King-Luthuli Transformation Center a été créé, en hommage à Martin Luther King Jr à Johannesburg, en Afrique du Sud

– Une forêt est créée en Israël, dans le sud de la Galilée, au nom de « Rev. Martin Luther King Jr. »

– Une forêt est créée en Israël, dans le sud de la Galilée, au nom de « Coretta Scott-King »

– Une église, à Debrecen, en Hongrie, porte le nom de « Reverend Martin Luther King Jr »

– Une école à Accra, au Ghana, porte le nom de « Martin Luther King Jr »

– Un jardin, à l’India International Center, à New Delhi, en Inde, est nommé « The Gandhi-King Plaza »

– A Norfolk, en Virginie, est érigé le Martin Luther King Jr Memorial

 

‘Ami Artsi עמי ארצי

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