Les Portes (Boker Tov Yeroushalayim)


(article librement adapté par ‘Ami Artsi עמי ארצי de l’article d’origine figurant sur le site Boker Tov Yerushalayim)

(cliquez sur les images pour obtenir leurs tailles réelles)

 

שער יפו Sha’ar Yaffo (la Porte de Yaffo / Jaffa)

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Sha’ar Yaffo, deux époques

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A la fin de la guerre d’Indépendance, les accords de cessez-le-feu de 1949 prévoyaient un accès au Kotel (ndlr: Mur Occidental / des Lamentations) pour les Juifs mais cette clause ne fut jamais respectée par la Jordanie.

Les prières des Juifs déchirèrent, alors, le ciel…

Voyant une nouvelle guerre se profiler, Dieu appela les anges et leur demanda:
« Selon vous quelle porte mérite de faire entrer les soldats lors de la libération de la ville ? »

Les anges répondirent que toutes les portes en étaient dignes et qu’Il ferait mieux de voir ça directement avec chacune d’entre elle…

Sha’ar Yaffo répondit la première:
« Je mérite cet honneur. On me nomme Porte de Yaffo parce que je suis l’extrémité de la longue route qui amène les Juifs dans la ville depuis le port de Yaffo (à 60 km). N’oublie pas non plus que je permets aussi aux voyageurs de se rendre à ‘Hévron où sont enterrés ‘Hava & Adam (Eve & Adam), Sarah & Avraham (Sarah & Abraham), Rivka & Yits’hak (Rebecca & Isaac) et Léa & Ya’akov (Léa & Jacob). Grâce à leurs mérites, je suis celle qui convient pour les libérateurs de la ville… » 

Sha’ar Yaffo avait bien parlé.

Pour les Romains déjà, elle avait son importance car elle menait à l’une des deux rues principales, le Decumanus qui traverse la ville d’Ouest en Est et le Cardo. Il est aussi vrai qu’elle était la plus proche du דרך חברון (Dérèkh ‘Hevron, prononcez le « kh » comme un « j » espagnol), le chemin de ‘Hévron, qui mène au Sud de la ville, vers le tombeau de nos matriarches et patriarches (ndlr : à l’exception de Ra’hel / Rachel).

Pendant des siècles, elle fut verrouillée le soir. Personne n’entrait ou sortait de la ville.

Les voyageurs tardifs devaient camper à l’extérieur de la ville fortifiée. Certains logeaient dans des khan (prononcez le « kh » comme un « j » espagnol), sorte d’auberge. L’un deux a été transformé en théâtre.

Khan de Jérusalem (prononcez le « kh » comme un « j » espagnol)

 

Khan de Jérusalem (prononcez le « kh » comme un « j » espagnol)

 

Khan de Jérusalem (cour intérieure) (prononcez le « kh » comme un « j » espagnol)

 

Mais, au 19 ème siècle, tout change à Jérusalem car les dignitaires occidentaux commencèrent à s’intéresser à la Palestine ottomane (turque).

En 1867, les Turcs, souvent à court d’argent, vendirent au gouvernement tsariste un grand terrain à l’extérieur des murailles de la ville, nommé l’Esplanade Russe.

Les Russes y bâtirent un hôpital, une église et deux hôtelleries pour les pèlerins russes et demandèrent dès lors, un accès de jour comme de nuit aux divers lieux saints chrétiens de la Ville.

Les Turcs décidèrent alors de laisser Sha’ar Yaffo ouverte aussi la nuit.

 

(Eglise orthodoxe de la Trinité sur l’Esplanade Russe)

En 1867 François-Joseph d’Autriche débarqua dans le port de Yaffo avec le prince héritier de Prusse Frédéric-Guillaume III. En leur honneur, les Turcs rendirent carrossable la route Yaffo-Jérusalem.

Les Turcs installèrent un service régulier de diligences qui furent essentiellement conduites par des cochers allemands, appartenant au groupe des Templiers, nouvellement installé en Erets Israël.

On raconte que le premier cocher juif, nommé ‘Hayim Shabazi, avait choisi de mener son équipage avec prudence et une certaine philosophie car si la route est carrossable, elle est souvent dangereuse.

Il avait aussi de la compassion pour ses mules et invitait souvent ses passagers à préférer la marche. Il trouvait toujours une raison : « Dans les montées, par pitié pour les bêtes, au sommet d’une pente, pour réduite les risques de danger et en terrain plat, pour prendre son plaisir à la promenade… Savourez ce moment, ajoute-t-il, monter à Jérusalem, c’est aussi mettre la ville au sommet de notre joie! »… Un poète, comme son ancêtre Shalom Shabazi…

Mais ce qui valut à Sha’ar Yaffo sa première célébrité c’est, en 1898, la visite de l’empereur d’Allemagne Guillaume II :

En l’honneur de leur allié, les Turcs entreprirent de grands travaux : ils comblèrent à cet endroit le profond ravin qui entourait la Ville et décidèrent de briser une partie de la muraille pour agrandir la porte et permettre à Guillaume II et à son épouse Augusta-Victoria de passer en voiture.

Pendant la première guerre mondiale le gouverneur, de sinistre mémoire, Jamal el Pasha interna en Egypte, dans des conditions épouvantables, tous les Juifs de nationalité russe et pilla leurs biens. Quant aux autres, il les enrôla de force dans l’armée ottomane…

Le 29 juin 1916, deux soldats juifs furent pendus pour désertion devant Sha’ar Yaffo avec d’autres déserteurs: deux chrétiens et un Arabe musulman.

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L’un des Juifs, Joseph Benamozegh, n’était pourtant pas un déserteur : tailleur de son état, il avait été réquisitionné par son officier pour retourner à son atelier afin d’y coudre des uniformes.

Hélas, l’ordre écrit ne fut retrouvé par sa famille que bien après l’exécution. La grâce accordée par le pouvoir ottoman permettra seulement à sa famille de l’enterrer convenablement au cimetière du Har Hazeitim (Mont des Oliviers).

Cimetière du Har Hazeitim (Mont des Oliviers)

 

Le 11 décembre 1917, le général anglais Allenby fit son entrée dans la Vieille Ville par Sha’ar Yaffo. Allenby et tous ses officiers descendaient de cheval et passaient la porte à pied, par respect pour la sainteté de la ville.

En 1922, les Anglais firent détruire la Tour que les Turcs avaient érigée sur le côté de Sha’ar Yaffo car les sonneries de l’horloge faisaient peur aux chevaux.

Dans les années 40, ils détruisirent aussi les multiples échoppes construites aux alentours pour pouvoir mieux contrôler les habitants de la ville.

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Tour de l’horloge ottomane derrière Sha’ar Yaffo. En dessous, soldats britanniques.

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Sha’ar Yaffo, échoppes

A la fin de la guerre d’Indépendance, lors du cessez-le feu de 1949, Sha’ar Yaffo se retrouva dans le no man’s land entre la Jordanie et Israël et ne redeviendra israélienne qu’après la Guerre des 6 Jours.

No man’s land généré par la Jordanie

La voici aujourd’hui :

Sha’ar Yaffo entrée piétons, et au loin, la tour de David

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Sha’ar Yaffo entrée voitures

 

Sha’ar Yaffo, deux époques

 

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שער האריות Sha’ar Ha Ariot (la Porte des Lions)

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Sha’ar Ha Ariot, deux époques

 

Non, je n’irai pas en ce moment à Sha’ar Ha Ariot !

Cette visite sera virtuelle, pour vous comme pour moi, question de sécurité : la situation s’y étant beaucoup dégradée ces derniers jours.

Nous allons tout de même nous y promener virtuellement, ensemble.

La porte des Lions… Pourquoi ce nom ? Regardez la photo deux couples de lions ornent ses côtés.

Comme les autres Portes, celle-ci a été restaurée par Süleyman le Magnifique qui avait trouvé les murailles de la ville dans un piteux état.

Mais ces deux lions sont plus anciens… Ils datent du 14 ème siècle. Ils sont le symbole de l’empereur mamelouk Baybars qui gouvernait alors la région.

Comme tout bon despote, Baybars tenait à imprimer sa marque sur tout ce qu’il construisait. Et comme il construisait beaucoup, on a retrouvé ses lions un peu partout, notamment sur les restes d’un pont au nord de Lod et sur les ruines d’une de ses forteresse à côté de Tsfat (ndlr : Safed)

Sans doute un peu jaloux de la popularité des lions de Baybars, Süleyman déclara qu’ils lui avaient parlé en rêve et lui avaient demandé, avec respect, de bien vouloir rénover la Porte…

Loin d’être aussi spectaculaire que Sha’ar Shkheim  (prononcez le « kh » comme un « j » espagnol) (la Porte de Damas), elle est surtout célèbre pour être la Porte par laquelle les troupes israéliennes entrèrent dans le Vieille Ville pendant la guerre des 6 jours. Elles arrivèrent droit sur le Kotel. Le général Motta Gur prononça alors cette phrase célèbre « Le Mont du Temple est entre nos mains ».

Ces temps-ci, on entend régulièrement cette phrase à la télévision… mais le ton est ironique !
Nombreux sont ceux qui ne décolèrent pas que Moshé Dayan, par souci d’apaisement, ait confié la gestion du Mont du Temple au Waqf jordanien dès la libération de la Vieille Ville. En effet, alors qu’en remettant les clés au Wafq, Moshé Dayan avait obtenu de celui-ci un engagement de libre accès à tous les visiteurs (toutes religions confondues), aujourd’hui les palestiniens refusent ce droit aux Juifs, sous prétexte qu’ils souillent par leur présence ce lieu saint. Bien que l’accord passé avec le Wakf permette aux Juifs d’accéder au Mont du Temple et d’entrer dans le dôme du Rocher, Ma’hmoud Abbas a déclaré le 17 octobre 2014 à la télévision palestinienne « Nous devons empêcher les Juifs d’entrer sur l’esplanade de la mosquée, ils n’ont pas le droit de la souiller. Nous devons les empêcher par tous les moyens. Nous devons les empêcher d’entrer ». Propos réitérés un an plus tard, le 16 septembre 2015 à la télévision de l’Autorité Palestinienne :

« Tout le monde se demande ce que nous devrions faire. Nous frapperons à toutes les portes possibles, afin de faire entendre la voix de Jérusalem. Nous avançons, avec l’aide d’Allah. Nous vous saluons, ainsi que tous les hommes et femmes au ribat [sur la ligne de front]. Nous saluons chaque goutte de sang versé pour la cause de Jérusalem. Ce sang est du sang propre et pur, versé au nom d’Allah, avec l’aide d’Allah. Chaque martyr aura sa place au Paradis, et tous les blessés seront récompensés par Allah.

Chers frères, nous sommes tous ici au nom de Jérusalem. Je vous le dis en toute honnêteté, un Etat palestinien sans Jérusalem n’existera jamais. L’Etat palestinien doit inclure sa capitale, la noble Jérusalem – avec sa capitale, Jérusalem-Est, qui a été occupée en 1967. Nous n’autorisons aucune de leurs mesures. Toutes ces divisions… La mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre sont nôtres. Elles sont entièrement nôtres, et ils n’ont pas le droit de les souiller de leurs pieds sales. Nous ne leur permettrons pas de le faire, et nous ferons tout en notre pouvoir pour protéger Jérusalem. »

Antisémitisme (pieds sales des Juifs… souillent…) et appel au meurtre et au terrorisme.

Le Har Habayit / l’Esplanade de la mosquée et du Dôme, un lieu saint musulman ? J’accepte que ce soit le 3è lieu saint de l’islam sunnite, mais il est en ce cas indispensable de rappeler qu’il s’agit également et avant tout du 1er lieu saint du judaïsme.

Maintenant, je vous pose cette question: Quand on révère un lieu saint, en fait-on un refuge pour terroristes masqués et un dépôt d’armes, le casse-t-on pour en faire des pierres pour assassiner, y reverse-t-on des poubelles, y marche-t-on de manière débraillée ? Y joue-t-on au foot  ??

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Masked Palestinians prepare stones inside Jerusalem’s Al-Aqsa Mosque, one of Islam’s holiest sites, on September 27, 2015. AFP PHOTO/AHMAD GHARABLI

Masked Palestinians breaking stones inside Jerusalem’s Al-Aqsa Mosque on September 27, 2015. AFP PHOTO/AHMAD GHARABLI

Il y a des choses que l’on ne peut pas faire dans ou sur un lieu saint. Où se trouve le caractère sacré de ces lieux si ces fous furieux, au nom de l’islam et de leur haine du Juif, ne les respectent pas ??

Sur son blog, Danilette présente un guide touristique en anglais édité par le Waqf en 1925.

Le ‘Haram al Sharif, le Noble Sanctuaire, y est décrit ainsi: « Le site est l’un des plus vieux du monde. Sa sainteté date des temps les plus anciens. Sa sainteté due à celle du Temple de Salomon, le temple juif est incontestable ».
Il y est ensuite fait mention d’un texte biblique (Samuel 24,25): « Il (David) érigea là un autel au Seigneur, y offrit des holocaustes et des sacrifices rémunératoires »
Ni le Waqf, ni le monde arabe en général n’avait alors de problème avec l’identité historique juive du ‘Haram al Sharif (ndlr : le ‘Haram al Sharif est le nom arabe du Har Habayit)

Voici aussi un article écrit par Emanuel Navon sur le même sujet:
À la question « comment dit-on Jérusalem en arabe » les gens répondent généralement : al-Quds. Ce qui n’est pas faux, mais il s’agit là d’un terme récent. Car à l’origine, les Arabes appelaient Jérusalem « Bayt al-Maqdis », ce qui est bien entendu la translittération arabe de l’Hébreu « Beit Hamikdash », qui est l’appellation des deux Temples juifs de Jérusalem.  Avant le conflit de l’époque moderne, les Arabes reconnaissaient, dans leur langage même, l’Histoire juive de Jérusalem.

Et il en était ainsi jusque récemment. Un guide touristique publié par le Conseil musulman suprême en 1924 disait la chose suivante à propos du Mont du Temple : « Ce site est l’un des plus vieux du monde. C’est là que fut érigé le Temple de Salomon. » Plus récemment encore, l’historien palestinien Araf al-Araf (qui était un proche collaborateur du ‘Hadj Amin al ‘Husseini, et qui ne peut donc pas être soupçonné de sympathies pro-sionistes) écrivait dans son livre Tariah al-Quds (publié en 1951), que le Mont du Temple est « sur le Mont Moriah mentionné dans le Livre de la Genèse (…) Il fut acheté par David pour construire le Temple, mais c’est son fils Salomon qui le construisit en l’an 1007 avant l’ère chrétienne. » Le même al-Araf écrit dans son livre Une histoire détaillée de Jérusalem (publié en 1961) que « Le Mur des Lamentations est la partie extérieure du mur du Temple érigé par Hérode. Il est fréquemment visité par les Juifs, surtout le 9 du mois de Av. Là, ils commémorent une Histoire glorieuse et inoubliable. »

Avant même qu’Arafat ne laisse Clinton pantois en niant l’existence du Temple de Jérusalem, le grand mufti, ‘Hadj Amin Al ‘Husseini, collaborateur dévoué d’Hitler, avait commencé à répandre ses théories islamiques: le Kotel était un lieu saint islamique (théorie reprise par Arafat). L’idéologie nazie, habillée d’islamisme profite jusqu’à présent de l’inculture des Occidentaux. Pourtant, il s’agit toujours du même processus: on sort les Juifs de la légalité, on les délégitime et, enfin, on les tue…

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שער שכם Sha’ar Skheim (prononcez le « kh » comme un « j » espagnol) La Porte de Sichem – La Porte de Damas 

Sha’ar Shkheim, 2 époques

Nous reprenons nos promenades le long des murailles de la Vieille Ville.

Sha’ar Skheim et Porte de Damas… Pourquoi ces deux noms? La raison est que cette porte débouche sur Shkhem en Samarie (nom d’origine, qui a donné le nom biblique Sichem en français. Cette ville fut renommée plus tard, par les Grecs lors de leur conquête de cette terre, « Néapolis » – « Nouvelle ville »- , nom qui fut ensuite repris et déformé en langue arabe, ce qui donna « Nabluz ». Ce nom déformé en arabe fut ensuite déformé, à son tour, en français sous le nom « Naplouse ») d’où partait une route menant jusqu’à Damas.

C’est aussi la porte principale du quartier musulman et la plus décorée de toutes. Décoration? Oui, mais les mâchicoulis ont surtout été créés pour décourager l’ennemi avant même qu’il n’attaque.

Sous sa forme actuelle, elle a été construite par Süleyman le Magnifique en 1537, mais les Arabes l’appellent aussi Bab el ‘Amoud, la porte de la statue, car à l’époque romaine, une statue de César se trouvait sur la place juste à l’entrée de la porte. C’est à partir de cette statue que les cartographes romains mesuraient les distances entre Jérusalem et les différentes villes d’Israël.

Tout près de l’ancienne place romaine se trouve un musée qui regroupe un certain nombre d’antiquités de la période du Second Temple jusqu’à la période byzantine.

Comme elle donne sur le quartier musulman de la Vieille Ville, cette porte fut l’endroit de prédilection des émeutiers antisémites qui s’y regroupaient avant de partir à la chasse aux Juifs. Déjà!

Vous voyez cela ne date pas d’hier, ou de la prétendue « occupation » de la partie Est en 1967, ni même de l’établissement de l’Etat d’Israël en 1948 !

Les Anglais y avaient donc établi un poste de garde à partir des années 20.

 

Sha’ar Shkheim, 1929. Britanniques se tenant devant. On constatera aussi les affiches écrites en hébreu, derrière eux

Ils créèrent un embargo sur les armes destinées aux Arabes comme aux Juifs mais dans les faits, les Britanniques laissaient les armes arriver jusque dans les mains des Arabes tout en empêchant totalement les armes d’arriver jusqu’aux mains des Juifs, qui étaient du coup plongés dans un rapport de forces défavorable. Les Britanniques firent mine de contrôler les armes stockées dans le quartier musulman mais ne s’emparaient concrètement que de très peu d’armes.

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Sha’ar Shkheim – Une recherche d’armes en 1938 par les Britanniques

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De nos jours, Sha’ar Shkheim attire beaucoup de touristes, surtout depuis sa restauration complète en 2011.

Elle a toujours beaucoup de succès lors des festivals de sons et lumières.

 

Sha’ar Shkheim

 

 

 

שער החדש Sha’ar Ha ‘Hadash (la Nouvelle Porte)

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Sha’ar Ha ‘Hadash, 2 époques

 

Elle donne accès au quartier chrétien.

Elle n’a pas été construite sous le règne de Süleyman le Magnifique comme les autres mais en 1887 par le sultan Abdul ‘Hamid.

Le sultan voulait avoir de bonnes relations avec le Tsar de Russie. Il avait donc décidé de cette ouverture supplémentaire dans les murailles qui permettait d’aller directement de la fameuse Esplanade russe à l’église du Saint Sépulcre, destination des pèlerins orthodoxes russes reçus par la Société Impériale Russe Orthodoxe de Palestine, laquelle était présidée par le Grand Duc Serguei Alexandrovitch.

Pourquoi ne fut elle pas décorée comme sa voisine la Porte de Shkheim ? La main d’oeuvre était-elle plus chère à la fin du 19 ème siècle que 3 siècles auparavant?
Abdul ‘Hamid pensait-il en avoir fait assez pour le gouvernement du Tsar ?

La question reste entière. Néanmoins, située tout près de Sha’ar Shkheim, elle fut elle aussi le théâtre de violences en particulier à partir de 1936. Les Anglais décidèrent donc de la murer en 1938. Une porte de moins à surveiller !

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Sha’ar Ha ‘Hadash, murée. Photo de 1938

 

Pendant la guerre d’Indépendance elle fut au centre d’intenses combats, le Etzel essayant par deux fois de pénétrer sans succès dans la Vieille Ville par le quartier chrétien.

Elle resta fermée jusqu’à la guerre des 6 jours, en 1967.

 

שער הפרחים Sha’ar Ha Pra’him (la Porte des Fleurs) ou שער האשפות Sha’ar Ha Hashpot (la Porte des Immondices) ?

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Sha’ar Hapra’him

 

 

Sha’ar Ha Hashpot

D’après Yits’hak Navon, Sha’ar Ha Pra’him (la Porte des Fleurs), שער הפרחים, et Sha’ar Ha Ashpot (la Porte des Immondices), שער האשפות, se disputaient la préséance.

La Porte des Fleurs: « Comment les héros d’Israel pourrait-ils passer par la Porte des Immondices ? Qu’ils passent par moi, mon nom seul leur tressera des couronnes. »

La Porte des Fleurs, ce nom a de quoi séduire mais aucune fleur ne la décore à l’exception d’une simple rosette

De plus, elle est aussi connue sous le nom de Porte d’Hérode ! Le nom de ce personnage qui n’a pas laissé de bons souvenirs lui a été donné par les Croisés, persuadés que la maison d’Hérode Antippas se trouvait à cet endroit.

Enfin, il semblerait qu’en 1099, alors que les Croisés assiégeaient la ville, ils aient pu y faire irruption justement à cet endroit des murailles, sans doute mal entretenu et en mauvais état.

Quoi qu’il en soit, avant le fin du 19 ème siècle, on ne peut pas vraiment parler de porte. Elle se trouve proche de Sha’ar Shkheim (la Porte de Damas) qui permet la jonction entre le quartier musulman de la vieille ville et le marché bédouin installé hors murs. Il y a certes une ouverture, le plus souvent bouchée qui ne sera ouverte qu’en 1875.

Les Anglais voulaient restreindre la circulation de la population pour des raisons sécuritaires, et bouchèrent, à nouveau, ce passage pendant le Mandat Britannique. Les Jordaniens l’ont ignorée et la Porte telle qu’elle est aujourd’hui n’a été ouverte qu’en 1987.

La Porte des Immondices : « Moi qui suis la plus proche du Kotel, j’ai reçu des ordures pendant des siècles et même après, ce nom infâme m’est resté. J’ai assez souffert et je mérite d’être enfin honorée. »

Il est vrai que pendant toute l’occupation byzantine, les ordures seront acheminées par cette porte et vidées au plus près du Kotel dans le but d’éliminer tout présence historique juive au plus près du Temple détruit.

Pour les Musulmans, elle est appelée باب المغاربة‎ , la Porte des Marocains, en référence aux colons musulmans amenés du Maroc au 16 ème siècle par le sheikh Abou Madin. Une personne en France devait souffrir de problèmes auditifs et elle a appelé cette porte non pas « la porte des Marocains » mais « la Porte des Maghrébins »…

Mais là encore, comme la Porte des Fleurs, elle n’est elle aussi qu’un petit passage étroit, fermé la plupart du temps.

Ce n’est qu’au 19 ème siècle, que les Ottomans l’agrandissent pour permettre la circulation des piétons et des ânes depuis le village de Shiloa’h situé en contrebas.

Après 1948, les Jordaniens considérant ses pierres branlantes la consolident sans états d’âme avec une poutre de béton particulièrement laide.

Sha’ar Ha Apshot, en 1967, avant qu’elle ne soit restaurée

Apres la guerre des 6 jours, la poutre est enfin recouverte de pierre et la porte restaurée au mieux car elle est la porte la plus proche du Kotel

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שער ציון Sha’ar Tsion’ (la Porte de Sion)

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Sha’ar Tsion, 2 époques

Sha’ar Tsion dit alors avec orgueil :
« Pourquoi parlerai-je? Mon nom me suffit! »

Evidemment, quand on s’appelle ציון , Tsion’…

Le mot « Tsion' » (Sion) est l’équivalent de Jérusalem. Il apparaît plus de 100 fois dans le Tanakh et fréquemment dans les prières, en particulier dans celle de la ‘Amida que nous récitons, comme toutes les prières, tournés en direction de Jérusalem.

Nous avons toujours eu une relation passionnée avec Sion. Nombreux sont les poèmes, les louanges ou les complaintes, qui en parlent, parfois non exemptes de reproches comme celle du célèbre poème de Yéhouda Halevy:

Sion! Que ne t’enquiers-tu du sort de tes captifs,
Ceux qui poursuivent la paix, les meilleurs de ton troupeau…
ציון הלא תשאלי לשלום הסיריך
דורשי שלומך והם יתר עדריך

Mais pourquoi ce nom de « Tsion' » ?

Simplement en raison de sa proximité avec le Har Tsion’ (le Mont Sion).

Les Arabes l’appelle Porte du prophète David, باب النبي داود – (Bab Al Nabi Daoud) car le tombeau du Roi David se trouve sur le Har Tsion’. Ils l’appellent aussi « la Porte des Juifs », car elle se trouve à l’extrémité du quartier juif de la Vieille Ville.

Dans les récits de voyageurs juifs, le lien entre le nom de la Porte et le Tombeau du Roi David sur le Har Tsion est toujours explicite: Ils sortent du quartier juif de la ville par cette porte pour pouvoir contempler de loin la colline sur laquelle est enterré le roi David.

Le va et vient entre ce quartier et le tombeau de David est si important que les Ottomans confient les clés de cette porte à un Juif.

Comme les autres portes de la ville, comme Sha’ar Yafo avant que les Turcs ne l’ouvrent au passage des calèches, Sha’ar Tsion a été construite de manière à empêcher les attaques extérieures: étroite, surmontée par un mâchicoulis et un passage en forme d’angle droit à l’intérieur de la muraille.

Là encore, on trouve une inscription mentionnant Süleyman le Magnifique mais des fouilles archéologiques ont mis à jour les restes d’une porte antérieure datant du Royaume chrétien. Dans plusieurs cartes datant du Moyen Age elle est appelée Porta Montis Sion (porte du Mont Sion).

Pendant la guerre d’Indépendance, du 17 au 18 mais 1948, 22 soldats de la brigade Harel du Palma’h, commandés par David El’azar, prirent cette porte pour pénétrer dans le quartier juif pour le ravitailler.

Malheureusement, le lendemain matin la Porte fut conquise par la Légion Arabe et ce fut la fin du quartier juif.

Elle est restée dans le même état jusqu’à présent, son revêtement criblé de balles, en souvenir des durs combats de la guerre d’Indépendance.

Sha’ar Tsion’

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