Comment être un efficace Jew-hater (« activiste pour la paix »)

(article de Ryan Bellerose publié le 20 octobre 2015 sur IsraellyCool et traduit pour la première fois en français par ‘Ami Artsi עמי ארצי  pour Yisraëlia le 3 mars 2015 pour Yisraëlia)

Je pense que si on leur demande, la plupart des gens raisonnables diraient qu’ils croient aux droits humains et en la défense des droits humains – mais qu’est-ce que cela veut dire ? Une déclaration de soutien aux droits humains, une chose qui semblait être si basique, est devenue confuse. Les gens étaient capables, rien qu’en regardant les actualités, de choisir une cause qui résonnait en eux, et ils commençaient alors à défendre cette cause. Si cette cause avait du mérite, elle devrait alors attirer des adeptes et des partisans et vous vous êtes lancé.

Vous vous souvenez du Tibet Libre ? Nous pouvons même aller encore plus loin (peut-être avant que vous et moi n’étions nés !) et parler de Biafra. Si vous êtes Canadien, vous pouvez vous souvenir d’Oka. Si vous êtes Américain, vous devez avoir appris au sujet de Wounded Knee. Le monde s’est uni pour discuter de mettre un terme  à l’Apartheid d’Afrique du Sud, et tous ensemble nous avons célébré la chute du Mur de Berlin. Toutes ces causes sont des causes très valables, toutes méritent d’être soutenues, et toutes sont très intuitives. Qui n’aime pas la liberté ? Qui – en dehors des suprématistes – pense que seuls les Blancs devraient être des responsables ? En fait, qui soutient l’oppression ?

Mais vous êtes là pour une autre raison, et soyons honnêtes juste une minute : vous n’aimez pas les Juifs. Je comprends, vous savez ? Ils sont si ennuyeux avec leurs stupides prix Nobel, leurs communautés soudées, leur tendance à être toujours collés les uns aux autres, à déjouer les pronostics et à récupérer leur terre ancestrale. Si vous voulez un centre à votre haine irrationnelle, ce pourrait bien être ces types. J’ai entendu aussi qu’ils ont tué Jésus, vous savez ? Pendant 2 000 ans, tout ce qu’ils avaient à faire pour cesser d’être opprimés, c’était laisser tomber et s’assimiler, mais ils ont refusé parce qu’ils sont bornés et mauvais. Pensez-y, pourquoi quelqu’un refuserait d’être exactement comme nous ? Notre culture et notre religion sont meilleures que les siennes, et sérieusement pourquoi n’ont-ils pas converti les gens au Judaïsme ? Si leur stupide religion était valable, ils auraient forcé les autres à devenir Juifs aussi, n’est-ce pas ? Il y a quelques prosélytes ici – mais pas Juifs.

Votre premier boulot en tant que Jew-hater efficace est de lier une cause qui autorise la haine du Juif et l’encourage tout en offrant le vernis de la défense des droits humains, la meilleure est la « cause pro-palestinienne / anti-israélienne ». Elle offre quelques avantages, dont le moins négligeable est que vous pouvez laisser tomber le masque, dire des choses ridiculement antisémites et les déguiser en « scandale » contre la stupidité pour les Juifs d’être Juifs dans leur stupide pays juif.

Il est un fait avéré que même si les Juifs ne font, en réalité, rien pour nous énerver, nous pouvons simplement inventer quelque chose et les gens adhéreront,  même si ça semble ridicule.  Vous n’avez même pas besoin d’apprendre quoi que ce soit, sortez simplement de chez vous et achetez une écharpe en damier blanc et noir et n’oubliez pas de parler beaucoup de L’Occupation. L’autre avantage de cette « cause » est que vous pouvez avoir  à la fois les Juifs qui se haïssent et les Juifs qui s’aiment trop à vos côtés ce qui mènera les gens à haïr les Juifs. Souvenez-vous juste d’une chose : tout ce qui est anti-Juif peut aussi être antisioniste, mais nous en reparlerons plus loin. L’autre point et le plus important, c’est que vous êtes un militant pro-Palestinien, et même mieux : anti-Israélien. Vous n’avez pas à faire attention aux violations des droits humains où que ce soit d’autre, même s’ils impliquent des Palestiniens ! Assad, en Syrie, affame les Palestiniens ? On s’en fout. Le roi de Jordanie ne laisse pas les Palestiniens voter ? On s’en fout. Il n’y a pas de Juifs ? Alors ce n’est pas de l’info.

Alors voici l’habile feuille de route pour votre arrière dans l’anti-Judaïsme, l’antisémitisme et l’antisionisme : Ne commencez pas immédiatement à hurler au sujet de la mauvaiseté des Juifs ! C’est vrai, vous devez mettre cela en place, sinon, vos passerez simplement pour un fou, or si vous voulez être un Jew-hater efficace, vous devez être plus malin que ça. Pour les débutants, remplacez le mot « Juif » par « Sioniste ». Ne vous inquiétez pas, les gens que cela intéresse sauront exactement de qui vous voulez parlez (tout comme ces Juifs). Vous pouvez utiliser des mots comme sionazis, siorobots, ou des trucs du genre. Si vous pouvez caser le mot « Nazisme » dans votre discours, c’est de l’or, parce que vous attaquez ces Juifs (Ooops ! Je voulais bien sûr dire « Sionistes » !) sur un registre émotionnel et instantanément vous les délégitimez totalement. Je sais bien que vous préféreriez simplement faire des trucs maintenant pour tuer des Juifs, mais c’est un plan à long terme, alors soyez patient.

half-way

Maintenant que vous avez mis cela de côté, il est temps de passer à l’étape suivante.

Rejoignez des clubs, et faites en sorte d’être toujours certain que tout le monde dans le club sache quel rebelle vous êtes en portant un keffieh (cette écharpe en damier que vous avez achetée plus tôt) et parlez de l’Occupation. Et souvenez-vous, le sujet n’est pas l’occupation, c’est vous qui êtes une figure tragique qui soutient d’autres causes, même si votre cause est complètement ignorée (peu importe le nombre de fois où vous en parlez). Les bons clubs à rejoindre incluent ceux concernant les minorités. Les gays sont un bon pari aussi, aussi longtemps  que vous vous assurez que la conversation ne tourne jamais vers le fait que les gens qui haïssent et veulent tuer les Juifs sont souvent les mêmes que ceux qui haïssent et veulent tuer les gays. Lors des réunions du club, faites de votre mieux pour rester à l’écart, après tout, ce qui importe n’est pas leur stupide cause (leur cause est secondaire à la vôtre), mais plutôt la vôtre qui est, en résumé, de générer la haine du Juif.

Comment agir sur les réseaux sociaux ? Ne vous en faites pas, personne ne prête attention à la haine du Juif, ici. Vous pouvez tweeter sur la façon dont le sionisme rend l’antisémitisme honorable, comme le fait le modèle de la liberté d’expression et de la liberté académique, Steven Salaita. Vous pourriez sacrifier votre carrière ici, mais les universités au Moyen-Orient vous embaucheront de toutes façons (bonus : vous pouvez faire une tournée de conférences et devenir célèbre !). Partagez des dessins et des mèmes montrant les nez crochus et les cheveux bouclés des Sionistes (même si ça vient de pages avec des noms comme « Poignarde les Juifs »). Vous pouvez même créer des pages intitulées « Crève Sale Israël, Crève ! », ça ne contreviendra pas aux mystérieux « standards de la communauté » Facebook ! Si quelqu’un vous interpelle pour quelque chose que vous avez écrit, hurlez pour défendre votre liberté académique et votre liberté d’expression – il semble que tout le monde a oublié tout ce que ces choses veulent réellement dire, de toutes manières. Aussi, publiez n’importe quel sujet d’ Electronic Intifada, même s’il a déjà été réfuté, parce qu’il y aura toujours deux idiots qui n’auront pas vu et qui ont juste assez de connaissance pour le partager sur les pages de leur propre réseau social. Naturellement, si quelqu’un vous contredit, vous le bloquez (juste après lui avoir adressé quelques judicieuses injures). Elles ne méritent pas la liberté d’expression, de toutes façons, ces stupides personnes qui pensent que les Juifs sont comme nous.

Pour tenir un discours, apprenez le jargon. Ne dites jamais « Je suis seulement là pour la haine du Juif », parce que ça mettra les gens mal à l’aise. Vous devriez plutôt toujours dire « Je suis contre l’oppression et le colonialisme, et les Juifs sont les pires parce que … Palestiniens. » Dites toujours « Je veux que tout le monde soit égal », personne n’examinera ce que vous dites après ça. Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter au sujet du colonialisme arabe, parce que personne n’y fait attention de toutes manières.  Si quelqu’un l’évoque, parlez simplement davantage de L’Occupation. De cette façon, vous pouvez vous cacher derrière les militants réels des droits de l’homme sans risquer d’être pris de court ! Intelligent, non ?

Un autre grand ensemble de mots est « Justice et Paix », parce que, vous savez, vous ne voulez pas vraiment la paix – la véritable paix signifierait qu’il n’y aurait plus de règne libre pour la haine du Juif, après tout. Alors si une personne commence à parler de Paix, dites -lui « Pas de paix sans justice », et si elle commence à vous parler de Justice, vous lui dites « Tout ce que nous voulons, c’est la paix ! ». De cette façon, personne ne pourra dire quelque chose que vous ne pouvez pas réfuter. Mouvement très stratégique. Vous pouvez lancer quelques slogans du type « A bas le pouvoir » pour la mettre de votre côté.

Ceci exigera que vous ignoriez complètement le fait qu’il y a des milliards de Musulmans et seulement quelques millions de Juifs. Dès que vous pouvez lier leur cause aux « droits humains » (par lesquels nous voulons dire, bien sûr, les droits humains pour tout le monde sauf les Juifs), vous aurez atteint votre but.

Hitler serait fier, et vous êtes maintenant activiste des droits humains, pas juste un Jew-hater ordinaire, mais un bien plus efficace.

 

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How To Be An Effective Jew Hater (“Peace Activist”)
By Ryan Bellerose – October 20, 2015

I believe that most reasonable people, if asked, would say that they believed in human rights, and in the protection of human rights – but what does that mean? A declaration of support of human rights, something that used to seem so basic, has grown confusing. People used to be able to simply look at the news and choose a cause that resonated with them, and then start advocating for that cause. If that cause had merit, then it would draw followers and supporters and away you went.

Remember Free Tibet? We could go back even further (perhaps before you and I were even born!) and talk about Biafra. If you’re Canadian, you may remember Oka. If you’re American, you’ve learned about Wounded Knee. The world came together to talk about an end to South African Apartheid, and together we celebrated the dismantling of the Berlin Wall. All very valid causes, all meriting support, and all very intuitive. Who doesn’t love freedom? Who – other than white supremacists – believes that only white people should be in charge? Who actually supports oppression?

But you are here for a different reason, and let’s be honest just for a minute. You just don’t like Jews. I mean, I get it, they are so annoying, with their stupid Nobel prizes, their tight-knit communities, their penchant for sticking together, beating the odds, and reclaiming their ancestral lands. If you want a focus for an irrational hatred, it may as well be those guys. I heard that they killed Jesus too, you know. For 2,000 years, all they had to do to stop being oppressed was just give up and assimilate, but they refused because they are stubborn and evil. Think about it – why wouldn’t someone want to be exactly like us? Our culture and religion is better than theirs, and seriously what’s with not converting people to Judaism? If their stupid religion was worthwhile they would force others to become Jews too, wouldn’t they? There are a few proselytizers out there – but not Jews.
Your first job as an effective Jew hater is to join a cause that allows Jew hate and encourages it, while offering the veneer of human rights activism, the best one for this is the “pro-Palestinian/anti-Israel cause.” This has a few advantages, not the least of which is that you can sometimes let the mask slip; say ridiculously anti-Semitic things then hide it behind the “outrage” against those stupid Jews being Jews in their stupid Jewish homeland.

It’s a fact that even if Jews aren’t actually doing anything for us to protest, we can just make something up, and people will buy it, no matter how ridiculous it is. You don’t even have to learn anything, just go buy a white and black checkered scarf and remember to talk about the Occupation a lot. The other advantage of this “cause” is that you can get Jews who hate themselves and Jews who love themselves too much to side with you in getting people to hate Jews. Just remember one thing: anything that is anti-Jewish can also be anti-Zionist, but more on that later. The other and more important factor is that if you are a pro-Palestinian – and even better – anti-Israel activist, you don’t have to pay attention to any human rights abuses anywhere else, even if they involve Palestinians! Assad in Syria is starving Palestinians? Don’t care. King of Jordan doesn’t let Palestinians vote? Don’t care. No Jews? It’s not news.

So here’s your nifty road map to a career in anti-Judaism, antisemitism, and anti-Zionism: Don’t start screaming about the evil Jews immediately! That’s right – you’ve got to build up to that. Otherwise, it just makes you look crazy and if you want to be an effective Jew hater you have to be smarter than that. For starters, whenever you can, replace the word Jew with Zionist. Don’t worry, because people who matter will know exactly who you are talking about (and so will those Jews). You can use words like Zionazi, Ziobot, and stuff like that, too. If you can work “Nazism” into your speech, it’s gold, because it attacks those Jews (Oops! I mean, of course, Zionists!) on an emotional level while at the very same time entirely delegitimising them. I know you would rather just do stuff to kill Jews right now, but this is a long-term plan so be patient.
Now that you have that out of the way, it’s time for the next step.

Join clubs, and always make sure that everyone in that club knows what a rebel you are by wearing a keffiyeh (that black and white scarf you bought earlier) and talking about The Occupation. And remember, it’s not a preoccupation with the occupation – it’s about you being a tragic figure who supports other causes, even though your cause is being entirely ignored (no matter how often you talk about it). Good clubs to join include those having to do with minorities. The gays are a good bet too, as long as you’re certain that the conversation never gets around to the fact that the same people who hate and want to kill the Jews are often those who also hate and want to kill the gays. When at club meetings, do your best to stand out – after all, it’s not about their stupid cause (their cause is secondary to yours), but rather about yours – which is, in a nutshell, to cause Jew hate.

How should you act on social media? Not to worry, because nobody pays attention to Jew hate on there. You can tweet about how Zionism makes antisemitism honorable like the paragon of free speech and academic freedom, Steven Salaita. You might sacrifice your career here, but universities in the Middle East will hire you anyway (bonus: you can go on a speaking tour and get famous!). Share cartoons and memes showing hook-nosed and curly haired Zionists, and don’t worry about Facebook, because the social media behemoth doesn’t care about anti-Zionism (even when it goes by page names such as “Stab the Jews”). You can even start pages called “Die Dirty Israel Die,” and this will not go against Facebook’s mysterious “community standards!” If someone calls you out for anything you write, scream about academic freedom and free speech – it seems that we’ve forgotten what those things really mean, anyway. Also, post anything from Electronic Intifada, even if it’s already been dis-proven, because there will always be at least two idiots who haven’t seen it and who are just savvy enough to share it on their own social media pages. Naturally, if someone argues with you, you block them (following some judicious name calling). They don’t deserve free speech anyway, Stupid people who think Jews are the same as us.

Speaking of speech, learn the lingo. Never say, “I’m just here for the Jew hate,” because that will make people uncomfortable. Rather, you should always say, “I am against oppression and colonialism, and the Jews are the worst because …Palestinians.” Always say ” I just want everyone to be equal,” Nobody will examining anything you say after that. You don’t need to worry about the whole Arab colonialism thing, because nobody ever pays attention anyway. If anyone brings it up, just talk about The Occupation some more. This way, you can hide among actual human rights activists without being caught out! Clever, eh?

Another great word set is “Justice and Peace,” because you know you don’t really want peace – real peace would mean no more free reign for Jew hate, after all. So if someone starts talking about Peace you say, “No peace without justice.” If they start talking about justice, you say, “All we want is peace!” That way, nobody ever gets to say anything that you cannot refute. Very strategic move. You can throw in a few “fight the power”-type slogans to get them onside with you too. This will require that you completely ignore the fact that there are billions of Muslims and only a few million Jews. As soon as you can conflate their cause with “human rights” (by which we mean, of course, human rights for everyone but Jews), you will be well on your way.

Hitler would be proud, and now you are a human rights activist, not just a regular Jew hater, but a much more effective one.

 

4 thoughts on “Comment être un efficace Jew-hater (« activiste pour la paix »)

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