Interview exclusive avec Nonie Darwish


Article publié sur « Arabes Pour Israël »
Samedi 28 juin 2008
PROPOS RECUEILLIS PAR MARC TOBIASS

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Marc Tobiass : Qu’est-ce qui vous a incitée à créer le site « Arabs for Israël » ?

Nonie Darwish : Ma décision est le fruit de plusieurs étapes déterminantes. Évidemment, lors de mon enfance en Égypte et à Gaza, je partageais la haine des Juifs et des Israéliens inculquée dans le milieu Arabe. J’étais endoctrinée comme tous les autres. Mais quand j’ai émigré aux États-unis en 1978, j’ai commencé à réaliser qu’il y avait une autre réalité complètement ignorée par les Arabes, parce que volontairement occultée. On nous a toujours enseigné que les Juifs sont venus dans la région comme des étrangers, des occupants. Personne n’a jamais laissé entendre que les Juifs avaient des racines historiques sur cette terre du Proche-Orient.

Curieuse de nature, je me suis donc intéressée à la question. Parallèlement, en vivant dans un milieu multiculturel aux États-unis, j’entendais souvent des Juifs et des chrétiens parler de paix, de compassion, de pardon et de tolérance. Ils demandaient souvent ce que l’on pouvait faire pour parvenir à la paix avec les Arabes. En revanche, je n’entendais jamais de tels propos du côté de mes amis arabes. Il n’était question que de haine envers Israël et les Juifs. Je réalisais alors qu’un côté recherchait la paix tandis que l’autre voulait la guerre. En tant que journaliste, l’idée m’était venue d’écrire un article pour promouvoir la paix, mais je restais paralysée, de peur de me couper du milieu arabe.

M. Tobiass : Alors justement qu’est-ce qui a déclenché votre courage pour oser prendre la parole et dire ce qui semble être « l’irrecevable » dans le monde arabo-musulman ?

N. Darwish : Ma première motivation à soutenir Israël remonte à une dizaine d’années. À l’époque, mon frère a eu un accident cérébral alors qu’il était de passage à Gaza. Dans son entourage, tous les Arabes lui ont dit que s’il voulait avoir une chance de survivre il ferait mieux d’aller se faire soigner à hôpital Hadassah en Israël plutôt qu’au Caire. Quand j’ai appris que l’hôpital Hadassah lui avait sauvé la vie, je me suis sentie reconnaissante envers les médecins de l’hôpital, mais aussi envers les autorités israéliennes et le peuple juif. Je découvrais un aspect de la réalité israélienne que l’on nous avait toujours caché. Une fois de plus, j’ai eu le désir de prendre la plume pour en parler, mais j’avais encore la hantise d’être confrontée à la haine des miens si je m’autorisais à dire du bien des Juifs et d’Israël. Quelques années après, je suis retournée pour la première fois en Égypte afin de faire découvrir le pays à mes enfants nés aux États-Unis. Cela a été un choc ! Les Frères musulmans s’étaient renforcés et la société s’était radicalisée. Les discours de haine avaient empiré et se propageaient davantage alors que, parallèlement, je découvrais plus de chômage encore, de pauvreté et de corruption que par le passé. Dans la presse, aucune mention de cette réalité. En revanche, les journaux rendaient Israël et les États-Unis responsables de tous les malheurs du pays. Cela m’avait profondément déprimée, mais le pire m’attendait au lendemain de mon retour aux États-Unis, avec les attentats du 11 septembre. Je me suis réveillée avec les images d’un avion percutant la deuxième tour des Twins. Je me suis immédiatement dit que c’était là le résultat du jihad que je venais de laisser derrière moi en Égypte. Les États-Unis étaient à leur tour frappés par le poison, comme si le jihad dont j’étais issue me rattrapait en Amérique. Devant cette horreur, j’ai ressenti soudainement une grande empathie pour Israël qui est victime du terrorisme depuis plus de cinquante ans ! Et comme je savais que le public était très mal informé sur tout ce qui touche au conflit israélo-arabe, j’ai décidé qu’il fallait lui déciller les yeux, lui dire la vérité.

Il y a beaucoup de contradictions dans le Coran. Le mot « Palestine » n’y figure pas alors que les enfants d’Israël y sont bénis à plusieurs reprises. Le Coran mentionne également que les enfants d’Israël seront rassemblés en Terre promise avant la fin du monde. Ce verset (17:104) implique normalement qu’aucun musulman ne doit s’opposer au rassemblement des Juifs en Terre promise, car ce serait aller contre la volonté d’Allah.

Le problème est que l’on perçoit pratiquement deux textes dans le Coran : ce que Mohamed a écrit d’abord à la Mecque – texte modéré -, et ce qu’il a ensuite écrit à Médine, beaucoup plus virulent et plein de colère. L’autre problème c’est que la majorité des musulmans ne différencient pas ces deux textes, ou alors privilégient le second qui est chronologiquement postérieur – comme s’il annulait le texte de la Mecque. Et comme il n’y a pas d’autorité suprême pour trancher en faveur d’un islam modéré et que peu de musulmans lisent réellement le Coran dans son intégralité, ils ne savent pas vraiment de quoi il est question. Ils sont le plus souvent abreuvés de sermons extrémistes.

M. Tobiass : Pourquoi exalte-t-on plus volontiers la violence et l’agressivité plutôt que la modération dans les rangs de l’islam ?

N. Darwish : À cause du sentiment qu’il faut haïr pour faire le jihad – la guerre sainte contre tous ceux qui ne sont pas musulmans -, que seuls le jihad et le martyre sont source d’honneur et de fierté. C’est l’interprétation de la majorité. Mais les tenants de cet islam profitent de la richesse et de la puissance que leur procure de nos jours le pétrole pour diffuser leur islam à travers le monde.

M. Tobiass : Vous avez écrit qu’il est regrettable que les Arabes n’aient pas fait preuve de leur hospitalité légendaire pour accueillir les Juifs de retour au Proche-Orient, et qu’ils auraient dû les accueillir comme une bénédiction plutôt que comme une menace.

N. Darwish : Oui, absolument. Ils auraient dû dire aux Juifs qu’ils étaient les bienvenus dans la région. Cela aurait été un signe de force et non de faiblesse. Ils auraient dû accueillir les Juifs qui fuyaient l’Europe après
la Seconde Guerre mondiale….

M. Tobiass : Comme les Ottomans à l’époque de l’expulsion des Juifs d’Espagne ?

N. Darwish : Tout à fait, et l’Empire Ottoman a prospéré ensuite pendant plusieurs siècles. Je ne comprends pas pourquoi les Arabes ont pris le parti des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Imaginez le bien que cela aurait été pour l’islam d’adopter une attitude hautement morale. Quelle aurait été sa grandeur si nous avions accueilli les Juifs désespérés qui fuyaient les persécutions ! Au lieu de cela, les Arabes ont choisi la guerre et le terrorisme.

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