Procès de Georges Bensoussan : « Leur objectif est d’interdire de penser » (Martine Gozlan)


Article de Martine Gozlan publié le jeudi 26 Janvier 2017 à 18h15 dans le journal Marianne, suivi d’un commentaire de la rédaction du blog Israëlia.

« La comparution le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle de l’historien Georges Bensoussan, pour « provocation à la haine raciale », à la suite de la dénonciation du Collectif Contre l’Islamophobie en France et de plusieurs associations antiracistes, s’est transformée en procès idéologique. Compte-rendu d’audience.

De quoi le procès fait à Georges Bensoussan est-il le nom ? L’expression, usée jusqu’à la corde, est pourtant la seule qui convienne. L’audience du 25 janvier 2017 devant la 17ème chambre correctionnelle a duré douze heures et ce fut long comme un jour injuste. Un jour dont l’on retiendra la date, tristement, à l’heure future où nos enfants tenteront de comprendre quels faits, obscurs ou spectaculaires, quelles compromissions, silencieuses ou tonitruantes, nous auront conduits à cette catastrophe : l’agonie de la lucidité et la criminalisation du courage dans notre pays.

L’historien, responsable éditorial du mémorial de la Shoah, auteur de nombreux ouvrages, était, rappelons-le, poursuivi par le Parquet « pour provocation à la haine raciale » sur dénonciation du Collectif contre l’islamophobie en France. En cause : des propos tenus lors de l’émission Répliques, sur France Culture, où il évoquait l’antisémitisme dans les familles arabes en reprenant un constat du sociologue français d’origine algérienne Smain Laacher. Ce dernier s’était prétendu diffamé puis avait retiré sa plainte. Difficile en effet pour Laacher de nier avoir dit devant les caméras : « Cet antisémitisme, il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue… Des parents à leurs enfants, quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juifs. Bon. Mais ça, toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale de ne pas voir que cet antisémitisme, il est d’abord domestique ». Georges Bensoussan, en s’y référant, avait usé métaphoriquement de l’expression « l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ».

Ce sein, qu’on ne saurait voir, a déclenché toutes les fureurs. Apparemment, les choses sont bien différentes quand l’antisémitisme arabe est dénoncé par un sociologue issu de cette culture et quand la citation est reprise par un historien d’origine juive comme l’a souligné douloureusement Georges Bensoussan dans une de ses interventions. Dans le premier cas, on refuse d’écouter Laacher, puis on le somme officieusement de revenir sur ses propos. Dans le second cas, Bensoussan est trainé devant les tribunaux par la justice de son pays puisque le Parquet avait choisi d’attaquer. Ce « deux poids, deux mesures » planait dans l’air raréfié de la 17èmechambre du Palais de Justice de Paris.

Un étrange témoin

Le CCIF, représenté par Lila Charef, étroitement voilée, était appuyé par une pléiade d’associations antiracistes, Licra, Mrap, SOS racisme, la Ligue des droits de l’Homme. La Licra avait trouvé un témoin à charge surprenant en la personne de Mohamed Sifaoui. Ce dernier, qui a si souvent écrit dans nos colonnes, se retrouvait ainsi sur le même banc que le CCIF dont on pensait que le journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne partageait pas vraiment les options. Sifaoui écrivait en effet du CCIF, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme ». De son côté, en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine ». Comment ces adversaires irréductibles se sont-ils ligués contre Georges Bensoussan ? Sans doute un de ces retournements de l’histoire qui n’augurent rien de bon pour le respect des faits. « Le déni de réalité est un cancer », écrit Elisabeth Badinter dans sa préface à l’ouvrage collectif, La France soumise coordonné par l’historien (Albin Michel)

Nous y voilà, effectivement. Georges Bensoussan, sommé de s’expliquer sur ses propos mais aussi sur ses travaux, rappelle qu’il travaille depuis un quart de siècle sur les mécanismes conduisant à la haine de l’autre. Il s’est penché, notamment, sur la condition juive en pays d’Islam. Il cite l’expression, si proche de la sienne à Répliques, utilisée en 1965 dans la revue les Temps modernes par l’auteur marocain Saïd Ghallab. Sous le titre Les juifs vont en enfer, Ghallab écrivait alors : « … la pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de Juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi… ». Plus de cinquante ans après, en France, toutes les enquêtes réalisées sur l’antisémitisme par le think tank Fondapol, comme les témoignages multiples recueillis par les enseignants depuis la parution des Territoires perdus de la République attestent une emprise grandissante des préjugés chez les jeunes de culture musulmane. Si l’on y ajoute les fameux 28% de partisans de la suprématie de la charia sur les lois françaises dénombrés dans la dernière enquête de l’Institut Montaigne (enquête dirigée par Hakim el Karoui), il y a de quoi s’inquiéter.

Sur la toile de fond des attentats, des crimes de Mohamed Merah à ceux de l’Hypercacher (sans oublier l’enlèvement et l’assassinat du jeune Ilan Halimi, en 2004, dont le caractère antisémite avait été honteusement nié) les Juifs ont peur. Les élèves juifs fuient les écoles et les lycées publics des quartiers dits « sensibles ». Bensoussan, qui se définit lui-même comme « un enfant de l’école publique », souligne qu’ils n’en sont pas partis en masse par choix mais pour d’impérieuses raisons de sécurité. Les écoles juives dans lesquelles certains ont été inscrits ne sont-elles pas gardées par l’armée ? Ce qui arrache ce cri à l’historien : « Est-ce moi qui dois me trouver devant ce tribunal aujourd’hui ? N’est-ce pas l’antisémitisme qui nous a conduits à la situation actuelle qui devrait être jugé ? »

etoile-jaune

« Une dérive judiciaire »

Cette inversion du réel s’inscrit au cœur du témoignage d’Alain Finkielkraut. « Les associations antiracistes ne luttent plus contre le racisme, s’insurge l’académicien, leur objectif est d’interdire de penser, il s’agit de soustraire la réalité à l’investigation et les musulmans à la critique. Je suis étonné d’être ici : car la question n’est pas de savoir si Georges Bensoussan s’est rendu coupable : la question, c’est de savoir s’il dit vrai ! » Et Finkielkraut poursuit :

« Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine ! »

En dénonçant « une dérive judiciaire », le philosophe cite des témoignages sur les « insultes antisémites et antifrançaises ». Du coup, l’avocat du Collectif contre l’islamophobie en France le menace de « réserver » ses propos, allusion à une procédure judiciaire dont il pourrait relever. « Ah, je suis donc moi aussi sous surveillance ! » s’exclame Finkielkraut.

Cet échange donne le ton d’un procès qui, d’heure en heure, se fait plus tendu. Ainsi se vérifie la phrase de Jean-Paul Sartre : « L’antisémitisme n’est pas une pensée, c’est une passion. »

La déposition de Mohamed Sifaoui, extrêmement violente à l’encontre de Georges Bensoussan, alourdit encore l’atmosphère. D’un côté, le journaliste si engagé contre l’islamisme reconnaît qu’au cours de ses reportages dans le monde arabe, il a « rencontré partout de l’antisémitisme, personne ne nie non plus qu’il y a un antisémitisme endémique dans la communauté musulmane en France ». Où est donc la différence de propos qui l’amène à fustiger Bensoussan ? C’est que, de l’autre côté, Sifaoui s’indigne : « Bensoussan détricote tous les moments positifs entre Juifs et Arabes. N’est-il pas en train d’écrire une Histoire qui peut servir à des milieux douteux ? C’est un destructeur des ponts entre juifs et Arabes. » En s’attardant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». Une heure plus tard, l’avocat du CCIF lancera à l’historien : « Les Juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ? » L’inversion des faits ne suffit donc pas ! Sifaoui comme le CCIF, adversaires d’hier mais peut-être pas de demain, se coalisent pour convoquer l’ombre du conflit israélo-palestinien sous les plafonds bleu-or de la 17ème chambre.

« On ne peut pas parler de racisme quand on évoque la transmission culturelle »

Le témoignage de la philosophe Elisabeth de Fontenay, toujours vigilante et précise, allège un peu l’ambiance. Elle aussi « accepte mal qu’un chercheur qui fait état d’études de terrain soit poursuivi ». Et souligne à l’intention des accusateurs de l’historien : « On ne peut pas parler de racisme quand on évoque la transmission culturelle ».

En face, la sociologue Nacira Guénif, témoin cité par l’accusation, se fendra d’une longue analyse, véritable morceau d’anthologie, qui consiste à prendre le contre-pied de la réalité. A la présidente du tribunal, Fabienne Siredey-Garnier, qui lui demande de réagir aux propos de Smain Laacher, elle répond par une esquive et entreprend de décortiquer l’insulte arabe « espèce de juif ! » Des « explications » fournies par l’éminente universitaire, il ressort qu’en disant l’insulte « on ne pense pas ce qu’on veut dire », qu’il s’agit « d’une expression figée passée dans le langage courant ». Bref une insulte antisémite en arabe n’est pas… antisémite.

Suivra un dernier et obscur témoignage de Michèle Sibony, enseignante retraitée, par ailleurs animatrice d’une « Union juive française pour la paix » qui, en se drapant dans la cape de la bonne moralité identitaire, s’enlise dans la phraséologie la plus ossifiée pour flatter l’islamisme. Devant le tribunal, elle va manier l’injure en accusant Bensoussan de « discours digne d’un Drumont » ( Edouard Drumont, antidreyfusard, était un célèbre idéologue antisémite du début du XXème siècle). Nous sommes toujours à des années-nuits du réel et de la clarté intellectuelle.

« Pour la première fois de ma vie j’ai eu la tentation de l’exil »

Il y aura heureusement l’intervention d’Yves Ternon, historien qui salue « Georges Bensoussan, le lanceur d’alerte », puis la lettre de soutien adressée d’Algérie par le grand écrivain Boualem Sansal, et lue par la présidente :

« Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel… »

Boualem Sansal ose ensuite écrire : « Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée ».

Suivront les plaidoiries des associations, aussi creuses que leurs accusations, puis celle, incisive et brillante, de Me Michel Laval, avocat de Georges Bensoussan. Le réquisitoire de la Procureure sera à l’image du procès, intégralement idéologique.

« Ce soir, Madame la présidente, concluera Georges Bensoussan, dans le silence de la nuit qui s’est abattue sur le Palais de justice, pour la première fois de ma vie j’ai eu la tentation de l’exil. »

C’était un jour dans la vie de la justice française. Jugement le 7 mars. »

_________

NDLR : Excellent article publié sur le site de Marianne . Merci au journal.

J’ajouterais que c’est bien l’antisémitisme dont il est question dans ce procès, mais la question que l’on peut et doit se poser est « la justice française donnera-t-elle raison à l’antisémitisme ? »

En tant que Juif, je suis choqué, OUTRÉ, SCANDALISÉ par la présence d’organisations antiracistes contre Georges Bensoussan. Quelle que soit la raison de leur présence, elle est une trahison totale de leurs objectifs, que ce soit ou non voulu.

Si l’on ne peut plus critiquer l’islam ni dénoncer l’antisémitisme, nous allons au devant d’heures très sombres !

Je rappelle que l’interdiction de la critique de l’islam est appliquée dans les pays musulmans parce que la charia interdit toute critique de l’islam, et que même lorsqu’elle s’applique à des pays musulmans, cette interdiction est scandaleuse et doit être condamnée avec la plus grande fermeté… Mais ici, sous prétexte de « lutte contre l’islamophobie », certains sont en train de tenter d’introduire cette interdiction en pays non-musulman !

L’enjeu est extrêmement grave et est une attaque ouverte contre les valeurs républicaines en  dévoyant et en utilisant ces valeurs contre elles-mêmes !

Ce qui se joue est la libre critique. Ce procès est l’arbre qui cache la forêt, à n’en pas douter. Si le CCIF et ses sbires le remportent, nul doute qu’il y aura des procès en série contre tous ceux qui ne se soumettent pas au dictat de la pensée imposée par les ennemis des libertés, si ces organisations le remportent, alors la guerre à la liberté de parole et la liberté de penser, la liberté de choisir, sera ouverte et plus violente et haineuse que jamais. Et la France d’abord, les autres pays ensuite, se transformera alors en une dictature islamiste. Écoutons les mises en garde des algériens progressistes sur les stratégies employées par le FIS (Front Islamique du Salut). La France a suffisamment été prévenue, elle doit maintenant se défendre contre cette ingérence fondamentaliste, et pour le moment, il est triste de constater qu’elle se défend très mal.

L’extrême gauche est absente de la question (sauf à répéter jusqu’à essoufflement « Pas d’amalgame ! Pas d’amalgame ! » et prétendre que chaque attentat islamiste est le fruit d’un déséquilibré isolé -ils sont alors bien nombreux à être déséquilibrés et isolés !- et que le fait que le terroriste soit musulman n’est qu’une coïncidence -pareil, nombreuses les coïncidences ! Et fort peu de voix pour les condamner, pourtant !), mais elle ne propose  jamais rien de concret pour défendre les valeurs de la République… Pire, le NPA, qui se fait l’allié du groupe terroriste islamiste ‘Hamas avec ses flottilles envoyés vers Gaza  pour combattre le blocus israélien, présente une candidate voilée, etc…

La gauche est en partie islamisée ; Benoît Hamon est activement soutenu par des islamistes. le PS  décrète un Etat d’alerte juste après les attentats islamistes, mais un Etat d’alerte qui n’en est pas un en réalité puisqu’il n’interdit aucun rassemblement (Nuit Debout, la Finale de foot, etc…)

Pire : la France sous Hollande fait du lèche-bottes à l’Iran des Ayatollahs (grand mécène du terrorisme international) en signant avec eux un accord levant les sanctions contre ce régime tyrannique et l’autorisant à recourir au nucléaire, et se rue vers le moindre contrat commercial ultra-juteux sans même prendre conscience que le jus de ces contrats est empoisonné !

Le centre (Modem) ne se manifeste que quelques jours avant les élections et disparaît ensuite jusqu’aux prochaines (merci Bayrou !).

La droite ne prend aucune mesure contre cela, à part répéter jusqu’à essoufflement « On va faire un islam de France ! On va faire un islam de France ! » Sarkozy parlait déjà de le faire, cet « islam de France » avant de devenir président… Pour le faire, il a créé le Conseil Français du Culte Musulman, un organisme composé, entre autres, de l’UOIF, lui-même financé par le Qatar, autre grand pourvoyeur de fond du terrorisme international islamiste et l’UOIF est, selon les dires mêmes de Frank Frégosi, chercheur au CNRS,  » incontestablement le représentant des Frères musulmans en France. Elle incarne le canal historique de cette mouvance, même si, aujourd’hui, ses dirigeants veulent faire oublier cette filiation embarrassante »

Bref, après l’initiative sarkozienne pour la création d’un « islam de France » bien mal parti, la France va-t-elle mieux ? Non, c’est encore pire qu’auparavant !

L’extrême droite est un recours à exclure catégoriquement car ce parti tape sur tout ce qui n’est pas franco-français et nous mettrait tous dans le même sac, islamistes, musulmans modérés, Juifs, Noirs, Asiatiques, etc…

Ceux qui tiennent la France, contrairement à ce que certains s’imaginent, ce ne sont pas les Juifs, ce ne sont même pas les musulmans modérés (comme par exemple ‘Hassan Chalgoumi), ceux qui tiennent la France et dont elle doit se défaire si elle veut survivre, ce sont bien les islamistes (les régimes aussi bien que les personnes) ! Il n’y a aucune autre alternative.

Personne en France, parmi les différents partis politiques ne semble mesurer la gravité de la situation, personne ne la combat, et personne parmi les progressistes dans la population, ne se porte candidat pour apporter une alternative fraîche, véritable, crédible, structurée, ferme et progressiste, réaffirmant et renforçant les droits des femmes, des LGBT, la liberté d’expression, de penser et de critiquer, combattant le fondamentalisme, le terrorisme et ses soutiens, l’antisémitisme, la misogynie, l’homophobie, le racisme, et défendant efficacement les valeurs républicaines.

L’islam doit pouvoir être critiqué ! Toutes les religions, tous les courants de pensées, toutes les philosophies et toutes les idéologies peuvent être critiquées. L’islam n’est pas au-dessus des autres et doit pouvoir être critiqué comme le sont tous les autres !

Et, à ce que je sache, une culture peut aussi être critiquée, et si ce n’est pas le cas pour certaines, il faut alors changer cela !

Ce procès est un scandale aussi parce qu’il inverse la réalité des choses !  Être taxé d’incitation à la haine quand justement on dénonce l’incitation à la haine est le plus grand foutage de gueule qu’il soit donné de faire !

Israëlia et moi-même exprimons notre totale solidarité avec Georges Bensoussan dans cette affaire.

‘Ami Artsi

Georges Bensoussan
Georges Bensoussan

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