Le sionisme, kezako ? (‘Ami Artsi עמי ארצי)


Avec toute la propagande antisémite, les repères sont brouillés : les gens ne savent pas ce qu’est le sionisme ni depuis combien de temps il existe. Des choses complètement mensongères ont été dites sur le sionisme et des choses complètement mensongères ont été mises dans la bouche de personnalités israélienne, comme dans celles de David Ben Gourion, pour exacerber la haine d’Israël (et donc du projet sioniste -le vrai, celui de l’État juif, pas celui du fascicule antisémite des Protocoles des Sages de Sion !- ) et la mobilisation contre l’État juif.

Certains associent le sionisme à un courant colonialiste du 19è siècle mené par Theodor Herzl et soutenu par une poignée de Juifs intégristes et messianiques et dont l’objectif est de voler la terre de Palestine aux Arabes pour  y bâtir un pays pour les Juifs.

Cette idée est fausse de bout en bout.

« … courant colonialiste… » : le sionisme n’est pas un courant colonialiste. Il s’agit de la nécessité vitale pour un peuple persécuté et génocidé par les nations de redevenir un peuple libre et souverain dans sa patrie ancestrale.

« … du 19ème siècle… » : le sionisme ne date pas du 19ème siècle mais du 6ème siècle avant l’ère commune, depuis la destruction du 1er Temple juif bâti par le roi Salomon et la diaspora juive qui s’en suivit.

Le sionisme existe depuis 27 siècles, soit 2 700 ans. Il est l’insatiable espoir d’un peuple qui a été dépossédé d’un retour sur sa terre dont il a été chassé par les conquêtes des civilisations non-Juives (pêle-mêle : Grecs, Assyriens, Romains, Arabes, Ottomans, etc). Chaque jour depuis la toute première diaspora, les Juifs prient, espèrent, croient et discutent de leur retour à Sion, la terre d’où ils ont été chassés et à Pessa’h, depuis la toute première diaspora, les Juifs prient, chantent et font le vœu de revenir vivre à Jérusalem, et plus globalement à Sion, sur la terre qui était la leur. Ils répètent « Lachana habaa birouchalayim » (« L’année prochaine à Jérusalem »). Certains Juifs, bravant les dangers du désert et les maladies des marécages qui constituaient les conditions de la vie en ce lieu, ont concrétisé cette parole et ont rejoint les Juifs qui avaient pu, malgré tout, se maintenir sur la terre ancestrale. Mais la plupart restait en diaspora, attendant, pour les religieux, un signe de Dieu les autorisant à revenir, et pour les non-religieux un contexte plus favorable.

« … mené par Theodor Herzl… » : Theodor Herzl, en tant que Juif, a aussi souhaité la possibilité pour les Juifs de pouvoir revivre en peuple libre et souverain sur la terre ancestrale, mais sa priorité absolue était la création d’un État juif. C’est le procès Dreyfus qui lui a fait prendre clairement conscience de l’urgence de la situation. Il pensait, force est de le constater aujourd’hui, à raison, que l’antisémitisme (avec toutes les horreurs qu’il implique) est une forme de racisme cyclique et qu’il réapparaît donc régulièrement.

Une période où les Juifs ne semblent plus menacés par lui n’est que temporaire. Toujours.

Au bout d’un certain temps, l’antisémitisme et ses persécutions reviennent et frappent à nouveau les Juifs, même ceux qui se pensent les plus à l’abri parce qu’ils se sont assimilés.

Pour Herzl, la seule initiative pouvant protéger les Juifs d’une nouvelle vague d’hostilité antisémite, c’est la création d’un État juif.

Son premier choix se porte bien sûr sur la région nommée « Palestine » par l’empereur romain Hadrien, lors de la conquête de la terre d’Israël par les Romains en l’an 70, mais si, pour une raison ou une autre, cela n’était pas possible, il envisageait, avec regret, la possibilité que l’État juif soit construit en dehors de la terre ancestrale…. Et d’ailleurs, la S.D.N (Société Des Nations, l’ancêtre de l’O.N.U) avait proposé l’établissement d’un Foyer national juif en Ouganda, et Herzl, en bon démocrate, a transmis cette proposition au Congrès juif mondial. Celui-ci, par un vote massif, rejeta l’établissement d’un Foyer national juif en Ouganda. Cela n’avait aucun sens, à leurs yeux. A ceux d’Herzl non plus, d’ailleurs, mais son ambition était d’abord de créer un État juif pour protéger le peuple.

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Dans son livre l’État juif (que toutes les personnes intéressées de près ou de loin au conflit israélo-arabe devraient lire avant de parler du sionisme), Herzl parle de « colonies », mais il faut replacer ce mot dans son contexte : le mot « colonie » n’avait pas le sens qu’il a aujourd’hui. Ce mot était utilisé dans le sens commun d’ « installation ». Il n’y avait pas les notions d’expropriation des populations, de la destruction de leur culture, etc… (ce qui ne veut pas dire, loin s’en faut, que les colonies ne s’accompagnaient pas, le plus souvent, de ces actes ignobles (les Européens avaient accompagné leur colonisation de ces horreurs au 15è siècle avec les Indiens d’Amérique, par exemple), mais au 20è siècle, au mot ont été associées les méthodes européennes lorsque l’Europe voulait s’établir quelque part.

Dans le cas de l’installation de Juifs en Palestine le mot « colonies » est de toutes façon mal employé par Herzl. Les colonies impliquant au départ l’idée d’installation d’un peuple étranger, or les Juifs ne peuvent pas des étrangers sur leur terre ancestrale. Mais ce mot était celui qui était le plus communément employé pour parler d’installation.

Le Congrès juif mondial a voté pour que l’établissement des Juifs se fasse sur la terre ancestrale et sur aucune autre, qui était alors  (et il est essentiel de le rappeler ici) « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Herzl comparu alors à nouveau auprès de la S.D.N pour transmettre le vote du Congrès juif mondial.

Le sionisme existe depuis 27 siècles mais Theodor Herzl lui a donné l’élan qui lui manquait pour se concrétiser matériellement. Et c’est cette matérialisation que les gens appellent le plus souvent aujourd’hui, « le sionisme ».

En 1898, lorsqu’il a sorti le livre l’État juif, avant toutes ses démarches à la S.D.N, alors que personne ne croyait que cet État pourrait être créé et que beaucoup, même parmi les Juifs, se moquaient de son ambition, il a déclaré : « Si vous le voulez, ce ne sera pas un rêve », puis « Dans 5 ans peut-être, dans 50 ans sûrement, tout le monde le verra ! ».

… Il avait raison : en 1948, 50 ans plus tard, tout le monde l’a vu !

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Je le redis encore et je le souligne ici, ici, il faut à tout prix lire L’État juif de Theodor Herzl (aussi titré L’État des Juifs) pour comprendre combien cette révolution était (et est encore) humaniste et progressiste ! Il n’y a rien dont on ne puisse se montrer fier, dedans !

Il est tout à fait scandaleux de se dire que les gens vont plus spontanément acheter et/ou lire le livre d’Adolf Hitler « Mein Kampf » que celui de Theodor Herzl « L’État Juif » ! Cela révèle une attirance manifeste pour l’horreur des idées d’un des plus grands criminels de l’Histoire plutôt que pour celle d’un homme qui s’est battu pour défendre le peuple juif justement contre ce genre de taré !

« … soutenu par une poignée de Juifs intégristes et messianiques … » : Le sionisme est dans l’ADN du peuple juif, chez les religieux comme chez les traditionalistes, et même chez les non-religieux, depuis 27 siècles ! Il ne s’agit en rien d’intégrisme ou de fanatisme, juste l’aspiration d’un peuple à être de retour sur sa terre d’origine et y vivre librement. Si cela est un vœu d’extrémistes messianiques alors vous n’avez aucune notion de justice et vous insultez tous les peuples dépossédés, expropriés, chassés de leur pays, et vous vous faites donc les complices des puissances colonisatrices dans le sens qu’on donne aujourd’hui au mot « colonies » ! Vous n’êtes alors pas un ami des peuples autochtones et vous faites alors partie de la face sombre et laide de l’Histoire de l’humanité.

« … dont l’objectif est de voler la terre de Palestine aux Arabes pour y bâtir un pays pour les Juifs … » : JUSTEMENT PAS ! Cette terre n’appartient pas aux Arabes. Celle-ci a été volée par eux lors de la conquête islamique du Moyen-Orient et aussitôt laissée à l’abandon quand ils ont vu qu’ils ne pouvaient rien en tirer : la terre était stérile parce que la région était désertique au sud et au centre et marécageuse infestée de moustiques (avec des maladies mortelles comme la malaria) au nord. Les Arabes sont arrivés des pays limitrophes lorsque les Juifs, sont massivement arrivés d’Europe à la fin du 19è siècle, début du 20è, justement parce que la croissance était au rendez-vous. Ils sont venus aider à construire le pays parce que les Juifs leur donnait du travail et un salaire dans de meilleures conditions que tout ce qu’ils pouvaient avoir dans leurs pays respectifs, et ensuite, ils ont décidé de s’approprier ce pays  et d’en chasser les Juifs. Ce que, les Juifs, bien sûr, ont refusé. Ceux qui n’étaient alors que des fermiers et des agriculteurs ont dû organiser leur propre défense contre les attaques arabes. D’où la création d’organisations de défense juive (l’Irgoun, la Hagama, etc). Et c’est là le cœur du conflit !

 

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